Intégration locale, décarbonation: les deux atouts du Maroc dans la stratégie automobile
Satisfait des réalisations du secteur de l’automobile durant les sept dernières années dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle, le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique Moulay Hafid Elalamy, aspire à transformer le Maroc en acteur majeur de l’industrie automobile.
Profitant du tissu industriel bâti au cours des dernières années et de la confiance grandissante des constructeurs automobiles mondiaux en l’expertise marocaine, le royaume ambitionne de continuer sur sa lancée pour faire partie des hubs mondiaux les plus compétitifs du secteur automobile. Pour ce faire, le ministère a identifié deux volets importants pour améliorer la compétitivité du pays, à savoir l’intégration locale et la transition énergétique.
Intégration locale en profondeur
Pour développer l’intégration locale de l’industrie automobile, le ministère a commencé par décortiquer la chaîne de valeurs du secteur, et a procédé ensuite à la détection et à l’identification des chaînons manquants de l’industrie.
Selon Kenza El Alaoui, directrice des industries de l’automobile au sein du ministère, un travail de plusieurs mois a été effectué avec les acteurs internationaux et nationaux pour consolider tous les prérequis de cette intégration. Ainsi, à titre d’exemple, « l'intérieur du véhicule regroupe plusieurs pièces en plastique qui sont à base de polypropylène. Nous avons travaillé pour intégrer l'industrie polypropylène au Maroc et l'investissement est bien confirmé », illustre-t-elle.
Décarbonation et compétitivité
Afin de réduire l’empreinte énergétique du secteur, le ministère a développé, en collaboration avec les constructeurs, des écosystèmes verts. « On a développé une offre d'énergies renouvelables très compétitive, c’est-à-dire avec des opérateurs privés. Nous avons pu développer une offre qui peut aller jusqu'à 30% par rapport à l'énergie conventionnelle », explique la directrice des industries de l’automobile au sein du ministère,
Conçue au départ dans un souci de respect de l’environnement, la transition énergétique est un atout majeur pour la compétitivité du secteur automobile marocain.
En effet, face à la taxe carbone à laquelle l’Union européenne, premier client du Maroc, compte soumettre ses importations, la décarbonation devient une nécessité pour l’industrie qui permettra aux exportateurs marocains de maintenir leur accès au marché européen.
« Il faut absolument continuer en compétitivité et ne jamais s’arrêter. Ce n’est pas parce que nous sommes aujourd’hui catalogués en tant que 3èmes en termes de compétitivité, qu’il faut ralentir. Il faut accélérer, au contraire, et essayer de rattraper les deux qui sont devant nous », a ajouté le ministre Moulay Hafid Elalamy.
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