img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

Mohammed Sadiki veut digitaliser le secteur agricole

Une étude sera réalisée afin d’établir un diagnostic analytique de la digitalisation du secteur, avant d'aboutir à la définition d'une feuille de route stratégique.

Mohammed Sadiki veut digitaliser le secteur agricole
Par
Le 13 octobre 2022 à 17h05 | Modifié 13 octobre 2022 à 18h27

Le ministère de l’Agriculture lance un marché pour réaliser une étude visant à élaborer une feuille de route stratégique pour la transformation digitale du secteur agricole.

“L’agriculture au niveau mondial a emprunté le tournant digital. Le Maroc ne peut rester en marge de cela. L’essor de la numérisation induit des transformations sans cesse, au niveau de plusieurs secteurs de l’économie nationale. Le secteur agricole n’est pas en reste de ces transformations”, est-il indiqué dans les documents de cet appel d’offres.

“Le Maroc, pays où l’agriculture est un réel moteur de développement social et économique, devrait faire de la dynamique de la transformation digitale, au niveau du secteur, un vrai challenge. Cette dynamique est liée à l’adoption de la technologie de pointe au niveau du secteur et au renforcement des capacités des agriculteurs pour accompagner l’évolution dans les modes de travail et de production, et faire face aux différents enjeux. Le train de la transformation digitale est donc une opportunité pour l’agriculture d’aspirer à un nouveau palier de développement”, ajoute-t-on de même source.

Vers une agriculture moderne

Les opportunités offertes par l’ancrage aux technologies numériques permettraient au secteur agricole de passer d’un modèle de production traditionnel et semi-moderne à une agriculture moderne qui réponde aux impératifs de productivité, de compétitivité et de durabilité.

La technologie offre une large gamme d’outils performants tout au long de la chaîne de valeur agricole pour améliorer la planification des campagnes agricoles, la gestion des intrants et des ressources, la productivité, la qualité et la compétitivité.

Concrètement, le numérique concerne divers domaines de l’agriculture, à travers une multitude d’outils intelligents et de solutions techniques de précision dont, en particulier :

- les satellites et les drones imageurs qui permettent de cartographier les paramètres biophysiques des cultures ;

- les robots agricoles à champs, les engins autoguidés et les tracteurs autonomes ;

- les sondes et capteurs fixes au niveau du sol pour mesurer la température et l’humidité, etc. ;

- l’étable connectée à travers l’utilisation de trayeuses automatiques et la fourniture automatique de ration alimentaire adaptée, les ruches intelligentes… ;

- les data-drivers logiciels et les services d’aide à la décision.

Ainsi, les nouvelles sources de données massives spatiales et temporelles, conjuguées aux réseaux d’objets connectés et aux données météorologiques, mettent à disposition du secteur un flux continu d’informations et de connaissances qui contribuent à l’amélioration de l’efficacité des activités agricoles.

Cette évolution vers une agriculture 4.0, renforcée par l’efficience, permet, d’une part, de diminuer les risques par de forts algorithmes de calcul et de prédiction et par l’intelligence artificielle et, d’autre part, d’instaurer une gestion et une surveillance automatisée, permettant de renforcer la performance économique et l’amélioration de la compétitivité des filières agricoles.

Moins d’eau, d’engrais et de suppléments nutritionnels, mais plus de production

Dans ce cadre, la digitalisation peut et doit aider l’agriculture à jouer un rôle clé dans l’assurance de la sécurité alimentaire, la lutte contre la faim et la gestion durable des ressources naturelles.

Elle permet d’économiser l’eau d’irrigation et d’utiliser moins d’engrais et de suppléments nutritionnels, tout en augmentant la productivité, et donc de produire plus et mieux avec moins de ressources. D’après une enquête de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), “les nouvelles technologies et internet présentent un potentiel énorme, à même d’augmenter de 70% la productivité agricole dans le monde d’ici 2050”.

La transformation digitale du secteur agricole est donc l'opportunité de booster la croissance économique et d’atteindre les objectifs de la stratégie agricole et du développement durable à l’horizon 2030.

Cinq mois d’exécution et un budget de plus de 4,5 MDH

Pour le ministère de l’Agriculture, le lancement de cette étude est une étape cruciale de la réflexion stratégique, qui permettra de doter le secteur d’une vision intégrée pour une transformation digitale réussie du secteur agricole (administration, profession et exploitation agricoles).

