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General Tire : vingt ans après la faillite, les dirigeants mis hors de cause

Deux décennies après la mise en liquidation de General Tire Maroc, le tribunal de commerce a rejeté la demande d'extension au patrimoine de ses dirigeants.

General Tire : vingt ans après la faillite, les dirigeants mis hors de cause

Le 16 juin 2022 à 10h48

Modifié 16 juin 2022 à 10h48

Deux décennies après la mise en liquidation de General Tire Maroc, le tribunal de commerce a rejeté la demande d'extension au patrimoine de ses dirigeants.

La liquidation de General Tire Maroc ne sera pas étendue à ses dirigeants. Le tribunal de commerce de Casablanca a rendu cette décision par un jugement daté du 13 juin 2022. Elle survient vingt-deux ans après l’arrêt d’activité de l’ancienne filiale du groupe allemand Continental.

L’extension de la liquidation est une sanction patrimoniale. Elle frappe les dirigeants contre lesquels on relève des fautes de gestion ayant provoqué les difficultés d’une entreprise. Dans le cas de General Tire, cette sanction avait été demandée par le syndic chargé de la procédure, qui n’a pas convaincu le tribunal.

Pour l’heure, nous ne connaissons pas les motifs du rejet. Contactées par nos soins, des sources proches de l’affaire n’en disent pas davantage en attendant la consultation du jugement. Sur le site Mahakim.ma, les références du dossier suggèrent qu’il a été ouvert en avril 2019. Une source judiciaire indique que la procédure est largement antérieure à cette date.

En réalité, la demande a été initiée « il y a huit ou neuf ans » par le premier syndic de General Tire Maroc, Ahmed Khardal. Nommé en 2001 à la suite de la mise en redressement de l’entreprise, il a été reconduit un an plus tard après la conversion de la procédure en liquidation judiciaire (30 septembre 2002). Il a géré le dossier jusqu’en 2014. Depuis, il a été remplacé par Mohamed Abbadi, lui-même remplacé par Ibtissame Harrar qui a hérité du dossier d’extension.

Un dossier délicat. La demande du syndic avait ratissé large. Elle visait tous les organes de gestion, d’administration et de direction de l’ex-fabricant de pneumatiques. On y retrouve les représentants d’institutionnels comme la CIMR, CNIA (ex-Saham), Akwa Holding, Interfina, Al Amane (ex-Axa Assurance Maroc)…

Le tribunal avait chargé trois experts (Rachid Sebti, Touhami Laghrissi et Mohammed Adrieb) de dresser un rapport. Lequel ne se cantonnait pas à la question de savoir si oui ou non il y avait faute de gestion. « Le juge nous a fixé 28 points à vérifier. L’une de nos missions consistait à vérifier si des banques créancières de General Tire Maroc ont recouvré de l’argent durant la période suspecte », nous indique un des experts, sans dévoiler les conclusions de son travail qui « a duré des années ».

Pour une entreprise en difficulté, la période suspecte s’étend entre la cessation de paiement et sa mise en liquidation ou redressement. Les paiements effectués durant cette période peuvent être interprétés comme une manière de favoriser un créancier au détriment des autres. Auquel cas le juge peut les annuler a posteriori.

Dans le cas de General Tire Maroc, la cessation de paiement remonte au 20 novembre 2000. Elle a été placée en liquidation le 30 septembre 2002, basculant dans l’irrémédiable près d’un demi-siècle après sa création.

Fondée en 1958 par General Tire Usa (53%) et l’Etat marocain (Trésor 22% et SNI 20%), elle devait alimenter en pneumatiques tout le Maghreb. Vingt ans plus tard, le groupe allemand Continental rachète General Tire USA et acquiert par ricochet les actions de la filiale marocaine. Vers 1993, l’Etat entame le processus de privatisation, marqué par l’entrée d’institutionnels marocains dans le tour de table (Interfina, CIMR, Al Amane, Akwa, etc.).

A fin octobre 1994, General Tire Maroc comptait un effectif global de 700 personnes. Désengagement du nouvel acquéreur, perte du monopole après la libéralisation du marché, concurrence agressive, tensions sociales au sein de l’entreprise… La conjonction de plusieurs éléments ont conduit l’entreprise à fermer boutique à l’aube du 21e siècle. L’histoire classique d’une autre privatisation ratée.

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