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Les jeunes avocats protestent contre leur situation professionnelle et juridique en crise

C'est sans retenue que la Fédération des associations des jeunes avocats du Maroc exprime la colère de la profession à l'égard de la "corruption" du système judiciaire, et du "manque d'organisation et de professionnalisme" au sein des tribunaux. Plusieurs sit-in ont été organisés ce mercredi 10 novembre, pour faire entendre les protestations et les revendications des robes noires.

Les jeunes avocats protestent contre leur situation professionnelle et juridique en crise

Le 12 novembre 2021 à 19h19

Modifié 12 novembre 2021 à 19h31

C'est sans retenue que la Fédération des associations des jeunes avocats du Maroc exprime la colère de la profession à l'égard de la "corruption" du système judiciaire, et du "manque d'organisation et de professionnalisme" au sein des tribunaux. Plusieurs sit-in ont été organisés ce mercredi 10 novembre, pour faire entendre les protestations et les revendications des robes noires.

Pour dénoncer la “dégradation catastrophique” de leur situation professionnelle, y compris la pratique du métier au sein des tribunaux, “transformée en un enfer insupportable”, des avocats ont organisé des protestations simultanées dans différentes juridictions du Royaume, ce mercredi 10 novembre.

À la suite de la réunion de son bureau exécutif fin octobre, la Fédération des associations des jeunes avocats du Maroc, qui représente près de 17 associations, a lancé un appel à toute la profession afin de se joindre aux protestations organisées le 10 novembre.

L’objectif étant de dénoncer “les dysfonctionnements graves”, “les conditions catastrophiques d’exercice” de la profession, dont la “corruption sous toutes ses formes et à tous les niveaux du système judiciaire”. Des mots forts pour exprimer la colère des robes noires, agacées par “le manque d’organisation, de professionnalisme et la nonchalance” au sein des tribunaux, qui “écrasent”, selon eux, “la santé physique et mentale des avocats”.

La dégradation de la situation a atteint un niveau insupportable

Cet appel lancé par la fédération a reçu des retours positifs, dont celui de l’Union des jeunes avocats (UJA), présidée par Me Arabi Mkiriz, avocat au barreau de Marrakech. L’UJA a décidé “d’adhérer à toutes formes de protestations décidées”, notamment en organisant, au palais de justice de Marrakech, un sit-in ce mercredi 10 novembre.

« Ce sit-in a connu la présence de 120 personnes qui sont venues protester dans un climat pacifique. Le message a été transmis aux parties concernées », explique Me Mkiriz, joint par nos soins.

Selon lui, « la Fédération procédera à l’évaluation de la situation suite aux protestations du mercredi 10 novembre. Elle décidera, par la suite, de la marche à suivre pour faire entendre les revendications relatives à l’exercice de la profession, ainsi que celles portant sur le volet social et juridique encadrant la profession ».

À travers un communiqué détaillé, et sans retenue, la Fédération des associations des jeunes avocats du Maroc a listé les nombreuses raisons expliquant la colère de la profession, ainsi que les attentes juridiques et sociales de celle-ci à travers ce mouvement de protestation.

Pour la fédération, “la dégradation de la situation a atteint un niveau insupportable, tant sur le plan moral que financier”. Et ce, malgré les efforts fournis par “certains magistrats, responsables judiciaires et autres intervenants dans le système judiciaire”, pour exercer leur fonction avec “une conscience professionnelle”.

En effet, les avocats agacés estiment qu’une “alliance objective” entre les différents “corrompus du système judiciaire”, qui ont “tout intérêt à garder un climat de chaos et d’irresponsabilité”, domine le contexte général.

Les avocats mettent également en garde contre la “dangereuse régression de tous les indicateurs en matière de sécurité juridique et judiciaire”, dont la cause est “la culture du traitement quantitatif et statistique des litiges”.

Dans ce sens, la fédération demande à ce que “toutes les parties judiciaires et professionnelles prennent au sérieux leurs responsabilités pour lutter contre toutes les formes de corruption et de connivences”.

Régime fiscal et protection sociale : appel à un meilleur cadre professionnel

Concernant l’organisation de l’avocature, les robes noires se sont arrêtées sur plusieurs points, dont le retard du texte encadrant la profession. Un texte dont la promulgation doit être “accélérée”, et qui se doit d’être “moderne” pour apporter des “réponses aux recommandations des cadres de la profession, dont l’Association des barreaux du Maroc”.

Autre requête sur le plan législatif, formulée par la fédération : celle d’accélérer toutes les lois relatives à la profession et à la justice. Des textes dont le niveau doit “refléter les ambitions et les espoirs du peuple marocain”.

Les jeunes avocats appellent également à la mise en place, sous la responsabilité de l’État, d’une « plateforme numérique unifiée pour la profession à gérer de manière autonome (…), dans le respect du secret professionnel ».

Ils pointent également du doigt le régime fiscal actuel qui “ne tient pas compte des spécificités de la profession et de ses rôles sociaux, ni de la situation financière de la majorité écrasante”.

Une situation financière qui, selon eux, est encore plus mise à mal en raison de la “tentative de dissolution de la mutuelle générale des barreaux du Maroc”, en faveur d’un “dispositif dont le poids financier ne permettra pas de fournir la protection sociale demandée”.

C’est pourquoi, les membres de la fédération appellent les représentants de la profession à rester “attachés à la mutuelle générale des barreaux du Maroc”.

Pour exprimer leur colère et faire entendre leurs revendications, les avocats ne comptent pas s’arrêter aux protestations du 10 novembre qui ne constituent, selon eux, qu’une sonnette d’alarme. Ils assurent qu’ils continueront à manifester “à travers toutes les formes légales”.

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