Automobile: Les opportunités de relocalisations régionales pour le Maroc, selon l'IMIS
L'industrie automobile est l’un des secteurs qui connaissent une refonte de leurs chaines de valeur à cause de la crise du Coronavirus. Pour sécuriser leurs approvisionnements, les grands constructeurs mondiaux doivent en raccourcir les circuits. Les relocalisations de l’Asie vers la région méditerranéenne sont attendues. Quelles opportunités pour le Maroc ?
La crise du covid-19 a montré que, dans l'industrie automobile, la dépendance totale de l’Asie peut être dangereuse, en raison des perturbations des chaînes logistiques.
Les principaux constructeurs européens envisagent donc des relocalisations régionales de l’Asie vers le bassin méditerranéen. Pour ce marché, le Maroc représente une alternative sérieuse, la production automobile du Royaume ayant représenté 83,4% du total de la production en Afrique du nord en 2019.
Dans ce sens, l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) a publié, lundi 7 septembre, un Policy Paper sur la chaîne de valeur du secteur automobile au Maroc. Ce document analyse la position de la filière automobile marocaine, au sein des chaînes de valeur mondiales du secteur, détermine les chaînons maîtrisés par le Royaume et ceux manquants, mais aussi les opportunités de relocalisations régionales qui se présentent au pays, en perspective post covid-19. Dans notre article, nous allons nous focaliser sur ce dernier point.
Selon l’IMIS, des opportunités de relocalisation s’offrent au Maroc dans 4 écosystèmes automobiles, sur les huit mis en place à ce jour dans le pays. Il s’agit de la carrosserie, câblage, moteurs et pneus.
Carrosserie
La France importe la majorité des carrosseries produites au Maroc (94%), mais cette part ne dépasse pas les 1% du total des importations françaises de ce produit.
Les marchés fournisseurs de la France sont principalement concentrés en Europe : la Suède, à hauteur de 50%, l’Allemagne (35%) et l’Italie (6%). Une relocalisation régionale pour ce produit est donc peu prévisible.
En revanche, il y a une forte dépendance de la France vis-à-vis des marchés asiatiques pour les sous-produits "Carrosseries pour voitures de tourisme" et "bodies for motor cars", qui peuvent représenter des opportunités pour le Maroc, dans l'optique du raccourcissement des circuits de production.
Pour le premier sous-produit, le Japon est le premier exportateur vers la France, avec une part de 32%. La Chine représente 2%. Pour le second, la part de la Chine est relativement importante: 10%, contre 2% pour le Maroc, qui témoigne de la maîtrise de cette production. Le Royaume pourrait donc capter des parts de ces productions.
Câblage et composants électriques
D'autres opportunités se présentent au Maroc pour deux sous-produits de cet écosystème : "fils et câblage" et "conducteurs électriques".
Le Maroc est le premier fournisseur des câbles importés par la France, avec une part de 17% du total des importations françaises de ce produit en 2019. La part de la Chine est en progression, représentant environ 10% des importations françaises l’année passée. Une augmentation de la part du Maroc dans la fabrication de ce produit est donc envisageable.
Le Maroc peut également saisir sa chance au niveau du produit "conducteurs électriques", où la part du marché asiatique est dominante: Chine (25%), Russie, Kazakhstan, Pakistan, Inde (1%) contre 14% pour le Royaume.
Moteurs et pneus
La chine est l’un des principaux marchés fournisseurs de l’Espagne du produit "moteurs et machines motrices" (37% en 2019).
Les exportations marocaines ne représentent que 12%. Cette part pourrait augmenter en captant une partie de la production chinoise.
Enfin, sur les pneumatiques, la Chine est aussi le premier exportateur en 2019. L’hypothèse du raccourcissement des circuits d’approvisionnement et du réagencement de la production à l’échelle régionale pour contrer la sur-dépendance de la Chine présente donc une opportunité pour le Royaume.
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