Au Maroc aussi, le confinement a permis d’éviter des décès dus à la pollution de l’air

Le confinement instauré au Maroc, au début de la pandémie du Covid, a eu un impact positif sur la qualité de l’air, qui s'est largement améliorée. La réduction de la pollution durant cette période a même permis de sauver les vies de certaines personnes atteintes de maladies cardiovasculaires.

Au Maroc aussi, le confinement a permis d’éviter des décès dus à la pollution de l’air

Le 1 novembre 2021 à 19h12

Modifié 2 novembre 2021 à 11h58

Le confinement instauré au Maroc, au début de la pandémie du Covid, a eu un impact positif sur la qualité de l’air, qui s'est largement améliorée. La réduction de la pollution durant cette période a même permis de sauver les vies de certaines personnes atteintes de maladies cardiovasculaires.

En raison de la nature contagieuse du Covid, la majorité des pays dans le monde ont décidé de restreindre la circulation en interne. Cette même décision – intervenue le 20 mars 2020 au Maroc – a entraîné la baisse de l’activité industrielle à l’échelle mondiale, et donc la chute de la circulation routière (voitures et camions).

Au-delà du ralentissement de la propagation du virus, cette mesure restrictive a eu un effet positif sur l’air, notamment dans le Royaume, en réduisant la pollution qui a causé, en 2016, 7,6% des décès enregistrés dans le monde.

D’après une récente étude réalisée par cinq chercheurs marocains, intitulée « COVID-19 national lockdown in morocco: Impacts on air quality and public health« , dont l’objectif est de comparer la qualité de l’air avant et durant le confinement, une baisse significative des polluants liés au trafic routier a été enregistrée durant le premier mois de confinement (du 20 mars au 20 avril 2020), à Casablanca et Marrakech. L’amélioration de la qualité de l’air a même permis d’éviter plusieurs décès dus à la pollution.

Baisse significative du NO2 et du PM2,5 au Maroc

Cette étude a porté sur Casablanca et Marrakech, deux grandes villes du Royaume où de graves problèmes de pollution ont été enregistrés ces dernières années, en particulier avec la hausse importante du taux de croissance de la population entre 2004 et 2014.

Dans cette étude, les chercheurs se sont concentrés sur l’analyse de trois polluants atmosphériques liés au trafic, à savoir le dioxyde d’azote (NO2), les particules en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5) et le monoxyde de carbone (CO).

La diminution de ces polluants durant le premier mois de confinement (du 20 mars au 20 avril 2020), par rapport à la période allant du 16 février au 19 mars 2020 (avant le confinement), se présente comme suit :

  • NO2 : -12 g/m3 à Casablanca, et -7 μg /m3 à Marrakech ;
  • PM2,5 : -18 g/ m3, et -14 μg/m 3 à Marrakech ;
  • CO : -0,04 mg/m3 à Casablanca, et -0,12 mg/m3 à Marrakech.

Les chercheurs estiment que « ces résultats sont en parfait accord avec de nombreuses autres études menées dans différents pays, notamment en Italie (à Milan), en Chine, en Inde et en Espagne, ayant montré que le confinement total avait entraîné une diminution significative du NO2, des PM2,5 et du CO ».

Ces derniers expliquent toutefois que « cette situation peut également être due à la réduction de la pollution transfrontalière, en raison des mesures de confinement mises en place dans les pays limitrophes ».

La pollution de l’air à Casablanca et Marrakech avant et durant le confinement

Plusieurs vies sauvées grâce à la baisse de la pollution de l’air

L’amélioration de la qualité de l’air a, à son tour, permis de sauver de nombreuses vies, en particulier celles des personnes atteintes de maladies cardiovasculaires.

L’étude estime que la réduction du NO2, pendant la période du Covid, a évité un total de 185 décès liés à ce polluant à Casablanca, un chiffre qui s’élève à 30 à Marrakech.

La réduction des PM2,5 a, pour sa part, permis d’éviter selon cette estimation un total de 48 décès à Casablanca, et 15 autres à Marrakech.

Décès évités au Maroc suite à la réduction de la pollution

L’étude confirme ainsi « le lien significatif entre le confinement décrété dans plusieurs pays après l’apparition des premiers cas de Covid et l’amélioration de la qualité de l’air, ainsi que la réduction de la mortalité ».

Ses résultats montrent également que l’accélération de la transition vers des transports plus respectueux de l’environnement est l’une des mesures qui peut être prise par différents pays pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens, et réduire la mortalité due à la pollution.

Rappelons qu’en 2016, 4,2 millions de décès ont été causés par la pollution de l’air dans le monde. Ces décès sont principalement dus au cancer du poumon (29%), à un accident vasculaire cérébral (24%), à une maladie cardiaque (25%), et 43% à d’autres maladies pulmonaires, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le rapport mondial 2020 « Air toxique : le prix des combustibles fossiles » de l’ONG internationale Greenpeace MENA a, pour sa part, démontré que le Maroc faisait partie d’une longue liste de pays qui souffrent, chaque année, d’un nombre relativement élevé de décès dus à la dégradation de la qualité de l’air. Ce nombre est estimé à 5.100 en 2018. La répartition de cette valeur sur 365 jours permet d’obtenir une moyenne quotidienne de 14 décès dus à la pollution de l’air dans le Royaume. Il s’agit du 8e plus grand facteur de risque de mortalité au Maroc.

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