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Lancement de la FirmaTech, une ferme pédagogique digitale qui rapproche les agriculteurs des start-up agricoles

La création de la ferme pédagogique digitale a nécessité un investissement de près de 9,5 MDH. Elle vise à accompagner les agriculteurs et les innovateurs dans le secteur agricole, pour les connecter par la suite. Détails.

Lancement de la FirmaTech, une ferme pédagogique digitale qui rapproche les agriculteurs des start-up agricoles

Le 24 octobre 2022 à 15h41

Modifié 24 octobre 2022 à 18h46

La création de la ferme pédagogique digitale a nécessité un investissement de près de 9,5 MDH. Elle vise à accompagner les agriculteurs et les innovateurs dans le secteur agricole, pour les connecter par la suite. Détails.

Le projet FirmaTech, porté par Amine Zarouk, président de Green OpenLab, a été officiellement lancé le 19 octobre dernier, en présence du ministre de l’Agriculture, Mohammed Sadiki, et d’autres responsables de l’écosystème agricole et technologique.

Ce centre intégré est le premier du genre au niveau national. Il s’inscrit dans le cadre de la stratégie Génération Green 2020-2030 et vise à promouvoir une agriculture moderne et efficiente en termes d’efficacité hydrique et énergétique, d’après Amine Zarouk. Il vise aussi à renforcer les capacités des agriculteurs dans le cadre de la préparation d’une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles, et à rapprocher les communautés technologique et agricole.

Un campus de 4 ha, 9,5 MDH d’investissement

“Ce projet permettra de connecter les agriculteurs et les acteurs de la technologie. On va donc jouer le rôle de trait d’union”, indique le président de Green OpenLab, joint par Médias24. “Il s’agit d’un campus qui propose divers services aux agriculteurs, où ces derniers sont accompagnés pour accéder notamment aux e-services proposés par le ministère de l’Agriculture.”

Ce campus a nécessité un investissement de près de 9,5 millions de DH et s’étale sur 4 hectares, précise Amine Zarouk. “Deux hectares sont dédiés à la partie innovation, et deux autres à la ferme pédagogique. Nous y proposons également des formations, un accompagnement et de la sensibilisation, en plus d’un service de location d’outils technologiques.”

Dans le détail, cette plateforme est composée d’un guichet de services pour agriculteurs, d’un espace de coworking, d’un espace de formation, d’un FabLab pour prototypage, d’un FarmLab pour essais et expérimentations, d’une ferme modèle de démonstration, d’une station météorologique, d’un espace maraîchage et de vergers avec sept variétés.

Deux cibles principales : l’agriculteur et la start-up

Amine Zerrouk explique cibler deux catégories. La première cible est “l’agriculteur. La FirmaTech, c’est aussi une ferme pédagogique digitale où les agriculteurs peuvent venir se former, par exemple à l’irrigation intelligente, à la manière de gérer les données météorologiques et autres…”.

En effet, cette ferme pédagogique est dotée d’un guichet qui propose les services suivants :

  • une assistance à l’utilisation des plateformes de services agricoles digitaux (E-Services) ;
  • le dépôt électronique des dossiers de subvention ;
  • un accès aux tarifs du marché de gros ;
  • des alertes météo ;
  • une carte de fertilité des sols ;
  • la vente et la location d’outils de mesure portatifs ;
  • une sensibilisation et une démonstration sur l’usage des nouvelles technologies agricoles ;
  • des formations de renforcement de capacités et reconversion (upskilling) ;
  • une assistance pour la commercialisation de la production en ligne ;
  • une assistance technique pour la réalisation des analyses rapides ;
  • la commercialisation des solutions innovantes pour l’agriculture.

“Les start-up agricoles sont la seconde cible de ce projet. On leur offre un accompagnement d’accélération Lab-to-Market. Cet accélérateur va permettre aux jeunes de passer d’un processus technique à une réalisation. Celle-ci sera déployée dans la ferme pilote, qui a une vocation de showroom.”

“Cela signifie que la FirmaTech va permettre la rencontre entre l’agriculteur, qui vient se former, et la start-up, qui vient déployer ses solutions, les finaliser et les commercialiser.”

Concrètement, la FirmaTech offre aux innovateurs :

  • un accélérateur Lab-to-Market (plateforme de démonstration et coopérative de services agricoles et technologiques) ;
  • un prototypage rapide ;
  • des séminaires d’entrepreneuriat, d’innovation et de techniques de vente ;
  • des hackathons et challenges (Open Innovation, Farmers Challenges).

