CIH Bank : hausse des bénéfices au premier semestre et bon dynamisme attendu au second

| Le 16/9/2022 à 13:27
Le groupe a connu une hausse de sa marge nette d’intérêt et de ses bénéfices. Son président anticipe un meilleur dynamisme commercial durant le second semestre, malgré un contexte économique morose. Le niveau de provisions est suffisant pour faire face à une éventuelle hausse des créances en souffrance. L’exposition au secteur immobilier est maîtrisée, et la politique de distribution de dividendes devrait rester inchangée en 2022.

Le 15 septembre, le groupe bancaire CIH Bank a présenté ses indicateurs de performances et résultats consolidés au 30 juin 2022, en présence de son président Lotfi Sekkat, qui s’est prêté au jeu des questions-réponses.

Il est notamment revenu sur les performances du groupe au premier semestre et a évoqué les perspectives dans un contexte inflationniste et de pouvoir d’achat dégradé. Malgré la conjoncture morose, le président du CIH anticipe un second semestre plus dynamique que le premier.

Des indicateurs en bonne forme avec des bénéfices en hausse de 13%

Le directeur général adjoint de la Finance et des services à la clientèle, Younes Zoubir, est revenu sur les principaux indicateurs commerciaux du groupe à fin juin. Il a souligné la bonne tenue des dépôts clientèle, en hausse de 3,6% à 65,2 MMDH par rapport à fin 2021, principalement tirés par la hausse des dépôts à vue de 7,8%.

Les crédits à la clientèle consolidés affichent, quant à eux, une hausse de 9% par rapport à fin décembre 2021 à 81,1 MMDH. “On enregistre, notamment pour Sofac, une belle dynamique commerciale car les encours ont progressé de 14%, et de 12% pour Umnia Bank”, précise Younes Zoubir. Parallèlement, les encours hors immobilier du groupe progressent de 8,9% à 35,7 MMDH par rapport à fin 2021.

La marge nette d’intérêt consolidée du groupe affiche une hausse de 9,6% à 1 203 MDH et, in fine, le PNB consolidé de CIH Bank ressort en hausse de 8,2% par rapport à fin juin 2021 à 1.624 MDH. Le RNPG consolidé ressort en progression de 13% à 299 MDH. “Cela provient de la hausse de l’activité et également de la bonne maîtrise du coût du risque crédit en retrait de 5,1%”, précise-t-il.

Le taux de créances en souffrance affiche un retrait par rapport à la même période l’an dernier, passant de 6,48% à 5,8%. Une baisse que le groupe impute notamment à la reprise progressive de l’activité économique.

Mais la conjoncture cette année est maussade, et la guerre en Ukraine est venue apporter son lot d’incertitudes. Quels seront les impacts sur le second semestre ?

Un second semestre qui devrait être plus dynamique malgré le contexte

Lors des questions-réponses, Lotfi Sekkat a naturellement été interpellé sur la conjoncture maussade et la perte de pouvoir d’achat des ménages causée par la forte hausse de l’inflation.

Une situation qui, sur le papier, pourrait mettre à mal la dynamique de la banque. Mais le président du groupe s’est montré confiant, notamment sur la question des créances en souffrance et de leur hausse éventuelle. “CIH a commencé à effectuer des provisions prospectives. Nous les avons commencées fin 2019 car nous avions estimé que notre portefeuille avait une maturité. Nous sommes attentifs à ce qui se passe, et nous avons lancé des offres pour tenter d’accompagner nos clients dans les périodes difficiles, notamment avec des possibilités de report d’échéances. Il est difficile de prévoir comment cela va évoluer, mais j’estime que nous sommes armés pour faire face à cela.”

Le président est également revenu sur la profitabilité du groupe et la hausse du résultat net durant ce premier semestre. Il a insisté sur le fait que “le résultat est constitué de la progression de la croissance et de la réduction du coût du risque et des charges. Si l’on arrête de faire de la croissance, nous n’allons pas faire du bon crédit et allons rehausser le coût du risque, donc les deux sont nécessaires pour assurer une hausse du RNPG”. Lotfi Sekkat a assuré le maintien de la politique de distribution des dividendes. “Cette dernière a été constante durant les dix dernières années et elle n’a pas de raison de changer.”

Malgré la conjoncture morose et une révision de la croissance du PIB à la baisse (1% selon Bank Al-Maghrib, ndlr), il s’est dit confiant. “Je suis de nature optimiste, et il me semble que le S2 sera en amélioration par rapport au premier. Globalement, l’année 2022 n’est pas fameuse. Pour certains pays, on parle même de récession. Mais tout laisse à penser que nous sommes sur une trajectoire de reprise de la croissance, donc je pense que le second semestre sera intéressant.” Il a rappelé d’ailleurs que, sur le volet de la clientèle, les entreprises qui ne rencontraient pas de difficultés particulières avant le Covid, se portaient très bien, à l’exception de certains acteurs du tourisme.

Pas de craintes sur les expositions immobilières

Une sérénité affichée également en ce qui concerne l’immobilier, secteur dans lequel le groupe CIH est particulièrement exposé. La crise sanitaire et la guerre en Ukraine ont donc eu des effets limités. “Le secteur immobilier est important pour le pays, et nous sommes actifs sur ce secteur. Nous avons une part de marché qui dépasse largement la part de marché naturelle, mais c’est historique du fait de notre maîtrise du métier. Nous sommes aujourd’hui très sereins. Nous attendons ce qui va se passer sur le logement social. Nous avons une exposition qui est protégée, car le secteur est très varié et nos expositions sont de très bonne qualité.” Le président du groupe a souligné le fait que la normalité correspondait désormais à la crise.

Lotfi Sekkat s’est enfin exprimé au sujet des actifs hôteliers Sangho et Tivoli. “Avec la crise, ce n’était pas le bon moment de les céder, mais ces deux hôtels sont sur le marché. Nous avons complètement cessé l’activité de ces deux hôtels, et donc ce sera la dernière année que vous verrez les indicateurs d’activité les concernant. Ils deviendront des actifs libres de toute activité, ce qui est une bonne chose pour les céder.”

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