Accusée de népotisme, la maire de Rabat se défend
Récemment élue à la tête du conseil communal de Rabat, Asmaa Rhlalou est accusée d'avoir engagé son mari en tant qu'avocat de la commune. Contactée par Médias24, la maire s'explique.
"Mon mari n’a jamais été avocat du Conseil communal de Rabat et n’a jamais perçu d’honoraires de la part de ce même conseil." Sollicitée par Médias24, Asmaa Rhlalou (RNI) dément les accusations selon lesquelles elle aurait exploité sa position de maire pour engager son conjoint en tant qu’avocat de la commune.
Mme Rhlalou se défend : "Le Conseil a ses avocats, et je n’ai et n’exploiterai jamais ma qualité de présidente pour leur demander qu’ils me représentent dans une affaire personnelle, dirigée contre moi personnellement et qui n’a absolument aucun lien avec les droits du conseil."
Et d’ajouter que ce type d’agissements constitue "un abus de pouvoir, chose que je m’interdirai toute ma vie."
Un mémoire de réponse à l'origine de la polémique
La polémique est partie d’un document diffusé jeudi 28 octobre sur les différents réseaux sociaux. Il s’agit précisément d’un mémoire de réponse déposé, la veille, au tribunal administratif. S’il porte l’en-tête de Me Zakaria Ouam (Zakaria Ouam Law Firm), on y retrouve aussi le nom de Me Saad Benmbarek, associé du même cabinet et, surtout, époux de Mme Rhlalou. Ce dernier est présenté, par le même document, comme avocat représentant "le conseil de la commune de Rabat, en la personne de son président".
Me Benmbarek est un avocat inscrit au barreau de Rabat. Il est, par ailleurs, vice-président du Conseil régional et coordinateur du RNI dans la capitale. La diffusion du mémoire a été suivie d’une salve de critiques, accusant la présidente de "népotisme".
L’article 65 de la loi organique relative aux communes dispose : "Il est interdit à tout membre du conseil de la commune (…) d’exercer, de manière générale, toute activité pouvant conduire à un conflit d’intérêts, soit à titre personnel, soit comme actionnaire ou mandataire d’autrui, soit au bénéfice de son conjoint, ses ascendants ou descendants."
Une "rumeur" lancée à l'encontre de Mme Rhlalou
Contacté par Médias24, un conseiller membre de l'opposition estime qu'à la lecture de cet article, l'intéressée n'avait aucunement le droit de recourir à son conjoint, sachant que " le dossier en question implique le conseil en lui-même et non la personne de la présidente".
"Il n’y a pas d’incompatibilité à ce que mon mari me défende dans un dossier de recours initié contre moi, personnellement, par un conseiller expulsé de la séance, alors qu’il tentait d’entraver les travaux du conseil", rétorque Mme Rhlalou.
La maire déplore "une rumeur" lancée à son encontre "par des personnes ayant tenté d’entraver les travaux" de la séance du Conseil du 27 octobre. Elle laisse supposer des représailles lancées suite à l’expulsion de conseillers contre lesquels elle a activé l’article 48 de la loi organique relative aux communes. Une mesure exceptionnelle, mais possible, quand un conseiller "trouble l’ordre" ou "entrave les débats".
A l’origine de la requête, un conseiller adu nom de Farouk El Mehdaoui (FGD). L’affaire concerne un recours en annulation contre l’élection de Khalid Arsalane à la tête de la commission des affaires culturelles, sportives et sociales du Conseil. Le demandeur estime que cette présidence devait revenir à l’opposition, alors que l’intéressé, membre de l’UC, avait voté en faveur de Asmaa Rhlalou pour la fonction de maire.
Un dossier que Mme Rhlalou considère comme revêtant un "caractère électoral" et "n’engageant pas les intérêts de la commune". Elle explique que le requérant, dont la demande a été déclarée irrecevable, a dirigé son action contre "la maire". Cela aurait justifié l’intervention du même avocat, dont "la mission s’est clôturée par l’achèvement des recours électoraux", sachant que Me Saad Benmbarek s’est constitué pro bono, indique la même source.
Dans un communiqué publié ce vendredi 29 octobre, la présidente ajoute que le même avocat avait déjà été engagé pour la défendre dans un dossier où le PJD avait réclamé l’annulation de son élection à la mairie. "Cette affaire a une portée électorale. Elle n’a aucun rapport avec les intérêts de la commune", dit-elle. "On ne peut pas engager l’avocat de la commune dans ce type de dossiers car ils n’entrent pas dans le cadre de ces missions."
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