“L’objectif est de généraliser cette expérience pour développer un réseau national”

“L’objectif, à travers le lancement de cette ferme pilote, est de créer, à terme, un réseau AgriTech, pour pouvoir être plus proche de l’agriculteur. Notre approche est basée sur la proximité, la démonstration, la pédagogie et l’open innovation”, confie notre interlocuteur.

“On est parti d’un constat sur le terrain : l’AgriTech n’est pas très bien développée au Maroc. En creusant un peu, on s’est rendu compte qu’il existait deux parties dans le secteur agricole, les agriculteurs et les spécialistes en technologie, qui ne se rencontrent pas. De plus, chacun a des a priori sur l’autre.”

“L’agriculteur se pose plusieurs questions. Il se demande si la technologie peut réellement résoudre ses problèmes, s’il est obligé de voyager à l’étranger pour visiter des fermes afin de reproduire dans la sienne ce qu’il a vu... Il croit également que l’AgriTech n’est réservée qu’aux gros agriculteurs.”

“Nous voulons aussi rendre l’agriculture plus attractive pour les jeunes, surtout pour résoudre le problème relatif à la succession. Les agriculteurs se demandent souvent si leurs enfants voudront reprendre une exploitation avec des pratiques anciennes et des tâches pénibles. Lorsqu’ils visitent le campus, ils demandent souvent à revenir avec leurs fils. Quand ils viennent, ils sont accompagnés pour déposer leurs dossiers de subvention de manière électronique, ou encore, dans la réalisation de petites analyses du sol, et pour comprendre les alertes météo. Ils intègrent ainsi progressivement le monde de la technologie.”

“Nous misons beaucoup sur la proximité”, insiste Amine Zarouk. “La ferme pilote se trouve à Sefrou, région connue pour sa performance agricole. On se situe donc au milieu des fermes, facilitant la tâche aux agriculteurs qui, souvent, n’ont jamais pensé à mettre les pieds dans un Technoparc. Lors de leur visite, on essaie de dédiaboliser la technologie en leur permettant notamment de toucher à tous les outils technologiques pour chasser leurs a priori.”

Combien de bénéficiaires ?

“C’est une question à laquelle il est difficile d’apporter une réponse précise”, reconnaît notre interlocuteur, notant que plusieurs paramètres doivent être pris en considération.

“Nous sommes ouverts à tous les agriculteurs selon notre capacité. Nous sommes une vingtaine sur place et pouvons accueillir confortablement une soixantaine de personnes par semaine. Cependant, certaines peuvent venir simplement pour déposer leurs papiers en ligne, une procédure rapide, qui ne prend pas beaucoup de temps, ou encore pour louer un outil technologique.”

“Nous pouvons par ailleurs programmer une journée de formation, qui peut nous mobiliser. C’est donc une question qui prend en compte différents aspects.”

L’AgriTech en est encore à ses prémices au Maroc

“Je pense que le secteur connaît un début d’effervescence. On n’est pas du tout à un état de maturité. On a de grands acteurs, qui font des efforts, mais on peut mieux faire. Beaucoup de start-up proposent des solutions technologiques innovantes, mais une approche pédagogique doit suivre”, estime notre interlocuteur.

“Nous avons également les compétences qu’il faut pour améliorer le secteur. Je sais de quoi nous sommes capables. Les ingénieurs marocains ont réussi à travailler dans l’aéronautique et l’automobile. Qui plus est, la majorité de nos jeunes sont demandés à l’étranger”, conclut Amine Zarouk.

Le lancement officiel de la FirmaTech a connu la présence du wali de la région Fès-Meknès, Saïd Zniber ; du président du groupe Crédit Agricole du Maroc, Noureddine Boutayeb ; du premier vice-président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), Rachid Benali ; du premier vice-président du conseil régional Fès-Meknès, Youness Errafik ; du président de l’Université euro-méditerranéenne de Fès, Mostapha Bousmina ; du président de la CGEM Fès-Meknès, Omar Tajmouati ; et du président de la Fédération interprofessionnelle des activités céréalières (FIAC) et de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), Jamal M’Hamdi.

Pour rappel, Green OpenLab a été fondé en 2018 par Amine Zarouk. Il a pour vocation d’être un catalyseur de la transformation de l’agriculture, par l’adoption de technologies innovantes et accessibles et la promotion de bonnes pratiques agricoles, respectueuses de la planète. Sa mission est d'encourager l’entrepreneuriat agricole et l’innovation chez les jeunes, d’accompagner la stratégie Génération Green 2020-2030 et de connecter les petits et moyens agriculteurs aux jeunes ayant la capacité d’innover.

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