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Logement social. L'inflation met des chantiers à l'arrêt

Comme de nombreux secteurs, l'immobilier subit de plein fouet les effets de l'inflation. Selon des professionnels sondés par Médias24, des projets de logements sociaux sont à l'arrêt en raison de l'augmentation du prix de revient. Celui-ci atteint dans certains cas à 300.000 DH, pour un logement mis en vente à 250.000 DH.

Logement social. L'inflation met des chantiers à l'arrêt

Le 5 octobre 2022 à 18h08

Modifié 5 octobre 2022 à 18h08

Comme de nombreux secteurs, l'immobilier subit de plein fouet les effets de l'inflation. Selon des professionnels sondés par Médias24, des projets de logements sociaux sont à l'arrêt en raison de l'augmentation du prix de revient. Celui-ci atteint dans certains cas à 300.000 DH, pour un logement mis en vente à 250.000 DH.

Arrêté depuis 2020 et dans l’attente d’un nouveau programme dont les négociations sont en cours, le logement social fait les frais de l’inflation. L’augmentation des intrants pose problème aux promoteurs immobiliers qui “ne peuvent plus produire”. C’est ce que nous indiquent des professionnels contactés par nos soins.

Selon Adil Bouhaja, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), “cette inflation a fait beaucoup de dégâts pour les promoteurs dans tout le Maroc. Certains peinent à terminer leurs chantiers parce que les prix ont flambé et que certains produits sont devenus rares. Ceci va influencer le coût et augmenter le prix”.

“Les promoteurs qui subissent cette conséquence avaient déjà démarré leurs projets. Ils ne peuvent pas revenir en arrière et ne peuvent pas réviser les prix”, poursuit-il.

C’est ce que confirme un second opérateur qui requiert l’anonymat. Selon lui, “les promoteurs qui n’arrivent pas à s’en sortir sont ceux qui ont acheté les terrains à des prix élevés”. Ces derniers “veulent arrêter leurs projets et demandent à sortir de la convention”. La situation est particulièrement difficile, surtout que “des chantiers sont déjà à l’arrêt”, affirme-t-on de même source.

Celle-ci indique que le coût de revient, dans certains cas, atteint 300.000 DH alors que le prix de vente, bien connu de tous, est de 250.000 DH. D’où l’impossibilité, pour certains promoteurs, de poursuivre leurs chantiers.

Selon Adil Bouhaja, “cela fait une année que la problématique est discutée (avec le ministère de tutelle, ndlr). L’Etat est au courant mais les promoteurs ne peuvent plus attendre, car ils subissent directement les conséquences (de l’inflation, ndlr) qui se répercutent également sur leurs projets à venir".

Notre second interlocuteur estime, quant à lui, que “le véritable nœud du problème” réside dans “le foncier devenu trop cher” alors qu’“aucune disposition urbanistique n’est adaptée à cette problématique”.

“Les constats relatifs aux difficultés que rencontre le secteur, pourtant bien connus de tous, n’ont été abordés par la ministre de l’Habitat qu’après un an d’exercice”, déplore-t-il, en faisant référence à une présentation effectuée par Fatima Zahra El Mansouri le jeudi 29 septembre au Parlement.

“Nous connaissons déjà ces constats, auxquels s'ajoutent l’inflation galopante, la baisse du pouvoir d’achat et le renchérissement considérable des matériaux de construction. La question qui se pose désormais est de savoir ce que compte faire le ministère de tutelle”, interroge-t-il.

Nouveau programme de logement social : un compromis en octobre ?

Les difficultés actuelles ne présagent rien de bon pour le programme de logement social actuellement objet de discussions. Entre le ministère de l’Habitat et la FNPI, les négociations sont en cours. Une échéance était fixée à la fin du mois de septembre pour présenter un projet final au ministère des Finances. Les promoteurs, dont Adil Bouhaja, espèrent “finaliser les discussions au cours du mois d’octobre”.

D’autres, dont notre second interlocuteur, estiment que “le projet tel qu’il est présenté par le ministère n’est pas viable”. Il le qualifie de “boiteux” et signale qu'il est “rejeté par la majorité des promoteurs, professionnels du secteur”.

Pour lui, la proposition du ministère entraîne les promoteurs vers une vente à perte, puisque le prix de vente actuel d'un logement social est de 294.000 DH TTC. “C’est le prix fixé en 2010, mais depuis, le prix du foncier a doublé et les prix des matériaux de construction également.”

Ainsi, il estime qu’il est “impossible” que le prix de vente soit fixé, dans le cadre du nouveau programme de logement social, à 300.000 DH TTC. “Cela correspond à une augmentation de 6.000 DH du prix, alors que le total des impôts à payer s’élève à 50.000 DH.”

De son côté, la ministre de l’Habitat indiquait à Médias24, dans un précédent article, que les négociations avec les promoteurs immobiliers étaient avancées à hauteur de 80%, et que la porte restait ouverte pour définir un prix de vente acceptable pour les promoteurs qui seront chargés du programme du logement social.

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