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Dans sa note de conjoncture, le HCP prévoit une croissance annuelle de 1,4% en 2022

Le haut-commissariat au Plan ne le dit pas en ces termes, mais tout dépendra de la pluviométrie et de l'inflation. Une bonne pluviométrie en octobre et/ou novembre améliorerait le taux de croissance et l'activité économique. Un freinage de l'inflation également.

Dans sa note de conjoncture, le HCP prévoit une croissance annuelle de 1,4% en 2022

Le 6 octobre 2022 à 18h01

Modifié 6 octobre 2022 à 18h02

Le haut-commissariat au Plan ne le dit pas en ces termes, mais tout dépendra de la pluviométrie et de l'inflation. Une bonne pluviométrie en octobre et/ou novembre améliorerait le taux de croissance et l'activité économique. Un freinage de l'inflation également.

Dans sa note trimestrielle de conjoncture, le HCP publie des estimations pour le troisième trimestre 2022 et des prévisions pour l'ensemble de l'année.

Ainsi, il estime qu'il y a eu une légère baisse de l'inflation à 7,8% fin septembre contre 8% fin août.

Le HCP table également sur un taux de croissance de 1,8% au troisième trimestre (2% à T2 et 1,1% à T1), et un taux de croissance de 1,4% sur l'ensemble de l'année 2022.

Voici les principaux extraits de la note de conjoncture du HCP :

Taux de croissance de l'activité économique

L’activité économique nationale aurait progressé de 1,8% au troisième trimestre 2022, au lieu de 2% au trimestre précédent, dans un contexte de repli de 15,2% de la valeur ajoutée agricole.

Hors agriculture, l’activité aurait légèrement ralenti, affichant un accroissement de 3,7%, au lieu de 4,2% un trimestre plus tôt, attribuable, en grande partie, à la décélération de la valeur ajoutée des branches secondaires.

Au quatrième trimestre 2022, la baisse de la valeur ajoutée agricole atteindrait -15,8%, en rythme annuel. Cependant, avec une hausse de l’activité hors agriculture de 3,3%, la croissance de l’économie nationale s’établirait à +1,4% au quatrième trimestre 2022.

Accélération des prix à la consommation

Les prix à la consommation se seraient accélérés au troisième trimestre 2022, affichant une hausse de 7,8%, en variation annuelle, après +6,3% au trimestre précédent et +1,4% au cours de la même période de 2021. Cette progression serait due à une envolée de 13% des prix des produits alimentaires et à un accroissement de 4,5% de ceux des produits non alimentaires.

Cette tendance haussière aurait été également perceptible au niveau de l’inflation sous-jacente, qui se serait établie à +6,6%, au lieu de +1,9% une année auparavant. [NDLR : À noter que le pic a été atteint en août et que, selon les estimations du HCP, le mois de septembre aurait vu une très légère baisse de l'inflation : 7,8% contre 8% un mois auparavant]

Malgré le recul des cours internationaux de certaines matières premières, amorcé en juillet 2022, les tensions sur les prix des produits importés se seraient maintenues, dans un contexte d’appréciation du dollar, entraînant des niveaux plus élevés des prix intérieurs, en particulier ceux de l’alimentation et des carburants.

Au troisième trimestre 2022, les pressions inflationnistes importées auraient porté la contribution des prix des produits hors frais à 3,8 points et de l’énergie à 1,5 point, soit près de 70% de la hausse de l’indice global. Les prix des produits frais et des produits manufacturés auraient, pour leur part, poursuivi leur ascension au troisième trimestre, contribuant pour 1,1 point et 0,8 point respectivement, tandis que ceux des services auraient légèrement décéléré, dans le sillage du ralentissement des prix des services de transport, en comparaison avec la même période de 2021.

Sur l’ensemble de l’année, les prix à la consommation augmenteraient de 6,4%, en variation annuelle, en hausse de 5 points comparativement à 2021, sur fond de la poursuite jusqu’à fin 2022 des pressions liées au renchérissement à l’international des matières premières ainsi qu’à la dépréciation du dirham vis-à-vis du dollar.

L’inflation-sous-jacente devrait atteindre +5,5% en 2022, après+1,7% en 2021, tirée par l’évolution très dynamique de ses composantes, en particulier alimentaire et manufacturière.

Résilience de la demande intérieure

Au troisième trimestre 2022, la demande intérieure aurait continué de soutenir la croissance économique, portée par un affermissement de 6,8% de la consommation des administrations publiques.

En dépit de l’accélération des prix à la consommation, notamment ceux de l’alimentaire, la consommation des ménages, en volume, se serait accrue de 2,9%, contribuant pour environ +1,7 point à la croissance globale du PIB.

