Tournages étrangers : un chiffre d’affaires qui va tripler d’ici 2024
Quatre mois après la réouverture des frontières, le chiffre d’affaires généré par les tournages étrangers en 2022 croît si vite qu’il devrait, selon le directeur général par intérim du CCM, dépasser celui de l’année pré-Covid 2019. Sans compter une récente disposition fiscale qui permettrait de passer d’un CA de 900 millions de dirhams en 2022 à 3 milliards de dirhams dès fin 2024.
« Après un chiffre d’affaires très positif de 800 millions de dirhams en 2019, des recettes en forte baisse à 215 MDH en 2020 et à 450 MDH en 2021 à cause de la crise sanitaire, le secteur réalisera à la fin 2022 une hausse d’au-moins 100 MDH par rapport à l’année pré-Covid », nous apprend le directeur général par intérim du Centre cinématographique marocain (CCM).
Les cinq premiers mois de 2022 ont déjà généré 75% des recettes totales de 2019
Visiblement ravi du niveau de reprise, Khalid Saidi nous révèle en effet que les cinq premiers mois de l’année ont généré environ 500 MDH d’investissements étrangers au Maroc, « soit déjà plus que 2021, et 75% du meilleur chiffre d’affaires des tournages étrangers du CCM qui était de 800 MDH en 2019 ».
Hormis la forte reprise en cours du secteur, notre interlocuteur explique la hausse actuelle du chiffre d’affaires des tournages étrangers par la récente modification du système d’incitation financière, passé depuis le 28 mars dernier d’un taux de soutien de 20% à 30% à la production étrangère.
« Des incitations récentes qui vont booster les investissements étrangers »
En plus de cette mesure incitative qui devrait attirer davantage de maisons de production européennes et américaines, Saidi ajoute qu’une autre disposition financière vient de supprimer le plafond de soutien qui était auparavant limité à 18 millions de dirhams, soit l’équivalent de 2 millions de dollars.
Optimiste, Saidi avance qu’en supprimant ce plafond, les partenaires internationaux du CCM vont revoir leur modèle et, par conséquent, délocaliser leurs productions cinématographiques vers le Maroc qui, en plus d’avantages financiers, est une terre de tournages depuis l’invention du cinéma.
Citant l’exemple du film Indiana Jones dont le tournage avait envisagé 250 MDH alors que le soutien de l’Etat s'était limité à 18 MDH, le directeur général par intérim affirme qu'à l'avenir, la suppression du plafond de soutien attirera davantage d’investisseurs, qui optent pour un lieu de tournage en fonction des aides offertes.
« Netflix commence à tourner au Maroc »
Sur l’impact de ces mesures, Saidi cite la conclusion récente d’un accord pour tourner Lonely Planet. Un long métrage qui sera produit par le réseau câblé Netflix, qui fait ainsi son arrivée au Maroc comme producteur de longs-métrages et séries télévisées.
Fruit direct des incitations fiscales et financières mises en place récemment par la nouvelle réglementation marocaine, Lonely Planet a déjà mobilisé 9 millions de dollars, soit 90 millions de dirhams, sans compter la série Freelancer (50 MDH) et un long-métrage Captain India (60 MDH).
Ces nouvelles dispositions annoncées pendant le festival de Cannes auraient d’ailleurs, selon Saidi, permis de faire évoluer très sensiblement les montants des investissements étrangers des séries télévisées. Ceux-ci seraient passés de 20 à 60 MDH, voire à 100 millions de dirhams, soit cinq fois plus.
Bien qu'il préfère laisser les investisseurs étrangers (Netflix, grands studios américains…) annoncer eux-mêmes leur arrivée au Maroc, ainsi que les titres de leurs productions, Saidi nous confirme que « plusieurs grands projets de tournage, qui sont dans le pipe, seront révélés dans les prochains jours ».
« 3 milliards de chiffre d’affaires espérés à la fin de 2024 »
Un niveau de reprise tellement important qu’il permet, selon notre interlocuteur, d’espérer atteindre à court terme un chiffre d’affaires national égal à au moins 1% du marché international de la production étrangère, estimé à 30 milliards de dollars ; soit 300 millions de dollars ou 3 milliards de dirhams.
En conclusion, Saidi pense que cet objectif volontariste des pouvoirs publics qui ont mis tous les moyens nécessaires pour ne pas rester dans une croissance organique, sera atteint au plus tard à la fin de l’année 2024. D’ici là, il compte bien dépasser le chiffre d’affaires de 2019 dès la fin de 2022 !
à lire aussi
Article : En sept mois de 5G, IAM avance des résultats très probants
Lancée en novembre 2025, la 5G produit ses premiers effets mesurables chez Maroc Telecom. Les résultats semestriels de l'opérateur font état d'une consommation de data mobile en hausse et de nouveaux usages qui s'installent, chez les particuliers comme dans les entreprises.
Article : L'État devient le premier client du secteur bancaire
En quelques années, l'État et sa sphère élargie sont devenus le premier client des banques marocaines, par les bons du Trésor mais aussi par une série d'autres mécanismes de mieux en mieux rodés. Bank Al-Maghrib reconnaît un effet d'éviction, tout en le jugeant modéré. Mais son calcul repose sur un périmètre étroit.
Article : Tournée du RNI dans le Sud : trois meetings en un jour et une riposte au PAM signée Akhannouch
Aziz Akhannouch a clairement repris la main dans la campagne électorale du RNI en prévision des législatives de septembre. À Tan Tan, Laayoune et Dakhla, il défend la présence du parti dans des régions à fort enjeu politique et pas seulement électoral.
Article : Législatives 2026 : lecture de la première annonce des têtes de liste de l’Istiqlal
À moins de deux mois des élections législatives du 23 septembre, le Parti de l'Istiqlal a dévoilé une première vague de ses têtes de liste locales. Cette sélection, qui couvre une grande partie du territoire, traduit un équilibre entre continuité et renouvellement : le parti reconduit plusieurs figures expérimentées tout en faisant émerger de nouveaux profils.
Article : Rapport Banque Mondiale: des fragilités bien réelles sous les bons chiffres
La croissance a atteint 4,9% en 2025 et le pays est passé en catégorie investissement. Le rapport de la Banque mondiale dresse toutefois un tableau plus nuancé : un marché du travail que la refonte statistique du HCP montre bien plus fragile qu'on ne le pensait et une transformation numérique inachevée.
Article : PAM : 90 têtes de liste et une inconnue nommée Lekjaâ (liste)
Réuni le samedi 25 juillet à Salé, le conseil national du PAM a dévoilé ses têtes de liste dans 90 des 92 circonscriptions locales. Mais c'est une case restée vide qui a focalisé l'attention : celle de Berkane, où se présenterait Fouzi Lekjaâ, entré au bureau politique du parti sans que personne ne sache encore quel rôle il compte y jouer. Derrière ce ralliement et celui de Yanja Khattat, une liste qui confirme les ambitions du parti..