L’étude devrait coûter 4,5 MDH. Elle se déroulera en deux phases distinctes. Dans la première, qui devra être finalisée en deux mois, le titulaire du marché devra réaliser un diagnostic analytique de la situation actuelle de la digitalisation du secteur agricole au Maroc. Dans le détail, il s’agit de réaliser :

- un diagnostic analytique de la digitalisation du secteur agricole au Maroc et des grands enjeux agricoles de demain ;

- l’identification et la cartographie des différentes initiatives de digitalisation en place ou en cours au niveau du ministère de l’Agriculture ;

- l’identification des faiblesses et des forces du schéma actuel de conduite de la digitalisation (coordination, mutualisation, coûts, compétences, gestion, technologie utilisée) ;

- l’identification des contraintes au développement du digital dans le secteur agricole (réglementaires, institutionnelles, gouvernance, technologiques, budgétaires) ;

- la réalisation d’un benchmark international pour déterminer les opportunités offertes et les enseignements à tirer des expériences des autres pour la transformation digitale dans le secteur agricole ;

- la cartographie digitale des initiatives, des success stories, des champions à l’échelle des régions et au niveau national.

Dans la seconde, d'une durée de trois mois, le titulaire devra mettre au point une feuille de route stratégique pour le développement de la digitalisation du secteur agricole au niveau des institutions (administrations centrales, services déconcentrés, Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA), établissements et structures sous tutelles du département de l’Agriculture), des exploitations agricoles et le long de la chaîne de valeur des filières agricoles, à travers notamment :

- la définition des axes d’orientation de la stratégie de digitalisation du secteur agricole au Maroc en matière de cadrage stratégique : vision et ambition à moyen et long terme ;

- la définition des objectifs stratégiques et des outils de support de mise en œuvre ;

- l’établissement d’un plan d’action détaillé comprenant une description des programmes, sous-programmes, projets, mesures et leviers prioritaires pour atteindre les objectifs, les cas d’usage prioritaire, les fondements technologiques, les parties prenantes, le modèle organisationnel, le leadership, la gouvernance, le calendrier de mise en œuvre, et une estimation des coûts… ;

- la détermination des projets structurants ou cas d’usage prioritaire, en lien avec la stratégie Génération Green et à fort impact ;

- la détermination des modalités d’intégration du secteur privé, notamment les startups, la profession et les institutions de recherche, de formation et de conseil agricole dans le processus de la transformation digitale ;

- l’identification du schéma de gouvernance de projets digitaux, de leur mode de fonctionnement et les types d’accompagnement pour leur mise en œuvre ;

- la détermination du mode de conduite du changement.

L’ouverture des plis de ce marché est prévue le 24 novembre prochain.

La digitalisation déjà entamée dans le secteur au Maroc

D’après le ministère de l’Agriculture, les nouvelles technologies sont déjà introduites au Maroc dans la production agricole et agro-industrielle moderne, avec des impacts positifs sur les performances économiques.

L’évolution de l’écosystème des nouvelles technologies de l’information et de l’innovation mobilisent les leaders dans le domaine. Ces acteurs innovent en mettant sur le marché des solutions utilisant l’imagerie satellitaire, la communication sans fil, les objets connectés et l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, pour intégrer le digital, le ministère de l’Agriculture s’est doté d’une structure dédiée : “la Direction des systèmes d’information (DSI)”. Il a mis en place plusieurs systèmes d’information, dont :

- le système de recensement général de l’agriculture ;

- le système d’information géographique (SIG) agricole ;

- le système StatAgri pour la gestion des statistiques agricoles ;

- le système de suivi des prix du marché (ASAAR) ;

- le système d’information pour le suivi de la campagne agricole (SISCA) ;

- les cartes de vocation des terres et de fertilité des sols de l’INRA ;

- la digitalisation de l’opération de distribution de l’orge subventionnée, réalisée durant la période de sécheresse.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 13 octobre 2022 à 17h05

à lire aussi

Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
CULTURE

Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)

Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.

Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Quoi de neuf

Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier

Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.

Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
NATION

Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie

Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.

Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
ECONOMIE

Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)

Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.

Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
Quoi de neuf

Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat

À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.

Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité