Les inscriptions reprennent dans les crèches privées
Les crèches privées n’ont pas encore retrouvé le rythme des inscriptions d'avant crise, mais le retour à la normale se profile. En revanche, les structures situées dans les petites localités font encore face à des difficultés, même si leurs charges locatives et salariales sont bien moins élevées que les crèches des grands pôles urbains.
Les crèches semblent enfin voir le bout du tunnel. Les enfants y font progressivement leur retour ; la situation s’améliore, certes, mais cette amélioration est tout de même sujette à quelques nuances. "La grande majorité des crèches affiliées à notre association constatent que les parents inscrivent à nouveau leurs enfants : soit pour la saison printanière qui arrive, jusqu’en juin, soit pour l’année prochaine. Certaines ont même commencé à recruter du personnel pour gérer la reprise des inscriptions. Je ne dirais pas qu’elles ont retrouvé le rythme d’inscription qui prévalait avant la crise, mais elles sont sur la bonne voie. Le retour à la normale est prévu pour l’année prochaine, mais il commence dès ce troisième trimestre", indique Asma Sefrioui, présidente de l’Association marocaine des crèches privées (AMCP), jointe par Médias24.
"La tendance est clairement à la reprise des inscriptions. C’est le constat général que nous faisons au sein de notre association", abonde Adil Joundy, vice-président de l’AMCP, également joint par Médias24. "D’après les échanges que nous avons avec d’autres structures, les parents sont désormais plus sereins à l’idée de réinscrire leurs enfants. L’amélioration de la situation sanitaire et la campagne de vaccination ont rendu l’atmosphère moins anxiogène", dit-il.
"Les entreprises sont confiantes concernant l’amélioration de la situation sanitaire. Elles attendent de voir comment se déroule la campagne de vaccination afin d'envisager une réouverture des crèches d’entreprise. Globalement, les parents sont beaucoup plus confiants qu’en septembre. Le printemps est une saison propice aux inscriptions : les beaux jours reviennent, les enfants sont moins susceptibles de tomber malades et donc de se contaminer entre eux", souligne Nezha Chami, directrice d’une crèche à Rabat. Kenza Bennani, directrice d’une crèche à Casablanca, constate elle aussi "une très forte demande depuis janvier".
"Les parents ne peuvent pas être entièrement dédiés à leurs enfants toute la journée"
Outre l’amélioration de la situation sanitaire et le démarrage de la campagne de vaccination, d’autres raisons expliquent ce retour des enfants dans les crèches : "A la maison, les enfants n’ont pas grand-chose à faire. Il faut pourtant être en mesure de leur proposer des occupations stimulantes pour leur âge. Cela, les parents le délèguent à des structures spécialisées que sont les crèches, où les enfants appréhendent sereinement les apprentissages de l’école primaire. Ce sont des lieux d’interaction où se font les premiers apprentissages sociaux", explique Adil Joundy.
D’autres enfants retournent en crèche après être allés dans des structures informelles, où les exigences pédagogiques ne sont pas les mêmes que dans les 40 structures affiliées à l’AMCP. "Des clubs de sport ou d’activités culturelles se sont transformés en crèches informelles : les parents ont vu la différence et veulent désormais revenir dans de vraies crèches", souligne Asma Sefrioui.
De plus, la poursuite du télétravail a incité les parents à réinscrire leurs enfants à la crèche afin d’instaurer chez eux une atmosphère plus propice au travail et à la concentration. "Les parents sont fatigués. Lorsque les enfants partent ne serait-ce qu’une demi-journée, ils sont bien plus tranquilles pour travailler", ajoute-t-elle. "Que les parents soient en télétravail ou pas, le problème est le même : ils ne peuvent pas être entièrement dédiés à leurs enfants toute la journée", relève Adil Joundy.
Les petites structures toujours en difficultés
Ceci dit, ces réinscriptions ne se font pas sans condition : selon les deux responsables de l’AMCP, les parents, en proie à des difficultés financières, sont très nombreux à demander des facilités de paiement ou des échelonnements. Dans d’autres structures, elles ne se font que très peu, en particulier celles qui sont localisées dans de petites localités rurales. "Dans les petites villes, où le budget des ménages n’est pas le même que dans les grandes villes, les crèches font encore face à des difficultés. Il faut dire aussi que ce sont de plus petites structures, qui ont donc moins de charges, moins de crédits et des loyers moins élevés", indique Adil Joundy.
Dans d’autres villes, certes plus grandes, plus dynamiques, mais laminées par la crise économique, certaines crèches font encore grise mine. A Marrakech, un directeur de crèche ne compte que quelques inscriptions par mois, à hauteur de deux ou trois. "Les choses ont commencé à évoluer positivement à partir du mois de décembre. Les parents sont moins frileux qu’en septembre ; ils appellent, se renseignent sur les tarifs, mais leur situation financière ne leur permet pas, pour le moment, d’inscrire leurs enfants. Beaucoup travaillent dans le secteur du tourisme, qui est aujourd’hui au point mort à Marrakech", explique-t-il à Médias24.
Un autre frein aux inscriptions, selon lui, est lié à la non inclusion du personnel des crèches au programme de vaccination qui concerne les enseignants. "La campagne de vaccination a certes suscité l’envie d’inscrire son enfant, mais lorsque les parents demandent si le personnel est vacciné et qu’on leur répond que non, ils sont réticents à l’idée d’inscrire leurs enfants. Pour nous, c’est un frein."
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