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Des achats de lait en quantités inhabituelles signalés par la grande distribution

Alors que la grande distribution connaît des difficultés d’approvisionnement en lait, des consommateurs se sont rués sur cette denrée dans certains supermarchés, au risque d’engendrer des ruptures de stock.

Des achats de lait en quantités inhabituelles signalés par la grande distribution

Le 6 novembre 2022 à 18h06

Modifié 6 novembre 2022 à 19h31

Alors que la grande distribution connaît des difficultés d’approvisionnement en lait, des consommateurs se sont rués sur cette denrée dans certains supermarchés, au risque d’engendrer des ruptures de stock.

Des achats de lait en quantités particulièrement importantes ont été observés dans plusieurs grandes surfaces. C’est le cas dans certains magasins du groupe Marjane, où des comportements d’achat inhabituels ont été constatés, apprend Médias24 auprès de cette chaîne.

“Nous avons remarqué que certains clients achetaient du lait en grande quantité, probablement pour le revendre au détail dans une perspective spéculative, au risque de vider les grandes surfaces et de provoquer des ruptures de stock”, nous dit-on.

Sur la photo ci-dessous, l'on constate effectivement que plusieurs étagères de lait sont vides. La photo a été prise dans un magasin Marjane à Casablanca et partagée par des internautes sur les réseaux sociaux.

“Nous sommes des commerçants au détail et non des grossistes. Notre rôle est d’empêcher - et de surcroît dans la conjoncture actuelle (crise laitière et difficultés d’approvisionnement, ndlr) - ces achats en gros, spéculatifs, et de garantir l’écoulement des produits dans le canal B2C du consommateur final”, signale Marjane.

Une instruction courante

Selon Marjane, il ne s’agit pas d’une instruction de rationnement particulière puisque des instructions similaires ont toujours été données en cas de constatation de comportements d’achat inhabituels. “Ce sont les instructions permanentes que nous donnons à tous nos magasins depuis toujours”, confie le groupe marocain.

Commentant une publication qui s’est elle aussi répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, et selon laquelle le consommateur en question n’aurait pu acheter qu’un seul litre UHT dans les magasins Marjane, le groupe indique qu’il s’agit d’une initiative prise par l’un des points de vente du groupe, sans pour autant citer lequel. “Afin de prévenir qu’il ne permettrait pas les ventes en gros à ces acteurs spéculatifs, l’un de nos magasins a pris l’initiative de faire cette affiche, qu’il a d’ailleurs retirée depuis”, nous dit-on.

La filière laitière en crise 

Les difficultés d’approvisionnement en lait sont dues à la baisse de la quantité de lait collectée par les usines de transformation, explique à Médias24 une source du milieu professionnel. “Nous avons enregistré une baisse de 30% de la quantité de lait collectée par les usines entre janvier et août 2022, par rapport à la même période en 2021”, poursuit-elle.

Selon elle, la filière laitière subit une crise de plein fouet ; d’abord compte tenu des retombées de la crise du Covid-19 qui ont entraîné une baisse de 15% à 25% de la production et de la consommation. À cela s’ajoutent la sécheresse, qui a énormément nui à la campagne 2021-2022 et aux cultures fourragères, ainsi que l’envolée à l’échelle internationale des prix des matières premières entrant dans l’alimentation animale. “L’alimentation animale se base en grande partie sur les matières premières importées depuis l’étranger, notamment le maïs et le soja”, rappelle notre source.

Alors que les coûts des facteurs de production ont augmenté, le prix de la vente de lait aux usines de transformation et le prix à la consommation, eux, sont restés inchangés, poursuit-on. Une partie des producteurs ont opté pour la commercialisation du lait à travers le réseau informel.

“Un risque de transmission de tuberculose”

“Face au gel du prix du lait à la production, de plus en plus de producteurs commercialisent leur lait via les circuits informels, notamment dans les mahlaba. Ces acheteurs leur versent environ 1,5 dirham de plus, contrairement aux usines de transformation qui, elles, ne les rétribuent que de quelques centimes additionnels”, ajoute notre source.

Mais ce recours à l’informel représente un véritable danger pour la santé du consommateur. Le lait qui n’est pas traité par les usines présente un grand risque de transmission de tuberculose. Cette pratique, selon notre interlocuteur, pourrait également conduire à la mise à l’arrêt de l’industrie laitière.

“Notre industrie laitière s’en sort pour le moment mais si les usines ne parviennent pas, sur le long terme, à recevoir les quantités de lait suffisantes pour faire tourner leurs usines, il y aura une crise”, prévient notre interlocuteur. Certaines unités de production sont d’ailleurs déjà à l’arrêt. Notre source cite le cas des tours de séchage du lait qui, en dépit des investissements colossaux qu’elles ont nécessités, sont actuellement à l’arrêt.

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