Le prix de la viande rouge atteint les 100 DH le kilo en moyenne, une première !

Afin d’éviter que les prix ne s’enflamment davantage, des professionnels, en coordination avec le gouvernement, ont décidé d’importer des bovins prêts à l’abattage, notamment du Brésil.

Le prix de la viande rouge atteint les 100 DH le kilo en moyenne, une première !

Le 26 janvier 2023 à 18h33

Modifié 27 janvier 2023 à 9h43

Afin d’éviter que les prix ne s’enflamment davantage, des professionnels, en coordination avec le gouvernement, ont décidé d’importer des bovins prêts à l’abattage, notamment du Brésil.

"Le prix de la viande rouge a atteint 100 DH/kg au détail. Il s’agit d’un prix moyen entre le milieu urbain et le milieu rural", indique M’Hammed Karimine, président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR), joint par Médias24.

C’est la première fois que les prix de la viande rouge atteignent de tels niveaux. Pour rappel, en octobre dernier, le prix de la viande rouge avoisinait les 70 DH/kg ; soit une augmentation de 30 DH/kg en l’espace de trois mois.

"Cette hausse était prévisible", ajoute notre interlocuteur, compte tenu de la conjoncture actuelle. "A titre d’exemple, la viande noble, comme le filet, coûte en moyenne 150 DH/kg. La viande hachée 'healty' est à 120 DH/kg contre 100 DH/kg pour la viande hachée grasse, entre 120 et 130 DH/kg pour les brochettes et le tagine, lui, est à 90 DH/kg", énumère-t-il.

"Nous sommes donc sur un prix moyen de 100 DH/kg", poursuit M. Karimine. Mais cette hausse ne profite pas aux producteurs, qui souffrent d’une augmentation du prix de production. En effet, le prix du kilogramme de viande rouge peut paraître cher, mais les éleveurs, impactés par deux années de sécheresse, conjuguée à la hausse des prix des aliments composés, produisent à perte.

Le président de la FIVIAR souligne également qu’"au Maroc, le prix de la viande rouge reste moins élevé par rapport aux autres pays du pourtour méditerranéen. En Algérie et en Turquie notamment, les prix atteignent jusqu’à 150 DH/kg".

La baisse du pouvoir d’achat, principale problématique du secteur

La problématique majeure du secteur est liée à la baisse du pouvoir d’achat du consommateur, estime M’Hammed Karimine. "C’est un problème qui relève de l’économie marocaine."

"Le prix moyen du kilogramme de viande rouge est de 100 DH au détail actuellement. Si on le compare avec les prix pratiqués en France par exemple, où le kilogramme de viande coûte environ 16 euros en moyenne, il reste faible. En revanche, si l’on rapporte ce prix au Smig, on constate qu'u Maroc, un Smig permet à peine de se procurer entre 24 et 26 kg de viande, contre 80 kg en France", indique encore M’Hammed Karimine.

Concernant l’impact des dernières pluies au Maroc, notre interlocuteur les juge "faibles et sans grand impact", soulignant toutefois que "d’autres pluies arriveront bientôt". "On espère qu’elles impacteront positivement le secteur."

"Une tendance haussière"

"La tendance des prix est encore haussière", poursuit M. Karimine. "Nous avons cherché à régler le problème en important des têtes prêtes à l’abattage, mais on s’est heurtés à des problématiques sanitaires, en particulier l’apparition d’une nouvelle maladie en Espagne. Nous avons donc dû arrêter de transiter par l’Espagne pendant un mois et demi."

"Le problème de cette maladie est à présent réglé, mais de manière générale, lorsque l’on importe d’Europe, le marché est très haut. On reste donc dans un prix moyen au détail de 100 DH/kg."

"Nous nous sommes alors tournés vers le Brésil, mais pour cela, nous avons besoin d’opérateurs solides. L’importation depuis l’Europe se fait via des camions. Un camion coûte environ deux millions de dirhams par transfert. Pour le Brésil, l’importation par bateau coute 60 millions de dirhams. Les opérateurs capables d’effectuer de telles opérations ne sont pas nombreux au Maroc."

"Outre la contrainte financière, se pose le problème de la capacité logistique à recevoir entre 2.500 à 3.000 têtes en une seule fois."

"Les premiers bateaux de bovins importés du Brésil devraient arriver dans 15 à 20 jours. On espère surtout que ce lot permettra de freiner la tendance haussière. Certes, ces opérations ne permettront pas de baisser les prix, mais au moins de les maintenir", conclut notre source. Outre cette mesure relative à l’importation des bovins, "le gouvernement soutient la production des génisses, mais les résultats ne seront visibles qu’à long terme".

Rappelons qu’en octobre dernier, le gouvernement avait annoncé la suppression des barrières douanières sur l’importation de bovins domestiques.

Cette mesure, qui couvre la période allant du 21 octobre 2022 au 31 décembre 2023, soit 14 mois environ, vise à équilibrer le marché en sauvegardant le cheptel national, qui a connu une baisse estimée à 40% par les professionnels du secteur, une grande partie de ce cheptel ayant été sacrifiée.

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