Difficultés des villes nouvelles : les explications de F-Z Mansouri
Médias24 a interrogé la ministre de l’Habitat sur les premiers effets de son plan de relance. Réaliste, Fatima-Zahra Mansouri table en priorité sur la relance, d'ici 2027, de Tamansourt et de Charafat, grâce au développement de zones industrielles mitoyennes. Les villes nouvelles de Tamesna et Khyayta suivront.
S'exprimant sur les difficultés rencontrées par les quatre villes nouvelles (Tamesna, Tamansourt, Khyayta, Charafat), lors de la séance hebdomadaire des questions orales au Parlement, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a révélé qu’elle travaillait sur un nouveau plan de relance de la ville de Tamansourt proche de Marrakech.
"125.000 habitants et 100 équipements publics manquent à Tamansourt"
Désireux d’en savoir davantage sur la mise à niveau de cette localité qualifiée de « ville-fantôme manquant d’habitants et de la plupart des services publics », Médias24 a contacté Fatima-Zahra Mansouri qui n'a pas hésité à pointer les lacunes dont souffre en particulier la nouvelle ville de Tamansourt.
« S’il est vrai que Tamansourt lancée en 2004 n’accueille que 75.000 habitants contre les 200.000 prévus, et que seuls 160 équipements publics étendus sur 160 hectares ont été réalisés sur un objectif de 260, nous avons quand même pu construire 36.000 logements sur les 40.000 projetés », a résumé la ministre.
"Trois villes nouvelles souffrent de l'absence d'une zone industrielle"
Interrogée sur la raison de ces lacunes, Fatima-Zahra Mansouri a expliqué que si « le programme des nouvelles villes était une bonne idée, la réussite d’une ville ne se décrète pas, car elle est liée à la proximité géographique d’un foyer économique ». Elle cite le cas de Charafat, proche de la zone industrielle de Tanger.
Quant à Tamansourt, Tamesna, Khyayta, elles continuent de pâtir de l'absence d'un noyau économique à proximité. La ministre nous a toutefois annoncé que le président de la région de Marrakech allait lancer sous peu une grande zone industrielle proche de Tamansourt. Le foncier a été acquis et les études de faisabilité sont d’ores et déjà achevées.
"Renforcer le dynamisme économique de Tamansourt"
Pour encourager les étudiants à s’installer dans cette ville, une partie de l’université de Marrakech sera délocalisée à Tamansourt, la construction d’une bretelle d’accès routier entre les villes voisines est à l’étude et, enfin, un moyen de transport (bus BHNS) devra être lancé pour fluidifier le trafic interurbain.
Ces initiatives seront financées par la commune, le conseil de la région, les ministères de l’Intérieur, de l’Equipement et de l’eau, de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et, enfin, par le département de Fatima-Zahra Mansouri qui sera partenaire de tous ces projets.
"Développer l'attractivité de la banlieue de Marrakech d’ici 2027"
Concernant la durée nécessaire pour régler tous les problèmes actuels de Tamansourt, la ministre a déclaré qu’une nouvelle ville demandait des décennies avant d’être vraiment opérationnelle. Le plus important, selon Fatima-Zahra Mansouri, n'est pas de construire de nouveaux logements, mais de développer l’attractivité entre la « banlieue que va devenir la nouvelle ville de Tamansourt et le cœur de ville de Marrakech ».
L’objectif est de créer une dynamique pour que les gens aient de bonnes raisons d’étudier, de travailler et d'habiter dans cette nouvelle localité d'ici cinq années.
"Le plan de relance concerne un total de 4.000 hectares"
Questionnée sur ses priorités pour rendre opérationnelles les trois autres localités du programme « villes nouvelles », Mansouri nous a appris que le « récent plan de relance lancé à Tamesna pour bénéficier d’un raccordement routier avec la capitale commence à changer les choses ». Quant à Charafat, elle commence enfin à progresser en termes d’emplois grâce aux unités industrielles de Tanger qui sollicitent de plus en plus les habitants de cette nouvelle ville.
La nouvelle ville de Khyayta, située à proximité de Casablanca, nécessite également une mise à niveau des équipements publics et des terrains fonciers qui doivent être apurés par les nombreux ayants droit.
En ce qui concerne le budget mobilisé pour mener à bien le plan de relance des quatre villes nouvelles dont elle a la charge, la ministre préfère temporiser au regard de la multitude des partenaires engagés dans « cette ambitieuse opération de mise à niveau d’un foncier public qui représente 4.000 hectares au total, et qui doit trouver des solutions et non devenir un problème aux abords des grandes villes existantes… »
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