L'intégration de l’amazighe dans l’administration publique sera accélérée
Dans le cadre de l’officialisation de la langue amazighe dans l’administration, le ministère de la Réforme de l’administration a signé quatre conventions de partenariat avec trois départements ministériels : Justice, Santé et Culture.
Le ministère de la Réforme de l’administration a signé, ce mardi 10 janvier, quatre conventions de partenariat avec trois départements ministériels, dans le cadre du programme d’intégration de la langue amazighe dans l’administration publique.
Les conventions signées avec le ministère de la Justice et le ministère de la Santé portent sur la signalisation, la communication et l’orientation. Celle signée avec le ministère de l’Education nationale vise, quant à elle, la création d’une application pour permettre aux Marocains du monde d’apprendre la langue amazighe.
Enfin, la quatrième convention de partenariat, signée avec le ministère de la Culture, a pour but de "soutenir les événements et activités culturels pour faire rayonner l’identité et la langue amazighes au Maroc et à l’étranger".
A cette occasion, une conférence sur la mise en œuvre de l’officialisation de la langue amazighe dans l’administration a eu lieu à Khémisset, en présence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.
Ce dernier a rappelé les ressources financières consacrées à la mise en œuvre de ce chantier, notamment l’enveloppe de près de 200 MDH en 2022 et la programmation de 300 MDH au titre de la loi de finances 2023. Un chiffre que le gouvernement compte progressivement augmenter durant les prochaines années "pour atteindre 1 MMDH à l’horizon 2025-2026".
Plus de 500 agents d’accueil et d’orientation
Le chef du gouvernement rappelle également que le chantier de l’opérationnalisation de l’officialisation de la langue amazighe dans l’administration comprend 25 mesures, dont certaines ont déjà été mises en place. Il s’agit notamment de la "mobilisation d’agents d’accueil pour guider et orienter les citoyens s’exprimant en langue amazighe (tarifit, tachelhit et tamazight), et ainsi faciliter leur communication avec les tribunaux, les établissements de soins primaires et les hôpitaux, ainsi qu’avec les institutions relevant du ministère de la Culture et de la communication".
Selon le chef du gouvernement, "des agents chargés de la communication téléphonique en amazighe ont été affectés à différents centres d’appels relevant de départements ministériels et établissements publics qui connaissent une forte affluence des usagers, en attendant de généraliser cette mesure à tous les centres d’appels".
En effet, la ministre de la Réforme de l’administration, Ghita Mezzour, a précisé que 460 agents qui s’expriment en amazighe travaillent déjà dans différentes régions du Royaume. "Leur rôle est d’aider et d’orienter les citoyens qui s’expriment dans cette langue afin de bénéficier des services publics."
Au total, 60 agents seront affectés aux centres d’appels, précise la ministre. Ces chiffres seront augmentés, puisque la mise en œuvre sera généralisée. Dans ce sens, Ghita Mezzour a lancé un appel à toutes les administrations souhaitant mettre en place ce dispositif pour faire bénéficier les citoyens qui s’expriment en langue amazighe. Ceux-ci sont invités à prendre attache avec son département.
Selon le directeur de la fonction publique au sein du ministère de la Réforme de l’Administration, Taoufik Azeroual, il est prévu d’atteindre 1.800 agents d'accueil dans le cadre de ce chantier.
Sur le moyen terme, il est également prévu :
- l’adoption de la langue amazighe dans les documents, imprimés et formulaires officiels destinés au grand public ;
- la préparation de dictionnaires spéciaux pour faciliter la traduction et la lecture des documents ;
- l’écriture de la signalisation des moyens de transport de l’administration en langue amazighe ;
- le soutien et l’accompagnement des projets et mesures visant à mettre en œuvre le caractère officiel de la langue amazighe, notamment en matière d’éducation, de législation et d’organisation, mais aussi dans les médias et la communication, ainsi que dans le domaine de la créativité culturelle et artistique.
Pour ce faire, le ministère se fonde sur deux principaux mécanismes d’exécution : d’une part, le fonds de modernisation de l’administration, du soutien de la transformation numérique et l’utilisation de l’amazighe et, d’autre part, des partenariats.
Également présent lors de cet événement, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a indiqué qu’une proposition de loi du groupe istiqlalien serait bientôt examinée au Parlement. Elle concerne les conditions de demande de nationalité marocaine et prévoit que le demandeur maîtrise la langue arabe ou la langue amazighe.
Il a également indiqué que cent assistantes sociales maîtrisant l'amazighe avaient été recrutées par son ministère en vue de faciliter l’accès à la justice aux femmes s’exprimant dans cette langue.
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