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Stock de médicaments : les pharmaciens appellent à l'élaboration d'un contrat-programme

La constitution d'un stock stratégique national de médicaments relance le débat sur le stock de sécurité, exigé par la loi, et toujours pas respecté par plusieurs pharmacies, en raison de contraintes financières, logistiques et géographiques.

Stock de médicaments : les pharmaciens appellent à l'élaboration d'un contrat-programme

Le 16 septembre 2022 à 10h36

Modifié 16 septembre 2022 à 10h36

La constitution d'un stock stratégique national de médicaments relance le débat sur le stock de sécurité, exigé par la loi, et toujours pas respecté par plusieurs pharmacies, en raison de contraintes financières, logistiques et géographiques.

  • Les pharmaciens sont également concernés par la constitution du stock stratégique national de médicaments.
  • Ils ont déjà du mal à constituer un stock de sécurité, exigé par la loi 17-04.
  • Les délais de paiement et la péremption des médicaments sont leurs principales contraintes.
  • Ils appellent à l'élaboration d'un contrat programme avec l'ensemble des acteurs de la chaine du médicament.

C’est ce que nous confie un membre de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens au Maroc (FNSPM). Joint par nos soins, il nous explique manquer de visibilité quant à ce projet, d’autant que certaines pharmacies peinent à constituer un stock de sécurité, comme stipulé par la loi 17-04, portant code du médicament et de la pharmacie.

“Les pharmacies sont également concernées”

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a confirmé le 12 septembre dernier le lancement de la constitution du stock stratégique national des médicaments ; le but étant d’assurer l’approvisionnement en médicaments essentiels pour l’année 2023 et d’éviter d’éventuelles ruptures, notamment de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.

Ce communiqué fait suite à une circulaire adressée en août aux responsables du milieu hospitalier et aux cliniques privées.

Les pharmacies d’officine sont-elles évincées de ce projet ? “Nous sommes autant concernés que les pharmacies du milieu hospitalier”, nous indique notre source.

“Lorsqu’on a pris connaissance de cette circulaire, nous avons été surpris de voir que nous avions été exclus de ce chantier, qui nous concerne de près.”

“Nous avons ainsi contacté la Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP), qui nous a expliqué que les hôpitaux et cliniques privés avaient été consultés en premier, et que les officines allaient suivre.”

“Alors que le temps presse, la direction ne nous a, à ce jour, pas encore contactés à ce sujet, pour nous informer sur la manière dont nous allons nous préparer à la constitution de ce stock au niveau des officines.”

“On est à la veille de la rentrée parlementaire, et les choses peuvent évoluer rapidement dans le cadre du chantier relatif à la généralisation de la protection sociale. Nous devons ainsi être consultés dans les plus brefs délais.”

Délais de paiement et péremption des médicaments, principales contraintes

Les pharmaciens, qui peinent déjà à constituer leur stock de sécurité, auront du mal à participer à la constitution d’un stock stratégique national de plusieurs mois.

Rappelons-le, en vertu de l’article 84 de la loi 17-04, les établissements pharmaceutiques industriels et grossistes-répartiteurs sont tenus de détenir un stock de sécurité des médicaments qu’ils fabriquent, importent ou distribuent, pour assurer l’approvisionnement continu et régulier du marché national. Cette obligation, qualifiée de service public, est explicitée par les dispositions de l’arrêté n° 263-02 du ministre de la Santé, relatif aux stocks de sécurité des médicaments, aux termes desquelles les établissements pharmaceutiques industriels sont tenus de constituer un stock de sécurité qui doit, en quantité, être égal au quart du total des ventes de leurs spécialités pharmaceutiques au cours de l’année précédente.

D’après notre interlocuteur à la FNSPM, “les contraintes financières, logistiques et géographiques de certaines pharmacies, notamment en milieu rural, les empêchent de constituer ce stock de sécurité”.

“Ainsi, si le ministère envisage d’exiger un stock trimestriel par exemple, il doit alors mettre en place des mesures d’accompagnement au profit des pharmaciens, car nous ne disposons pas du capital nécessaire.”

Les délais de paiement représentent l’une des principales problématiques des professionnels du secteur. “Autrefois, nous avions un délai de trois à quatre mois, tandis qu’à présent, tout est payé au comptant. Si l’on suppose qu’on sera obligé de constituer un stock de trois mois par exemple, on ne pourra pas s’en sortir sans l’aide du ministère.”

“Nous sommes également confrontés à la péremption des médicaments, qui, pour certains, sont achetés très chers avec de très petites marges. Lorsque la date de péremption est dépassée, c’est de l’argent perdu. En l’absence de l’aide du ministère ou de l’Etat, nous ne pourrons donc pas nous aventurer à constituer un stock de médicaments d’une durée de trois mois par exemple, payé comptant, alors qu’il y a toujours un risque de péremption.”

“Un contrat-programme est nécessaire”

Pour ce faire, “nous appelons à l’élaboration d’un contrat-programme avec toutes les parties prenantes du secteur, notamment le ministère de la Santé, le gouvernement, les producteurs, les grossistes-distributeurs, ainsi que les caisses d’assurance”.

“Ce contrat-programme devra constituer une garantie pour les pharmaciens, notamment en cas de péremption. Il devra également exiger un cahier des charges, aussi bien aux producteurs qu’aux grossistes-distributeurs, qui devront disposer de leurs propres stocks de sécurité”, conclut notre interlocuteur.

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