Casablanca-Settat : les principales bases du futur plan de développement régional
Le plan de développement régional devra se baser sur les orientations du schéma régional d’aménagement du territoire, qui sera finalisé en avril prochain. Il devra être réalisé en l’espace de neuf mois pour donner lieu à un contrat-programme avec l’État.
La région Casablanca-Settat donne le coup d’envoi pour l’élaboration du nouveau plan de développement régional (PDR) pour la période 2022-2027. Le conseil régional a en effet tenu, mercredi 9 février, une réunion d’information et de concertation conduite par son président, Abdellatif Maâzouz, en présence du wali de la région, Saïd Ahmidouch.
Pour rappel, le conseil régional est tenu, par la loi organique 111.14 relative aux régions, de préparer un PDR pendant la première année de son mandat. Cette réunion est la première étape d’un processus de concertation avec les parties prenantes pour sa préparation.
A cette occasion, Saïd Ahmidouch a appelé à apprendre des expériences du passé, notamment du dernier PDR préparé par le conseil régional précédent qui, en grande partie, n’a pas été réalisé. Il a également rappelé une circulaire du ministère de l’Intérieur datant du 18 janvier 2022, qui exige d’accélérer la réalisation des schéma régionaux d’aménagement du territoire (SRAT) pour les régions qui ne l’ont pas encore finalisé, dont la région Casablanca-Settat fait partie.
Abdellatif Maâzouz, pour sa part, a considéré que l’ancien PDR, qui était estimé à 115 milliards de dirhams, a pêché par excès d’ambition. Par conséquent, il veut que le nouveau PDR soit plus réaliste, rappelant qu’il doit servir un vrai programme, avec des objectifs atteignables et mesurables dans le temps. "S’il y a bien une leçon à tirer de l’expérience précédente, c’est que l’on doit avoir un PDR réaliste et réalisable avec les moyens humains et financiers dont nous disposons", a-t-il déclaré.
Le SRAT comme point de départ pour le nouveau PDR
Abdellatif Maâzouz a exprimé le souhait de voir le nouveau SRAT sortir en avril 2022, afin qu’il puisse servir de base pour la préparation du nouveau PDR. Maâzouz a tout de même donné les principales orientations qui en ressortent.
Ainsi, le SRAT découpe la région géographiquement en 5 zones de projets :
- La zone de croissance : autour de la métropole de Casablanca (en rouge dans la diapo ci-dessous), où la priorité sera donnée aux métiers des services urbains, de la finance, de la recherche, du commerce international et de la logistique.
- La zone de développement touristique et d’ouverture à l’international : sur le littoral au sud-ouest de Casablanca (autour d’El Jadida, en bleu), où la priorité sera réservée aux métiers du tourisme balnéaire, des activités portuaires, de l’export des minerais et de la pêche maritime.
- La zone de l’industrie agro-alimentaire : au sud de Casablanca, autour de Settat (en vert clair), où la priorité sera donnée aux projets portant sur l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et l’artisanat.
- La zone de développement durable : autour de Benslimane (en vert foncé), considérée comme le poumon vert de la région. Seront priorisés les projets portant sur le tourisme écologique, la santé, l’agriculture bio, le renforcement de la diversité biologique, les industries propres, le sport, le divertissement et la relaxation.
- La zone de développement humain et de valorisation des produits du terroir : au sud-est de la région (en rose), où la priorité sera consacrée aux projets portant sur le développement humain, l’agriculture, les produits du terroir et les produits bio.
Un deuxième volet de ce SRAT repose sur le développement de deux corridors économiques. Le premier, appelé corridor international, passe le long du littoral, alors que le deuxième, appelé corridor national, part de Aïn Harrouda vers Berrechid, et au-delà le long des routes nationales n°9 et n°11, par Tit Mellil, Mediouna, Deroua et Nouaceur.
Abdellatif Maâzouz a expliqué à Médias24 comment les zones de projets s’articuleront sur ces deux corridors principaux : "Le premier longe le littoral, parce que la perception du développement autour du littoral est différente de celle au niveau continental. Il aura une dimension essentiellement internationale, basée sur les ports, les aéroports et toutes les infrastructures existantes. Le deuxième aura une vocation plus régionale et nationale, avec un grand focus sur le développement humain."


