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« Tazota », des constructions en pierres sèches à Doukkala converties en espace touristique attractif

Doukkala se distingue par un ensemble de constructions en pierres sèches appelées "Tazota", historiquement utilisées comme des logements ou espaces de stockage, avant de se transformer au fil des années en espaces touristiques très prisés.

Ph. MAP

« Tazota », des constructions en pierres sèches à Doukkala converties en espace touristique attractif

Le 25 avril 2022 à 10h35

Modifié 25 avril 2022 à 13h09

Doukkala se distingue par un ensemble de constructions en pierres sèches appelées "Tazota", historiquement utilisées comme des logements ou espaces de stockage, avant de se transformer au fil des années en espaces touristiques très prisés.

D’une singularité architecturale remarquable, dotées de fonctionnalités diverses, ces constructions propres à la région se situent dans les communes d’Ouled Rahmoune et de Chaibate, sur la route d’Oulad Frej à l’est de la ville d’El Jadida et au sud de la ville, dans la commune d’Oulad Issa.

La Tazota fait référence à une construction très ancienne, dictée par les conditions de vie et la disponibilité des matières premières (pierres sèches) dans la région, explique Ahmed Hakkar, le propriétaire du site Tazota situé dans la commune rurale de Chaibate.

Initialement destinées à l’habitation, elles se sont, petit à petit, transformées en espaces de stockage de produits alimentaires, de fourrage et d’élevage de bétail, souligne-t-il dans une déclaration à la MAP.

Ce type de construction nécessitait une expertise et un savoir-faire particuliers, car « il ne reposait que sur des pierres sèches et se distinguait par des caractéristiques géométriques uniques ».

Les Tazota sont construites de façon circulaire, leurs murs étant inclinés vers l’extérieur afin de garantir la sécurité de ses exploitants. Cette méthode ingénieuse « fait qu’en cas d’effondrement, les pierres tomberont successivement vers l’extérieur », explique-t-il.

Patrimoine culturel local singulier

Reposant sur un savoir-faire millénaire, ces constructions se trouvent uniquement à Doukkala au Maroc, au Portugal, en Sicile et en Grèce, fait-il savoir.

Les habitations de Tazota se composent habituellement de deux étages et disposent d’une profondeur d’environ deux mètres au-dessus du sol et de deux mètres de hauteur, ce qui procure un climat tiède en hiver et une fraîcheur en été.

De son côté, Ahmed Erraji raconte que son père possédait trois Tazota, qui lui servaient de logements. Il les utilise actuellement pour l’élevage des moutons et le stockage du fourrage.

« La plupart de ces bâtiments du douar d’Ouled Salem, situé dans la commune de Chaibate, courent un risque d’effondrement », prévient-il, notant que « Ba Ahmed », le dernier « Maallem » spécialiste de la construction et de la restauration de ces édifices, est décédé depuis une dizaine d’années.

Dans ce sens, Malika Mtalbi, qui se charge de la gestion d’une Tazota convertie en gite touristique, affirme que le projet, malgré sa simplicité, a su créer un rayonnement touristique à l’international et qu’il attire les étrangers été comme hiver.

« Les touristes étrangers en visite au complexe touristique « Mazagan » profitent de l’occasion pour passer une nuit ou deux à Tazota », se réjouit-elle.

Elle souligne, en outre, que le projet a pu créer des opportunités d’emplois locaux permanents. Une bonne vingtaine de filles et de femmes travaillent avec elle dans la préparation du couscous, « Trid », « msemen » et autres plats traditionnels demandés par les clients du site touristique.

Pour sa part, Najwa Moundib, ingénieur au Conseil communal d’El Jadida, dont la famille possède une Tazota dans la commune d’Oulad Issa, a mis en avant l’importance de ces constructions et la singularité de leur architecture, soulignant la nécessité de les préserver de la destruction ; d’autant qu’elles sont considérées comme un patrimoine culturel local singulier.

Dans ce sens, Najwa Moundib a mis l’accent sur la dimension culturelle des Tazota, qui en fait plus qu’une simple formation de pierres nues, soulignant la nécessité de préserver ces édifices en vue de développer le tourisme vert et de soutenir des projets visant à promouvoir l’écotourisme.

Elle a par ailleurs appelé la Direction régionale de la culture à accorder davantage d’attention à ce type de construction en voie de disparition.

(Ph. MAP)

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