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Deux Chinois ouïghours condamnés à mort pour l'attentat le plus meurtrier de Thaïlande

Deux Chinois ouïghours condamnés à mort pour l'attentat le plus meurtrier de Thaïlande
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Le 11 juin 2026 à 7h23

Deux Chinois ouïghours ont été condamnés à mort jeudi pour avoir mené l'attentat le plus meurtrier de l'histoire de la Thaïlande, dans lequel 20 personnes avaient été tuées en 2015 sur un site religieux de Bangkok.

Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed ont été désignés coupables d'avoir placé des explosifs dans le sanctuaire hindou d'Erawan, situé au coeur du quartier commercial de la capitale thaïlandaise.

La charge, apparemment placée dans un sac à dos, avait ravagé la cour du site, où fidèles et touristes étaient rassemblés le 17 août 2015.

Plusieurs touristes chinois avaient été tués. L'explosion avait également fait plus de 100 blessés, au milieu de fragments de scooters et de débris calcinés.

"Les deux hommes ont commis un crime portant atteinte à la sécurité et à la sûreté publiques de la Thaïlande", a déclaré l'un des quatre juges d'un tribunal de Bangkok.

Il a affirmé lors de la longue lecture du verdict, très attendu, qu'il existait "suffisamment de preuves pour conclure que les accusés avaient commis une tentative de meurtre et un meurtre avec préméditation".

Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed, qui niaient les faits, comptent faire appel de la décision, selon leur avocat. "Je n'ai rien fait de mal", s'est écrié le premier, en pleurs, à l'énoncé du verdict.

Les deux hommes ont en revanche été acquittés pour une seconde explosion survenue dans le même temps dans un autre quartier de la capitale, sans faire de victimes.

- Procédure retardée -

En cours depuis une décennie, le procès a été longuement retardé en raison de la pandémie de Covid et de difficultés à trouver des traducteurs.

L'attentat avait eu lieu quelques semaines après que la junte alors au pouvoir en Thaïlande avait renvoyé de force 109 Ouïghours en Chine, où cette minorité musulmane fait face à une répression culturelle et religieuse, selon des organisations de défense des droits humains.

Cela laissait penser à un acte de vengeance contre un pays qui avait été un point de transit clé pour les Ouïghours, alors que les dirigeants militaires thaïlandais se rapprochaient de Pékin.

La police avait rapidement désigné 17 suspects, mais seuls Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed ont été arrêtés après l'attentat.

Les autorités de la junte avaient été critiquées pour une enquête jugée opaque, qui a semblé s'essouffler peu après l'arrestation des deux Chinois.

Leur procès s'est ensuite ouvert en 2016, mais la procédure, comprenant des centaines de témoignages, a été retardée à plusieurs reprises, notamment parce que leur traducteur a été inculpé dans une affaire de drogue.

En 2017, une Thaïlandaise, Wanna Suansan, a ensuite été arrêtée en lien avec l'attentat après la découverte d'un arsenal de fabrication d'explosif dans un appartement qu'elle a dit sous-louer à des connaissances. Inculpée pour tentative de meurtre, possession de bombes et d'armes, elle a été acquittée en 2024.

Les Ouïghours, une minorité turcophone, sont originaires de la province la plus occidentale de la Chine, le Xinjiang.

Pékin est accusé de violations massives des droits humains dans la région, notamment l'internement d'environ un million d'Ouïghours et d'autres minorités musulmanes. Des accusations rejetées par les autorités chinoises.

La Thaïlande a expulsé des dizaines d'Ouïghours vers la Chine en février 2025, malgré les avertissements d'organisations de défense des droits humains selon lesquelles ils risquaient d'être persécutés à leur retour, suscitant une condamnation des Nations unies.

Le sanctuaire d'Erawan reste un lieu très fréquenté par les touristes, notamment chinois, mais aucun de ceux interrogés par l'AFP avant le verdict n'a dit connaître l'affaire.

"C'est un endroit agréable pour venir prier", a simplement commenté, avant de s'éloigner, un Chinois affirmant s'y rendre "chaque année".

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Le 11 juin 2026 à 7h23

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