Casablanca-Settat : comment le CRT compte atteindre 5 millions de touristes en 2030
À l’issue de sa première réunion de l’année, le conseil d’administration du CRT Casablanca-Settat a décidé de planifier la réalisation d’une feuille de route d’ici avril. Son président, Othman Cherif Alami, nous dévoile les grands axes qui feront de cette région, à l’horizon 2030, un grand pôle touristique d’affaires, de loisirs et de croisières.
Désireux d’accompagner la feuille de route ministérielle dont le contenu sera bientôt rendu public, les membres du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat devraient livrer en avril prochain leur propre programme pour développer la région durant les sept prochaines années, et in fine, atteindre 5 millions d’arrivées à l’horizon 2030.
Un défi qui intervient, selon le président du CRT de Casablanca-Settat, Othman Cherif Alami, après dix ans de vastes travaux d’infrastructures du Grand Casablanca, qui ont permis de transformer totalement la ville et de mettre aux normes internationales sa mobilité régionale.
"La ville s’est en effet complètement métamorphosée, avec des lignes de tramway et une flotte d’autobus qui figurent parmi les plus performantes d’Afrique, la construction de trémies, de nouveaux ronds-points et de nouvelles routes qui facilitent la mobilité urbaine et régionale, des échangeurs d’autoroute et enfin les gares ferroviaires totalement modernisées de Casa-Port et Casa-Voyageurs", indique Othman Cherif Alami.
"Un quai de croisières qui générera 500.000 arrivées annuelles"
"A cela s’ajoute un énorme quai de croisières d’une longueur de 600 mètres, qui fera de Casablanca une grande capitale africaine de croisiéristes. Dotée d'une aérogare exceptionnelle, cet édifice permettra de recevoir les visiteurs en escale, mais aussi d’embarquer les Marocains désireux de s’offrir une croisière dans le pourtour de la région Méditerranée, ou plus loin dans le Pacifique", nous indique celui qui préside aussi le groupe Atlas Voyages.
Une infrastructure portuaire en accord avec les ambitions touristiques du Maroc, qui manquait encore à la capitale économique et qui devrait être inaugurée prochainement.
"Après quoi, ce quai sera en mesure d’accueillir d'énormes paquebots de croisière, venus du monde entier, avec une capacité annuelle d’accueil d’au moins 500.000 croisiéristes."
"Une offre culturelle en phase avec les attentes des visiteurs étrangers"
Au niveau de l’offre culturelle, la ville compte désormais un grand théâtre, une nouvelle corniche proche de la mosquée Hassan II, faisant partie des monuments les plus visités par les étrangers, un énorme centre commercial, le Morocco Mall, qui n’a rien à envier à ceux de Dubaï...
Enfin, une médina totalement restaurée avec de nombreuses échoppes d’artisanat, sans compter le projet d’organiser chaque week-end dans la ville une grande animation culturelle pour attirer les Casablancais comme les visiteurs des autres régions.
"Naguère inexistantes ou insuffisantes, ces animations permettront d’accompagner l’offre hôtelière, qui ne cesse de se renforcer avec l’arrivée prochaine du luxueux hôtel Royal Mansour, qui donnera une attractivité nouvelle au parc de la ville. En effet, une vingtaine d’établissements d'une capacité de 50 à 150 chambres, dont la construction avait été retardée par la pandémie, devraient sortir de terre en 2024, ce qui ne manquera pas de redynamiser les investissements touristiques à l'arrêt durant les deux années de crise", avance Alami.
Ces atouts réunis feront à court terme de Casablanca une capitale mondiale des congrès, à l’instar de Paris, Madrid et Londres.
"Renforcer le tourisme d’affaires, vocation première de la ville"
En effet, si le tourisme d’affaires a toujours constitué sa vocation première, la ville sera vraiment en mesure d’assurer son décollage avec l’édification d’un centre international de congrès et d’exposition de 2.500 places.
Ce dernier prendra place dans une aile du Palais de la foire (OFEC), après une modification de ses statuts qui devra être validée par les autorités concernées.
"Cela permettra d’assurer le démarrage de notre focus affaires avec 18.000 mètres carrés disponibles au Palais des foires à des prix exceptionnels de location, avant l’ouverture en 2027 d’un Palais des congrès de 3.000 places qui proposera les prix du marché", assure Alami.
Inscrits dans le Plan de développement régional 2022-2027 et le plan communal, ces projets seront financés par un montage incluant le conseil régional, le conseil de la commune et l’Etat.
En comptant le palais de l’Office des changes (1.000 personnes) et l’actuel parc d’exposition de Mazagan, extensible jusqu’à 3.000 places, la capacité régionale, qui sera d’au moins 10.000 congressistes, fera à terme du Grand Casablanca une capitale mondiale incontournable du tourisme d’affaires.
Selon le président, cette stratégie ouvrira la voie à l’organisation, dès 2024, de 15 congrès annuels de 2.000 personnes qui séjourneront au moins trois nuitées, avant d’atteindre 35 congrès annuels à partir de 2030.
"Débloquer dès 2025 un budget marketing de 30 à 50 millions de dirhams"
Quant au plan d’action propre au CRT, le président déclare que la priorité sera de rassembler chaque année les élus, les autorités locales et les professionnels du tourisme pour assurer une veille des étapes du développement stratégique de cette feuille de route, qui devra être validée conjointement.
"Avec nos partenaires de l’ONMT, de la ville et de la région, un plan annuel de communication à l’international BtoB devra être mis en place avec un autre BtoC au niveau national.
Pour cela, il faudra débloquer à partir de 2025, un budget annuel de marketing au montant compris entre 30 et 50 millions de dirhams contre 10 MDH actuellement et à peine 5 MDH pour le CRT.
A l’international, l’objectif du plan BtoB sera d’installer la marque Casablanca auprès des grandes entreprises Corporate, afin qu'elles puissent tenir tous leurs événements de business, médicaux, scientifiques, économiques dans notre ville", explique le président, qui table sur cinq millions de visiteurs annuels dans un délai de sept années.
En effet, entre les créneaux d’affaires, de loisirs et de croisières, le CRT espère accueillir 3 millions d’étrangers (congrès, incentive, séjour touristique, city break) contre 1,5 en 2019, auxquels s’ajouteront 1,5 million de touristes nationaux et 500.000 croisiéristes.
"Un potentiel rural largement sous-exploité à développer"
Le deuxième axe de la feuille de route consistera à développer le tourisme rural grâce aux quatre barrages de la région dont les berges et les alentours sont en train d’être réaménagés en centres touristiques.
"Notre région compte des centaines de produits de terroir, des fermes pédagogiques, de petits restaurants, des gîtes, des expériences de trekking vers Settat, les forêts de Benslimane et de Bouskoura, le fleuve Oum Rabii qui se jette à Azemmour, des plages de Bouznika à Oualidia...", rappelle Alami.
Malgré ce patrimoine naturel, les potentialités touristiques de la région sont encore largement sous-exploitées, estime-t-il.
"Faire passer le taux d’occupation hôtelier durant les week-ends de 15% à 50%"
Hormis cette niche rurale qui constitue un axe prioritaire de sa feuille de route, le CRT compte également développer le tourisme urbain de loisirs et de culture, pour remplir chaque week-end - au moins à 50% - les hôtels de Casablanca, dont le taux d’occupation plafonne actuellement à seulement 15%.
A cette fin, la future feuille de route prévoit le lancement de grandes campagnes de communication à l’international. Il s'agit de mettre la région de Casablanca et d’El Jadida sur la carte mondiale des destinations city break pour des séjours de deux nuitées, qui permettront de boucler le spectre touristique.
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