Ce qu'il faut retenir de la situation financière de l'économie marocaine vis-à-vis de l'étranger
Investissements directs, situation des avoirs, évolution de la dette... Voici comment a évolué la situation des engagements financiers de l'économie marocaine vis-à-vis de l'étranger, de juin à septembre 2022.
A chaque sortie du Maroc sur le marché financier international, à chaque évaluation de l'économie marocaine par les agences internationales de notation ou à l'occasion de négociations avec le FMI pour une ligne de financement, comme c'est le cas actuellement pour la Ligne modulaire, un document est particulièrement scruté : "La position extérieure globale". Il s'agit d'un des indicateurs importants qui renseignent sur la stabilité financière d'une économie.
Publié trimestriellement, il illustre l'évolution de la situation financière de l'économie marocaine vis-à-vis du reste du monde. Une sorte de bilan où sont opposés les actifs financiers des Marocains en devises (Avoirs) et les passifs financiers de l'économie marocaine à l’égard de l'étranger (Engagements).
Quatre composantes principales du financement de l'économie marocaine y figurent : les investissements directs, les investissements de portefeuille, les prêts et les avoirs de réserve.
L'Office des changes vient de livrer son troisième rapport de l'année 2022, à fin septembre. Voici ce qu'il nous apprend.
La position extérieure globale structurellement déficitaire, mais stable
Avec un encours des avoirs de 522,4 MMDH face à des engagements de 1.357 MMDH, la position extérieure globale fait ressortir une situation nette débitrice de -834,7 MMDH qui s'est aggravée par rapport à fin juin (-803,4 MMDH).
Déficitaire certes, mais marquée par une "prépondérance des éléments à caractère stable", commente l'Office des changes dans son rapport.
"Nous avons des engagements importants mais dont la structure est dominée par les investissements directs étrangers, qui ont un caractère stable contrairement aux investissements de portefeuille considérés eux comme volatiles", nous explique une source du marché.
Si une crise financière survient par exemple, il est plus facile pour les investisseurs détenant des actions en bourse ou des obligations de les céder rapidement sur le marché financier, et donc de se désengager du marché marocain, ce que ne peuvent pas faire des investisseurs directs.
"Un investissement direct concerne des entreprises, des projets... La liquidation de ce genre d'actifs nécessite du temps, un minimum de six mois ou un an. Ce sont des investissements qui n'ont pas un caractère transférable immédiat. La prédominance des IDE dans les engagements du Maroc est un facteur de stabilité", poursuit notre source.
"Avoir des engagements dominés par les investissements de portefeuille (placements en bourse...) augmente le facteur risque pour une économie, de par son exposition aux marchés financiers."
Sur les 1.357 MMDH d'engagements, les IDE représentent 49,6%, soit plus de 673 MMDH contre seulement 144 MMDH pour les investissements de portefeuille. L'économie marocaine est par conséquent moins exposées aux aléas des marchés.
Les évolutions des principales rubriques
>> Baisse de l'encours des IDE au Maroc
Le stock des investissements directs étrangers à fin septembre est de 673,5 MMDH. Il a baissé de 4,3 MMDH par rapport à juin 2022. Ce qui veut dire qu'un investisseur étranger - ou plusieurs - a liquidé son investissement au Royaume entre juin et septembre. Il est possible que cela concerne le désengagement du Crédit agricole français du Crédit du Maroc en faveur du groupe marocain Holmarcom.
Sur les 673,5 MMDH d'IDE, 76,5 MMDH sont des créances des investisseurs directs accordées aux filiales.
>> Hausse du stock des investissements marocains à l'étranger (IDME)
Entre juin et septembre 2022, l'encours des IDME a progressé de 2,9 MMDH. Actuellement, cet encours est de 74 MMDH.
>> Les investissements de portefeuille en hausse
L’investissement de portefeuille couvre les acquisitions de parts d’entreprises (actions et autres titres de participation) ou d’actifs financiers (obligations et autres titres de créance) autres que celles de l’investissement direct.
Ainsi, l’encours des investissements des étrangers en titres marocains est de 144 MMDH, en hausse de près de 6 MMDH. De l'autre côté, l’encours des investissements des Marocains en titres étrangers est passé à 13,5 MMDH contre 12,6 MMDH à fin juin 2022.
>> Autres investissements :
Cette rubrique regroupe tous les avoirs et engagements financiers qui ne relèvent ni des investissements directs ou de portefeuille, ni des avoirs de réserve. Il s’agit des encours des crédits commerciaux, des prêts entre entreprises non apparentées, de la dette extérieure publique et privée et de la position en monnaie fiduciaire et dépôts.
C'est le poste le plus important dans les engagements du Maroc, car on y consigne la dette extérieure du pays (publique et privée). A fin septembre, la rubrique affiche un encours de 539,5 MMDH en hausse de 37,9 MMDH par rapport à fin juin 2022.
L’accroissement des engagements est la conséquence principalement de la hausse de l’encours des prêts (+18,9 MMDH), des crédits commerciaux (+13 MMDH).
>> Avoirs de réserve :
A fin septembre 2022, les avoirs de réserve atteignent un stock de 340,7 MMDH contre 329,4 MMDH à fin juin 2022, enregistrant une hausse de 11,3 MMDH. Cette évolution résulte essentiellement de la progression de 10,5 MMDH de l’encours des monnaies étrangères, principale composante des avoirs de réserve.
A noter que la part des avoirs de réserve représente 65,2% du stock des avoirs financiers extérieurs du Maroc et demeure la composante prépondérante de ce stock.
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