L'arrivée des pluies au Maroc donne le coup d'envoi à la campagne agricole
Si les récentes précipitations ont favorablement marqué le début de la préparation du sol, l'évolution de la campagne agricole reste tributaire des conditions climatiques des prochains mois.
En ce mois d'octobre, les précipitations suscitent un certain optimisme dans le secteur agricole. Entre le vendredi 20 et le mardi 24 octobre, les hauteurs de pluies ont atteint 142 mm à Tanger, 65 à Ifrane, 49 mm à Kénitra, 48 mm à El Jadida, 46 mm à Fès et 30 mm à Béni Mellal. Elles se sont étendues à Agadir qui a enregistré 38 mm.
"La moyenne des précipitations pour ce mois d'octobre est exceptionnelle", fait remarquer Kamal Aberkani, professeur à la Faculté pluridisciplinaire de Nador, Université Mohammed Premier, et spécialiste en sciences de l'agriculture et de la physiologie végétale. Le Royaume a enregistré "une hausse remarquable de 25% par rapport aux années précédentes", bien que ces chiffres demeurent inférieurs aux moyennes enregistrées il y a quinze ou vingt ans.
Pour Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome, ces précipitations marquent "un moment crucial" dans la campagne agricole. "Pour les cultures bour (ou pluviales), les précipitations permettent le lancement ou la poursuite des travaux : labour, apport des engrais de fond, préparation du lit de semences, etc. Pour les cultures annuelles irriguées, elles apportent un supplément d’eau douce permettant, d’une part, d’aider l'arrosage et, d’autre part, une réduction de la salinité."
Ces précipitations favorisent la germination et la levée des cultures, mais la saison dépend grandement des pluies des mois à venir. "Il est également essentiel que les températures baissent pour minimiser l'évapotranspiration, réduisant ainsi la demande en eau", précise le Pr Aberkani.
En ce qui concerne les cultures maraîchères, les pluies récentes ont contribué à revitaliser les cours d'eau, poursuit le Pr Aberkani, ajoutant que les sols marocains, souvent chauds et salins, nécessitent de fortes pluies (plus de 50 mm), qui agiront comme un système de lessivage.
Pour la filière de l'arboriculture, les récoltes d'agrumes et d'olives ont déjà débuté. "La pluie, en humidifiant l'air, contribue à améliorer la qualité des fruits", fait observer le spécialiste.
Quant aux rosacées, et bien que la saison de production soit terminée, les précipitations subséquentes hydratent la zone racinaire et stimulent l'activité microbienne dans le sol, poursuit le Pr Aberkani.
La sélection génétique et l'agriculture de précision, plus que jamais nécessaires
En termes de pratiques culturales, deux éléments sont cruciaux, selon le Pr Aberkani. "Le premier est la sélection génétique et variétale, qui implique la préférence pour les variétés à cycle de production court. Par exemple, pour les petits pois, il serait judicieux de viser une période de production de trois mois, plutôt que de cinq. Il en va de même pour les céréales, betteraves et maïs."
Le deuxième élément concerne l'adoption des technologies digitales pour une agriculture de précision. "Il est essentiel d'utiliser des cartes du sol, des systèmes satellites et des données climatiques pour identifier les zones les plus susceptibles de recevoir des précipitations, et adapter les cultures en conséquence."
Pour sa part, Abdelmoumen Guennouni déplore le manque d'encadrement et d'orientation des petits agriculteurs pour mieux gérer leurs terres. "Ils se basent généralement sur leur propre expérience ou celle des voisins pour la réalisation des travaux dans leurs champs. De même, le sous-équipement en matériel agricole est un handicap majeur pour leur efficacité", conclut-il.
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