Confinement : 36% des ménages puisent dans leur épargne ou s'endettent (HCP)
L'enquête du HCP sur les ménages révèlent qu'un ménage sur cinq (19%) a reçu une aide de l’Etat pour compenser la perte d’emploi. Et que 36% des ménages puisent de leur épargne ou s'endettent pour faire face au contexte.
Ce mardi 19 mai, le HCP a livré les premiers résultats d'une enquête permanente sur les ménages qui rassemblera l'ensemble des indicateurs tels que les revenus, le moral, l'enseignement, la consommation...
Cette enquête réalisée du 14 au 23 avril 2020 s'est penchée sur l'étude de six axes parmi lesquels les sources de revenu en situation de confinement.
D'emblée, l'enquête révèle que 34% des ménages affirment n’avoir aucune source de revenus en raison de l’arrêt de leurs activités au temps de confinement.
Cette proportion est légèrement plus élevée parmi les ruraux (35%) que parmi les citadins (33%), précise le HCP.
Elle s’élève à 44% parmi les ménages pauvres, à 42% parmi les ménages de l’habitat précaire, à 54% parmi les artisans et ouvriers qualifiés, à 47% parmi les commerçants, et à 46% parmi les ouvriers et manœuvres agricoles.

Le revenu couvre juste les dépenses pour 38% des ménages
En ce qui concerne leur situation financière actuelle, 38% des ménages déclarent que le revenu couvre juste les dépenses.
22% des ménages puisent de leur épargne (20% en milieu urbain et 26% en milieu rural) et 14% recourent à l’endettement (12% en milieu urbain et 17% en milieu rural).
8% des ménages sondés comptent sur les aides de l’Etat pour couvrir leurs dépenses quotidiennes et 8% comptent sur la solidarité sociale. 9,4% des ménages déclarent continuer à faire de l'épargne.

Aides publiques aux ménages pour perte d’emploi
L'enquête s'est également intéressée aux aides publiques octroyées par l'Etat aux ménages. Selon les résultats, un ménage sur cinq (19%) a reçu une aide de l’Etat pour compenser la perte d’emploi dont 13% dans le cadre du programme RAMED et 6% dans le cadre du programme d’aide aux salariés formels (CNSS).
49% des ménages affirment qu’au moins un de leurs membres actifs occupés a été contraint d’arrêter son activité, et 40% d’entre eux ont reçu une aide de l’Etat ou de la part de l’employeur.
Selon la source d’aide, 31% des transferts reçus proviennent de l’Etat à travers le programme d’aide aux salariés formels (CNSS). Rapportés à l’ensemble des ménages marocains, la part des ménages bénéficiaires de ce programme d’aide s’élève à 6% à l’échelle nationale.
L’aide de l’Etat à travers le ciblage du programme RAMED a été évoquée par 67% des ménages bénéficiaires. A l’échelle nationale, cette proportion s’élève à 13%. Elle atteint 22% pour les ménages dirigés par des ouvriers et manœuvres agricoles, 19% par des ouvriers et artisans qualifiés, et 16% par des commerçants.


L'enquête révèle que "18% des ménages n’ayant pas perdu de l’emploi ont également bénéficié de l’aide de l’Etat, 13% en milieu urbain et 26% en milieu rural. Ils représentent 3,6% des ménages marocains".
A la question de savoir si ces aides sont suffisantes, près de trois ménages sur quatre (72%) bénéficiaires de l’aide de l’Etat, estiment que ces aides ne sont pas suffisantes pour compenser la perte des revenus. Ils évoquent également des difficultés d’accès aux aides publiques.
Ainsi, 60% des ménages ayant un membre qui a perdu son emploi ont des difficultés d’accès aux aides publiques. 59% d’entre eux affirment qu’ils sont enregistrés mais non encore bénéficiaires.
Les autres raisons se déclinent comme suit : 7% n’ont pas encore formulé leur demande au moment de l’enquête mais comptent le faire, 11% ne sont pas affiliés à la CNSS, 9% ne sont pas adhérents au RAMED et 3% estiment qu’ils n’ont pas besoin de l’aide.

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