“On Demand”, la technologie au service de la food
Fondateur de Genious, Hamza Aboulfeth utilise son domaine de prédiléction qui est la technologie pour se lancer dans la foodtech avec "On Demand", solution technologique de gestion des commandes et de la livraison en SAAS.
La Foodtech regroupe des acteurs qui opèrent dans trois domaines : la technologie, la livraison et la production. Depuis 2016, Genious, à travers sa solution "On Demand" est devenu un full service provider pour le secteur de la Foodtech. « Axée principalement sur une clientèle de restaurateurs, la solution permet la gestion des restaurants et des livreurs, en utilisant des fonctionnalités de food cost, de tracking GPS, de prise de commande, de paiement en ligne et d’outils marketing comme les codes promo ou la promotion via SMS et Push Notifications », explique le startuppeur. La solution est utilisée par des clients comme Koutoubia, Uni Sushi, Tifiee, en plus d’entreprises dans le secteur de la cosmétique ou de la chocolaterie.
Ensuite, Hamza Aboulfeth a lancé un restaurant connecté, Food On Demand, qui a ouvert ses portes en 2018 à Marrakech et fin 2019 à Casablanca. Cumulant un chiffre d’affaires de 4 millions de DH entre les deux villes, Food On Demand est un restaurant où le parcours client est entièrement dématérialisé. « Nous avons supprimé le menu papier, les clients peuvent ainsi commander depuis leur tablette, choisir la musique, composer leur plat en calculant le nombre de calories et payer sans parler à qui que ce soit », affirme Hamza Aboulfeth.
Provenant d’un milieu technologique, Hamza Aboulfeth qui reconnaît que le lancement de ses restaurants connectés était challengeant, atteste que sa contribution principale s’inscrit naturellement dans le digital pour améliorer l’expérience client: affiches, site web, marketing digital…
« Aujourd’hui, on maîtrise toute la chaîne », se réjouit-il. Et de poursuivre : « Nous avons des clients qui ont commandé plus de 700 fois avec à chaque fois une commande différente. On a un menu très varié : sushis, pizza, kebab, burger, wok, pâtes..., avec une offre de qualité à des prix corrects. La livraison de repas génère 80% du chiffre d’affaires».
Quand Food On Demand s’est lancé en 2016, l’acteur majeur sur le marché était Jumia Food -Hello Food à l’époque-. Glovo a ensuite fait son entrée sur le marché en se munissant « de moyens financiers conséquents, ce qui lui a permis de s’emparer de la plus grosse part de marché et de s’ancrer dans l’esprit du consommateur marocain », fait observer Hamza Aboulfeth. Leur démarche de communication est agressive, « spot publicitaire télévisé, affichage, internet, ils tapent fort partout », ajoute-t-il.
Dans la Foodtech, tout dépend de la capacité à communiquer
« En 2016, nous avions un service de livraison de sushis en moins de 25 minutes « sushi express ». Sur Casablanca, nous avions dépensé un budget de 15 000 dollars dans la publicité. En 3 mois, nous avons pu recruter 4.000 clients. Quand on a lancé le service de restauration Food On Demand trois ans plus tard sur Casablanca, on a consacré le même budget de communication, ce qui nous a permis de recruter 800 clients », se rappelle-t-il, contrarié. Le startuppeur explique cela par deux facteurs. Un, le client devient immunisé à la communication de la Food en général contrairement à 2016 où rares étaient les restaurateurs qui communiquaient autour de leurs menus. Deux, le développement du digital a fait que la communication sur le digital s’est transformée en enchères. « Ce qui te coûtait 2 DH le clic te coûte aujourd’hui 10 DH le clic ou plus », constate-t-il avant de poursuivre : « Pour vendre, tout dépend de ta capacité à casquer de l’argent dans la communication ».
Toutefois, la livraison de repas demeure une activité internationalement déficitaire ou à peine positive à cause des marges très réduites. Ce qui peut s’expliquer par un modèle qui ne peut pas faire d’économies d’échelle, du fait que chaque commande est livrée par un livreur et par des coûts de communication très importants pour fidéliser ses clients et en acquérir de nouveaux.
Les Dark Kitchen, un nouveau modèle qui s’immisce dans la Foodtech
Pour renforcer sa résilience face aux conséquences de la crise sanitaire, le secteur de la Foodtech ne cesse d’innover pour répondre à de nouveaux besoins des consommateurs, notamment ceux relatifs à la livraison, suite à l’obligation des restaurateurs après le confinement de se contenter de la livraison pour respecter les normes de distanciation sociale. Le secteur a vu émerger un nouveau modèle, les Dark Kitchen, qui peut bouleverser le secteur de la restauration.
Le Dark Kitchen est un nouveau modèle de restaurants 100% livraison, conçu exclusivement pour les commandes par internet. Les menus comprennent un large panel de repas, qui « peut aller du burger au plat raffiné », fait constater notre interlocuteur. Ne prévoyant pas la réception de clients, ces restaurants équipés de cuisines professionnelles et fonctionnelles, « poussent comme des champignons à Casablanca », s’exclame Hamza Aboulfeth. S’il a misé sur ce concept en 2016 pour proposer une solution de Foodtech de bout en bout, il constate aujourd’hui que l’ouverture de nouveaux Dark Kitchen s’accélère de jour en jour. « Ça ressemble au modèle des téléboutiques auxquelles nous avions assisté pendant les année 2000. Quand une tendance fait ses preuves, tout le monde surfe sur sa vague ! », ajoute-t-il.
Aujourd’hui, une panoplie de restaurateurs qui travaillent dans l’ombre accélèrent leur business, grâce aux différents leviers du digital comme les influenceurs, référencement ou la présentation 2.0 des plats.
Selon lui, ce nouveau modèle de Foodtech en plein effervescence, est lancé par des entrepreneurs qui saisissent les opportunités de livraison de repas à domicile accélérées par la crise sanitaire. Un modèle qui démontre comment le digital réinvente le futur de la restauration et aiguise l’appétit d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, en quête d’opportunités liées au contexte.
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