Capital-investissement : 2022 est une année record dans le désinvestissement

| Le 25/5/2023 à 17:23
En 2022, 45 investissements ont été effectués pour un montant de 914 MDH. Si le record est établi en nombre, l'investissement en montant est en baisse. Un record de désinvestissement a été réalisé avec un montant de 1,4 MMDH, en hausse de 58% par rapport à 2021.

Les chiffres 2022 de l'industrie du capital-investissement ont été dévoilés ce jeudi 25 mai, lors d'une conférence organisée par l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC).

Le chiffre le plus important à retenir est 914 MDH. Il s'agit du montant des investissements réalisés au cours de l'année passée. Il est en retrait de 21% par rapport à 2021, où les investissements avaient été de l'ordre de 1,15 MMDH.

En revanche, un nombre inédit d’investissements ont été réalisés avec 45 actes d’investissement, dont 27 nouvelles entreprises investies. Parmi elles, 18 concernent des entreprises en phase de démarrage, à savoir du capital-risque et capital-amorçage, notamment dans le secteur des startups.

"C’est grâce aux segments du capital-risque, Seed et amorçage, que l’on commence à avoir des opportunités. La majorité des nouveaux investissements réalisés ont été effectués par ces biais, à savoir 12 par le capital-amorçage pour un total de 23 MDH et 6 par le capital-risque pour un montant de 82 MDH", détaille Farid Benlafdil, membre du conseil d’administration de l’AMIC et directeur d’investissement d’Africinvest.

Ces montants restent modestes par comparaison avec ceux consentis dans le cadre du capital-développement. Sur ce segment, huit nouveaux investissements ont totalisé 766 MDH.

Par ailleurs, 18 opérations de réinvestissement ont été effectuées pour un montant de 53 MDH.

1,4 MMDH de dirhams suite aux sorties de capital

La conférence a également été l’occasion de revenir sur le montant record réalisé en termes de désinvestissement en 2022. En valeur, 1,4 MMDH ont été désinvestis l’an dernier, un montant en forte hausse de 58% par rapport à 2021. Cela provient de 14 actes de désinvestissement réalisés par cinq sociétés de gestion en 2022.

En cumulé, 150 actes de désinvestissement ont été réalisés depuis les débuts de l’industrie en 2000, soit un total de 7,3 MMDH. "Entre 2000 et 2022, il y a eu une hausse du ticket moyen d’investissement. Si l’on prend la moyenne du marché, nous sommes à un multiple de deux fois, donc mathématiquement cette courbe continuera d’augmenter car les tickets ont augmenté", précise Farid Benlafdil.

Il en ressort que différents modes de désinvestissement sont choisis par les sociétés de gestion. Sur la période 2017-2022, qui constitue la 4e grande phase de développement de l’industrie du capital-investissement, 39% des désinvestissements en valeur ont été effectués sur le marché secondaire, c’est-à-dire lorsque le fonds vend ses parts à un autre fonds marocain ou étranger. 18% des désinvestissements se font via IPO.

Les performances de ces désinvestissements sont également à observer. Depuis les débuts de l’industrie et les 150 désinvestissements réalisés, "nous affichons un TRI Brut de 11% et un multiple global de près de 2x. Quand on prépare un business plan, on cible toujours un intérêt brut entre 15 et 20 et un multiple entre 2x et 2,5x. Quand on compare cela avec le marché français, nous sommes aux mêmes niveaux de rendement", explique Farid Benlafdil. À noter que plus le stade d’avancement et de développement de la société est grand, plus le TRI est important. En amorçage, il se situe à 7% alors qu’il monte à 10% en développement et à 17% au stade de transmission.

La performance dépend également en grande partie du secteur investi. D’après les données de l’AMIC, à fin 2022, les secteurs de la santé, des services et du BTP sont ceux ayant rapporté les taux de rendement les plus importants, avec respectivement 27%, 18% et 14%.

 

Les changements attendus avec le Fonds Mohammed VI

Le président de l'AMIC, Hatim Ben Ahmed, et d’autres membres de l’organisation expliquent que l’année écoulée a été une année de développement pour le secteur, qui a accueilli quatre nouvelles sociétés de gestion :

  • le fonds Capital Venture (FCV) BMCE Capital Investments ;
  • le fonds Columbus 1 de REDMED Capital Private Equity ;
  • le fonds UM6P Ventures de l’Université Polytechnique Mohammed VI ;
  • le fonds Valoris Equity Fund de Valoris Capital Private Equity.

En termes de levées, un montant total de 1,16 MMDH a été levé par six fonds de la place.

Au-delà des résultats de l’industrie, la conférence a permis d'évoquer, avec les professionnels du secteur, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, qui sera amené à transformer l’industrie dans les prochaines années.

Le fonds est doté de 45 MMDH de fonds propres pour une enveloppe d’investissement entre 120 et 150 MMDH. Son objectif est de booster l’investissement au Maroc, notamment par le biais du capital privé. Dans cette mécanique, les sociétés d’investissement en capital auront un rôle à jouer, notamment des propositions à forte valeur ajoutée.

Farid Benlafdil explique : "Nous avons pris le cahier des charges du fonds. Ce dernier attend de nous des propositions sur les secteurs à cibler. Rien n’est figé. Il faut venir avec des idées innovantes, des secteurs (agriculture, tourisme, PME, etc.). Maintenant, ce qui est attendu de nous, c’est aussi de rapporter deux dirhams si on nous en confie un. 15 MMDH ont été mobilisés par l’État et 30 MMDH devront être mobilisés auprès du privé. Il y aura une présélection sur les sociétés de gestion sur la base de leurs réalisations et, après, une sélection finale sur la capacité de ladite société à lever des fonds auprès du privé."

Pour ce faire, le capital-investissement devra conquérir la confiance des privés. "Il va falloir pousser les acteurs du privé à aller sur cette classe d’actifs. Beaucoup de privés marocains ont accompagné l’émergence du secteur au début des années 2000, mais n’ont pas suivi les générations suivantes car c’était un secteur en progrès. L’idée est d’expliquer que les sociétés de gestion ont progressé et ont des tracks records qui plaident en leur faveur", conclut le président de l’AMIC, Hatim Ben Ahmed.

 

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