9 mois pour réaliser le nouveau PDR
L’agenda présenté par le président de la région prévoit 9 mois pour préparer ce PDR, à compter de la désignation du bureau d’étude adjudicataire de l’appel d’offres, dont le nom sera connu le 24 février prochain.
Ainsi, le bureau d’études devra commencer par réaliser simultanément une évaluation du bilan du PDR précédent (2016-2021) et une mise à jour du diagnostic territorial de la région. Il sera ensuite question de mettre à jour la vision stratégique de la région et de l’élaboration des projets de développement régional.
Le bureau d’études devra notamment réaliser des benchmarks et consulter les différentes parties prenantes dans la région, afin de préparer ce PDR selon une approche participative. Le but de cette rencontre était justement de mobiliser toutes ces parties prenantes afin qu’elles coopèrent et qu’elles facilitent cette tâche, notamment en ce qui concerne le recueil de l’information.
Le processus devra se conclure par la signature des conventions et des contrats, dont le contrat-programme avec l’État. Ce dernier devra être conçu sur la base de ce nouveau PDR, a précisé à Médias24 Abdellatif Maâzouz.
Lors de cette rencontre, le président de la région a également annoncé la nomination de Khalid Zerhouni en tant que nouveau directeur des services au niveau du conseil régional.
Ci-dessous, la présentation de Abdellatif Maâzouz.
À découvrir
à lire aussi

Article : Gaz marocain : pourquoi Sound Energy quitte Tendrara au moment où le projet démarre enfin
Endettée et incapable de financer la phase II, la compagnie britannique cède ses dernières parts à Mana Energy alors que la production commerciale est attendue au T3 2026. Pour le Maroc, ce retrait pourrait accélérer le développement d’un projet stratégique pour la production locale de gaz et l’alimentation électrique via le Gazoduc Maghreb-Europe.

Article : WAFIRA II : 3.000 travailleurs marocains attendus en Espagne et en France d’ici 2028
Financé à 95% par l’Union européenne, ce programme de migration circulaire cible notamment l’agriculture et le transport routier, avec un accompagnement des bénéficiaires avant leur départ et à leur retour, ainsi qu’un volet dédié à l’entrepreneuriat.

Article : Ponts de l'Aïd : l'économie marocaine y laisse quelques milliards, selon nos estimations
Les deux journées de congé exceptionnel accordées en 2026 à l’occasion de Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha pourraient coûter entre 3,6 et 6 MMDH, soit près de 0,4% du PIB, selon nos calculs. Une perte loin d’être négligeable pour une économie où la production reste encore fortement dépendante du travail.

Article : Maroc-Madagascar : quelle heure, quelles chaînes
Dans le cadre de ses préparatifs intensifs pour la Coupe du monde de football 2026, la sélection nationale affronte son homologue de Madagascar lors d'une rencontre amicale ce mardi 2 juin 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Article : Le démocrate Marc Veasey rejoint l’offensive législative US contre le polisario
Le ralliement du démocrate texan Marc Veasey à la proposition de loi "Polisario Front Terrorist Designation Act" concrétise la volonté bipartisane au Congrès américain de sanctionner les liens croissants entre le polisario et l'Iran.

Article : Banques cotées : les activités de marchés marquent le pas, le métier bancaire reprend la main
Après une année 2025 plus favorable, les banques cotées ont moins gagné sur les marchés au premier trimestre 2026. Mais le secteur reste porté par son cœur de métier : financer l’économie, collecter l’épargne, générer des commissions et mieux maîtriser le coût du risque. Explications.

