Tourisme. À Marrakech, un mois de décembre sauvé par les nationaux
Selon plusieurs opérateurs de la ville ocre, le mois de décembre a connu une baisse sensible des arrivées étrangères par rapport à la même période de l’année écoulée. Cette désaffection due au conflit du Proche-Orient a cependant été comblée par les nationaux lors des fêtes de fin d’année.
En attendant la publication des chiffres officiels du dernier mois de 2023, plusieurs professionnels de l’hébergement contactés par Médias24 font état d’une désaffection croissante des marchés étrangers pour la ville de Marrakech lors du mois de décembre, pourtant synonyme de haute saison.
"Les touristes nationaux plus nombreux que les étrangers"
"Les quatre derniers jours du mois de décembre ont été excellents en termes d’arrivées globales, mais nous sommes en négatif par rapport à la même période l’année dernière", révèle un grand hôtelier. Chez lui, le taux d’occupation mensuel a été de 50% contre 70% en décembre 2023.
Si la plupart des établissements d’hébergement classés ont bien travaillé durant les fêtes grâce aux touristes nationaux bien plus nombreux que les étrangers, Marrakech a accueilli moins de visiteurs par rapport à la même période de l’année écoulée.
En d’autres termes, les nationaux ont été déterminants pour limiter la désaffection des marchés émetteurs traditionnels, qui a commencé au lendemain des événements du 7 octobre dernier.
"Les conflits internationaux continuent d’impacter le secteur"
Sollicité à son tour, le président du groupe Atlas Voyages, Othmane Cherif Alami, confirme une activité importante pour les hôtels de luxe et les clubs de vacances, qui s’est limitée à la seule période des fêtes de fin d’année.
"Le dernier week-end a bien fonctionné grâce aux nationaux, qui ont plus ou moins sauvé la mise, mais les étrangers ont été beaucoup moins nombreux que l’année dernière à cause de l’impact de la guerre en Ukraine et du conflit en Palestine qui s’est poursuivi en décembre", déclare Othmane Cherif Alami. Si les chiffres des arrivées et des recettes en devises sont en progression, la part de la clientèle étrangère, qui ne cesse de baisser, atteint à peine le niveau d’activité de 2019, précise-t-il.
"Un taux d’occupation boosté par les hôtels fermés et minoré par les locations meublées"
Le taux de remplissage hôtelier du mois de décembre pourrait être revu à la baisse si les 20% d’hôtels toujours fermés à Marrakech depuis la crise sanitaire avaient rouvert leurs portes, ajoute-t-il.
"Si ce nombre de lits supplémentaires était inclus dans l’offre commerciale de la ville ocre, nous aurions plutôt un taux d’occupation hôtelier de 30% à 40% contre 50% actuellement", estime le président du groupe Atlas Voyages.
Il met également en cause la concurrence non recensée des appartements meublés. Selon lui, la prise en considération des transferts de nuitées vers les locations meublées permettrait en effet d’obtenir de meilleurs résultats qu’en 2019, aussi bien en nombre de touristes qu’en nombre de nuitées.
La profession attend l’entrée en service de la nouvelle offre aérienne
Interrogés sur les perspectives de l’année 2024, nos interlocuteurs affirment que ce mois-ci, qui correspond à la basse saison et à la période des travaux hôteliers, sera plus calme que janvier 2023. Selon eux, il faudra attendre les vacances scolaires de février pour avoir plus de visibilité.
"S’il n’y a pas de nouvel incident en 2024, nous devrions dépasser les chiffres de 2023. Cependant, il faudra attendre le mois d’avril prochain, lorsque nous disposerons d’une offre aérienne supplémentaire qui fera la différence en termes d’arrivées étrangères", conclut Othmane Cherif Alami.
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