Coronavirus. Reportage: comment sont contrôlées les arrivées aux frontières

EXCLUSIF. Le Maroc a suspendu les liaisons maritimes et aériennes avec plusieurs pays et a renforcé le contrôle sanitaire aux frontières avec son extension à toutes les destinations encore ouvertes. Médias24 est allé à la rencontre du médecin en chef de l'aéroport de Mohammed V, Dr Mohamed Moussif. Vidéo et résumé.

Coronavirus. Reportage: comment sont contrôlées les arrivées aux frontières

Le 13 mars 2020 à 13h30

Modifié 11 avril 2021 à 2h45

EXCLUSIF. Le Maroc a suspendu les liaisons maritimes et aériennes avec plusieurs pays et a renforcé le contrôle sanitaire aux frontières avec son extension à toutes les destinations encore ouvertes. Médias24 est allé à la rencontre du médecin en chef de l'aéroport de Mohammed V, Dr Mohamed Moussif. Vidéo et résumé.

Le Maroc a déclaré son 7ème cas de Covid19. Il s’agit d’un Marocain, âgé de 39 ans, arrivé à Casablanca depuis l’Espagne. Tous les cas diagnostiqués positifs au Maroc sont des cas importés. Cela interroge les mesures de contrôle sanitaire mises en place aux frontières et leur efficacité. 

Quel dispositif de contrôle est déployé ? Comment fonctionne-t-il ? Le contrôle est-il systématique ? Comment expliquer que les 7 patients atteints de Covid-19 aient passé le contrôle sanitaire ? Toutes ces questions et d’autres ont été posées au médecin-chef de l’aéroport Mohammed V, Dr Mohammed Moussif qui occupe ce poste depuis 1996, une carrière durant laquelle il a été responsable du suivi et de la gestion des opérations de contrôle des arrivées à l’aéroport pendant l’épidémie de SRAS en 2003, suivie de la grippe aviaire, de la pandémie H1N1, de l’épidémie d’Ebola,…

Voici l’essentiel de ses réponses.

Un dispositif qui commence dans l’avion 

« Le dispositif est composé de trois étapes. La première démarre bien avant l’atterrissage de l’avion au cours du vol, la deuxième est à l’aéroport et la troisième étape commence après avoir quitté l’aéroport ».

« Au cours du vol, l’équipage est formé à détecter les personnes susceptibles d’être porteuses d’une maladie contagieuse à potentiel épidémique. C’est une procédure internationale standardisée et adoptée par toutes les compagnies aériennes ». 

« L’aéroport est doté de quatre points de sortie où tous les passagers convergent, on a équipé les principales sorties (passeports internationaux, nationaux et transit). A chaque sortie, il y a un dispositif avec des médecins, des infirmiers. Il y a un premier contrôle via un thermomètre infrarouge et un second contrôle de confirmation via la caméra thermique. Ensuite, les cartes sanitaires sont récupérées et un flyer d’information remis aux voyageurs. »

« Comme toutes les maladies infectieuses et transmissibles, le Coronavirus a une période d’incubation. C’est la phase qui sépare l’introduction du virus et l’apparition des symptômes. Donc on suppose que tous les passagers sont en phase d’incubation et on leur donne le document par défaut avec un numéro à appeler en cas d’apparition de symptômes. C’est une façon de se rattraper sur cette possibilité de passer le contrôle en phase d’incubation ».

« Le deuxième filet de secours, c’est la fiche sanitaire. Tous les passagers sont invités à remplir cette fiche à bord de l’avion et à renseigner sur leur données personnelles et les facteurs de risques : est-ce qu’il a été en contact avec un passager malade, s’il a été hospitalisé, s’il a manifesté des signes. A partir du moment où le passager coche une des cases, il sera contacté ».

« Nous avons à notre disposition 4 ambulances pour transférer les cas suspects à la salle d’isolement de l’hôpital désigné par le ministère de la Santé ». 

« Nous sommes dotés d’une nouvelle génération de caméras thermiques qui prend instantanément la température des passagers et l’affiche au-dessus de la tête du passager à l’écran sans qu’il s’arrête. Nous en avons quatre et d’autres caméras vont être acquises ». 

Tout le monde est désormais contrôlé 

« Au début, on ne contrôlait que certains pays, maintenant le contrôle concerne tous les pays quelle que soit la provenance. C’est la dernière action décidée par le Royaume du Maroc par mesure de sécurité. »

« Les mesures de contrôle mises en place sont inspirées des directives de l’OMS, tout en y ajoutant des spécificités marocaines pour consolider le dispositif et le rendre aussi verrouillé que possible. Ce système a des points forts mais maintenant pour le coronavirus, il n’y a aucun aéroport ou port ou même hôpital dans le monde qui peut détecter un cas en phase d’incubation. Celle-ci peut aller jusqu’à 14 jours. »

« Il faut concevoir que le système de contrôle à l’aéroport n’est pas une forteresse infranchissable ni l’arme fatale, si j’ose m’exprimer ainsi, pour contrecarrer l’introduction d’un virus. Les virus ne connaissent ni frontières ni visas et ils peuvent s’introduire. Mais le système marocain est un système qui se complète. La première chaine est l’aéroport mais se complète par le système national de surveillance ».

« On vit dans une ère de communication, on ne pourra jamais cacher des foyers gigantesques de pneumonie dans le pays. C’est impossible. Cela prouve que tous les cas confirmés ont été détectés à temps et même précocement ».

« Le Maroc est doté de deux systèmes de surveillance actifs de la grippe et des maladies respiratoires. Le système des infections respiratoires aigües (IRA) qui couvre tous les foyers des IRA et le système sentinelle de surveillance de la grippe qui couvre tous les cas de grippe de Tanger à Lagouira avec des analyses pour voir quel genre de sous-type de grippe circule dans le pays ».

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