χ

Décès de Zakaria Mennouni en France : la famille demande une nouvelle autopsie au Maroc

Trois mois après le décès de Zakaria Mennouni, sa famille n’a toujours pas reçu le rapport de l’autopsie réalisée en France. Son avocat a adressé une demande au parquet marocain pour procéder à une nouvelle autopsie du défunt, enterré à Casablanca.

Décès de Zakaria Mennouni en France : la famille demande une nouvelle autopsie au Maroc

Le 15 juillet 2022 à 17h10

Modifié 15 juillet 2022 à 17h36

Trois mois après le décès de Zakaria Mennouni, sa famille n’a toujours pas reçu le rapport de l’autopsie réalisée en France. Son avocat a adressé une demande au parquet marocain pour procéder à une nouvelle autopsie du défunt, enterré à Casablanca.

Décédé à Blois le 22 avril dernier, après avoir succombé à ses blessures à la suite de coups de feu tirés par la police française, Zakaria Mennouni, un étudiant marocain de 26 ans en France, a été enterré à Casablanca.

Sa famille, toujours dans l’incompréhension quant aux circonstances de son décès, a mandaté Me Mourad Elajouti, avocat au barreau de Casablanca, pour activer une procédure au Maroc, où se trouve son corps. Joint par Médias24, l’avocat indique avoir déposé une demande mardi 12 juillet au procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca, visant à autopsier le corps du jeune homme.

« Dévastée », la famille du défunt veut des réponses, et surtout « obtenir justice » pour Zakaria Mennouni. Selon Me Elajouti, trois mois après son décès, ses parents n’ont toujours pas obtenu le rapport de l’autopsie réalisée en France.

La cause de la mort toujours inconnue

A la suite de son décès, les médias français avaient relayé le communiqué du procureur de Blois, en date du 26 avril 2022, qui fournissait des précisions sur les circonstances du drame. Néanmoins, la cause du décès n’a pas été déterminée.

Selon le procureur, la mort de Zakaria Mennouni est survenue suite à « un choc hémorragique en lien avec les lésions abdominales et cervicales (…) ; cependant, il n’est pas possible de distinguer parmi les deux premières séries de plaies, celles qui ont pu causer la mort », rapporte le quotidien régional La Nouvelle République.

Des analyses supplémentaires devaient donc être effectuées pour déterminer avec précision la cause de la mort. Or, selon Me Elajouti, « la famille n’a reçu aucun rapport depuis ».

L’avocat estime que le fait de « ne pas pouvoir déterminer la cause de la mort de Zakaria Mennouni, alors qu’il a reçu trois balles à l’estomac et une au thorax, est une mascarade ». Car si les déclarations du procureur de Blois, telles que rapportées par les médias français, indiquent que le défunt était armé d’un couteau avec lequel il s’est blessé lui-même avant de menacer les forces de l’ordre, Me Elajouti assure que « selon la famille de Zakaria, celui-ci ne portait aucune arme blanche ».

De plus, des suppositions quant à l’instabilité de son état psychologique au moment des faits ont été partagées dans la presse française, notamment à travers des déclarations imputées à des membres de la famille de Zakaria Mennouni. « Quand bien même son état psychologique était instable à ce moment-là, les tirs ne sont pas justifiés car il n’a commis aucune infraction. Au contraire, cela signifie qu’il avait besoin d’être secouru et qu’on lui vienne en aide », souligne Me Elajouti.

Une procédure au Maroc pour demander l’extradition des auteurs

Désormais, il convient d’attendre la réponse du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca, quant à la demande introduite par Me Elajouti visant à procéder à une nouvelle autopsie du corps de l’étudiant. « Lorsque l’autopsie sera effectuée, son rapport servira à ouvrir une enquête, à réclamer l’identité des policiers français et à déposer une plainte sur la base de l’article 710 du Code de procédure pénale. »

Par ailleurs, « une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre sur agents dépositaires de l’autorité publique », selon la presse française. Néanmoins, Me Elajouti indique que la famille Mennouni n’a pas été informée de l’ouverture d’une enquête à l’encontre des policiers.

« La famille a engagé une procédure en France en portant plainte contre X pour homicide volontaire. Cela dit, un rapport d’autopsie est nécessaire pour activer une enquête dans ce sens. D’où l’intérêt de cette procédure au Maroc, sachant que l’article 710 du code marocain de procédure pénale permet de poursuivre les auteurs de crimes de nationalité étrangère en dehors du territoire marocain lorsque la victime est marocaine. Et ce, via une commission rogatoire afin de demander l’extradition des auteurs du crime. » C’est ainsi que compte procéder la famille Mennouni, « puisque l’on ne lui rend pas justice en France », estime Me Elajouti.

« Nous n’avons pas d’autre solution ; nous avons l’impression que le fait de ne pas délivrer le rapport d’autopsie après trois mois d’attente est une tentative de protéger les policiers. Nous avons également l’impression que cette mort n’est pas prise au sérieux car le défunt n’est pas un citoyen français. S’il ne s’agissait pas d’un étranger, la réaction aurait été différente, notamment en raison de l’augmentation des bavures et violences policières en France durant ces dernières années », conclut l’avocat.

LIRE EGALEMENT : 

Incertitudes et interrogations autour de la mort d’un étudiant marocain en France, tué par la police

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

CIH BANK : Rapport financier annuel 2021

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.