Hausse des transferts d’argent dans la région MENA : la lecture de la Banque mondiale
Les envois de fonds provenant des migrants vers leur pays d’origine devraient augmenter de 4,2% et s’élever à 630 milliards de dollars en 2022 au niveau international, selon les prévisions de la Banque mondiale. Elle s’attend à un ralentissement de la croissance des remises migratoires vers la région MENA.
Cette hausse prévisionnelle en 2022 fait suite à la reprise presque record des flux de transferts en 2021, à hauteur de 8,6%, selon la dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement. D’après la même source, les pays d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient bénéficieront de cette tendance, enclenchée depuis 2021.
Les remises migratoires (c’est-à-dire les envois de devises) vers la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) ont augmenté de 7,6% en 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars. Une croissance très marquée par la hausse record de 40% des transferts vers le Maroc et de 6,4% vers l’Egypte.
Une progression tirée par la croissance économique dans l’UE et les migrations de transit
"Cette progression des remises migratoires dans la région MENA s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Egypte, le Maroc et la Tunisie", souligne la Banque mondiale.
L’Egypte accapare 51% du total des envois de la région MENA en 2021 (32 milliards de dollars) ; ce pays ayant des liens plus importants que ceux du Maghreb avec les pays du Golfe (GCC) et d’autres pays arabes. "Les flux de transferts de fonds vers l’Egypte sont d’une importance cruciale pour compenser les déficits persistants des comptes extérieurs et budgétaires", relève l’institution bancaire internationale.
Le dynamisme des transferts d’argent au Maroc se poursuit
Glanant la 2e position dans la région MENA, le Maroc enregistre des transferts de 10,4 milliards de dollars. Le pays "a connu une forte croissance du PIB en 2021 (7,4%). Les indicateurs en ce début d’année 2022 suggèrent que le dynamisme des recettes se poursuit", précise-t-on de même source.
Souvent considéré comme un pays de départ pour les Marocains, les réfugiés et les migrants en transit, le Maroc a connu une évolution des circonstances qui ont engendré une hausse du nombre de personnes se déplaçant vers le Royaume en tant que pays de destination, via la migration saisonnière. La Banque mondiale rappelle qu’en 2014, le Maroc a adopté sa première stratégie nationale pour l’immigration et l’asile, reconnaissant les droits des personnes "en mouvement".
La hausse du nombre de migrants considérant le Maroc comme un pays de destination est principalement tirée par les migrants de transit. Ces derniers considèrent le Royaume comme un objectif "secondaire", après avoir échoué plusieurs fois à pénétrer en Europe.
"Le profil actuel de ces migrants de transit est un jeune homme célibataire d’Afrique de l’Ouest ou centrale, du Sénégal, de la Guinée, de la République démocratique du Congo, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire", illustre la même source.
En parallèle, "les principaux pays de destination des migrants via le Maroc, soit la France, l’Espagne et l’Italie (qui concentrent 70% des flux entrants), ont contribué à réduire les coûts des envois de fonds durant ces dernières années. Mais avec une moyenne de 5,9% entre les pays d’origine, le coût reste bien au-dessus de la cible de 3% des Objectifs de développement durable", tempère la Banque mondiale au sujet du Maroc.
Un ralentissement des transferts en 2022 dans la région MENA
Concernant les pays de la région MENA, les envois de fonds des migrants constituent depuis longtemps la principale source de ressources extérieures (61% en 2021), devant l’aide publique au développement, l’investissement direct étranger (IDE) et les flux de placement et d’endettement.
"Le coût d’envoi de 200 dollars vers la région a diminué au quatrième trimestre 2021 à 6,4%, contre 6,6% un an auparavant", lit-on dans le rapport.
En 2022, "on s’attend à un ralentissement de la croissance des remises migratoires vers la région, qui devraient s’établir à 6%", fait enfin savoir la Banque mondiale.
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