Les dépenses de consommation auraient été soutenues par une progression des revenus extérieurs et des crédits à la consommation de 4,9%.

En revanche, la formation brute de capital (FBC), en volume, aurait régressé de 0,5%, au troisième trimestre 2022, amputant la croissance économique de 0,1 point. Le déstockage des entreprises se serait poursuivi dans un contexte de renforcement des craintes de retournement à la baisse de la demande européenne.

Les dépenses d’investissement dans la construction auraient sensiblement reflué, pâtissant de l’essoufflement de l’activité immobilière et de la diminution des crédits destinés aux promoteurs immobiliers. L‘investissement en produits industriels se serait, pour sa part, amélioré, entraînant une progression des importations de biens d’équipement.

Les détails relatifs au 3e trimestre

Les activités hors agriculture se seraient accrues de 3,7% au troisième trimestre 2022, au lieu de +4,2% un trimestre auparavant.

Contribuant pour près de +2,8 points à la croissance globale du PIB, le secteur tertiaire aurait continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la bonne orientation du tourisme, du transport et des services non marchands.

En revanche, la contribution du secteur secondaire à la croissance économique globale aurait reflué à +0,1 point, au lieu de +0,4 point un trimestre auparavant.

L’activité agricole aurait continué de régresser au troisième trimestre 2022, affichant une baisse de 15,2%, en variation annuelle, au lieu d’une hausse de 16,6% au cours de la même période de l’année passée. Cette contre-performance, attribuable à une diminution de 18% des productions végétales, se serait accompagnée par une hausse quasi-générale des prix des cultures.

Les filières animales seraient restées également orientées à la baisse, après deux années de replis successifs. Elles auraient été particulièrement pénalisées par les effets de la sécheresse et par l’augmentation du coût de l’alimentation du bétail. Les prix de la viande se seraient accrus de 5 % et ceux de la volaille auraient poursuivi leur hausse, dans un contexte de diminution de 26,7% des quantités de viande traitées au niveau des abattoirs.

Compte tenu des estimations sectorielles et des données collectées jusqu’à fin septembre 2022, la croissance économique nationale se serait établie à +1,8% au troisième trimestre 2022, au lieu de +2% le trimestre précédent.

Perspectives pour le 4e trimestre 2022

Au quatrième trimestre 2022, le ralentissement de l’activité mondiale se poursuivrait, pour clore l’année avec une hausse limitée à 3% selon les dernières projections de l'OCDE, au lieu de +5,8% en 2021. La poursuite de la guerre en Ukraine continuerait de nourrir les tensions sur les prix des matières premières, alimentant la montée de l’inflation au niveau mondial. Les prix élevés du gaz et de l’électricité pousseraient les entreprises à modérer leur production, et les hausses des taux directeurs des banques centrales et l’anticipation des nouvelles hausses augmenteraient le coût de l’emprunt et contraindraient la demande. La diminution des délais d’approvisionnement ainsi que l’augmentation des stocks permettraient une atténuation des tensions dans les chaînes de production.

S’inscrivant dans la même trajectoire, la demande étrangère adressée au Maroc continuerait de se modérer, pour clôturer l’année avec une croissance prévue à +4%, au lieu de +9,6% une année auparavant. La contribution de la demande extérieure nette à la croissance resterait négative et amputerait la croissance d’un point au quatrième trimestre 2022.

En revanche, la demande intérieure maintiendrait son soutien à la croissance économique, portée par une consolidation des dépenses de consommation des administrations publiques. La progression de la consommation des ménages se poursuivrait au quatrième trimestre 2022 au rythme de +2,6%, dans un contexte marqué par une légère inflexion des prix à la consommation. En contrepartie, les dépenses d’investissement s’infléchiraient sensiblement, comparativement au troisième trimestre 2022. Les chefs d’entreprise se montreraient plus prudents face au resserrement des conditions financières et aux perspectives de retournement de la conjoncture internationale.

Dans ces conditions, la valeur ajoutée hors agriculture afficherait un accroissement de 3,3%, en glissement annuel. Elle serait particulièrement portée par les branches tertiaires, dont la contribution à la croissance économique globale s’élèverait à +2,6 points. Dans le secteur secondaire, le repli des activités minières s’atténuerait, et la croissance des activités industrielles se maintiendrait, favorisant une hausse de 0,7% de la valeur ajoutée des branches secondaires.

Dans l’ensemble et compte tenu d’une baisse de 15,8% de la valeur ajoutée agricole, l’activité économique afficherait une croissance de 1,4%, au quatrième trimestre 2022, en variation annuelle.

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