Face au ralentissement, Lahlimi appelle à une meilleure gouvernance publique
Nouvelles prévisions économiques pessimistes du HCP. Menace sur la création d’emplois et la redistribution sociale et territoriale des revenus. Lahlimi appelle à l’amélioration de la gestion économique et sociale.
La croissance économique se serait limitée à 2,3% en 2019. Et si plusieurs hypothèses se vérifient, elle ne devrait pas dépasser 3,5% en 2020.
Voici les principales prévisions actualisées du HCP, publiée dans le Budget économique prévisionnel 2020 :
| 2018 | 2019 | 2020 | |
| Evolution de la croissance | |||
| PIB | 3% | 2,3% | 3,5% |
| VA non agricole | 2,8% | 3,3% | 3% |
| VA primaire | 2,7% | -4,3% | 6,4% |
| Inflation | 1,1% | 0,8% | 1,1% |
| Principaux ratios (en % du PIB) | |||
| Déficit commercial | 18,6% | 18,5% | 18,6% |
| Besoin de financement de l'économie | 5,9% | 4,8% | 4,7% |
| Déficit budgétaire | 3,7% | 3,7% | 3,7% |
| Taux d'endettement public | 81,4% | 82,3% | 82% |
(Source: HCP)
Pour l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi, la croissance devrait continuer de dépendre de l’agriculture et l’investissement devrait rester dans sa tendance de faible croissance entamée depuis la crise internationale.
L’épargne continuerait de perdre son poids par rapport au PIB et donc les besoins de financement de l’économie de s’accroitre.
« La croissance économique, dont le potentiel en baisse à 3%, devrait subir une menace de fragilité, au détriment de l’emploi et d’une redistribution sociale et territoriale des revenus, nécessaire à l’amélioration des niveaux de vie de la population », alerte le HCP.
Pour lui, le Maroc doit accroitre ses efforts d’investissement, aussi bien à travers une amélioration de la gestion des programmes d’investissement qu’à travers une plus grande mobilisation des ressources au profit des secteurs productifs.
« Une augmentation de 4 points de pourcentage du PIB de l’investissement public dans ces derniers permettrait, selon les travaux du HCP, de porter la croissance économique à 5%. Cette dernière s’accroitrait du même taux avec une amélioration du rendement de l’investissement, en faisant baisser l’ICOR (nombre de points d’investissement pour réaliser un point de croissance économique) de 7 à 3, comme c’est le cas dans plusieurs pays émergents », estiment les économistes du Plan.
Pour eux, ceci souligne l’importance de l’amélioration de la gestion économique et sociale, et donc de l’amélioration du cadre juridique et institutionnel de l’économie national et de l’effectivité des principes de gouvernance publique consacrés par la Constitution.
L'Etat ne doit ni attendre ni évincer le secteur privé
« Face à la timidité de l’investissement privé qui n’arrive pas à prendre le relai des efforts publics, l’Etat ne saurait continuer à attendre son action dans la transformation des structures économiques dans un monde en mutations », martèle-t-on.
En même temps, le HCP appelle le Trésor à limiter son recours à l’emprunt intérieur pour couvrir ses besoins de financement pour ne pas évincer le secteur privé du marché financier domestique.
Et il attire l’attention sur le fait que l’emprunt extérieur ne serait pas problématique s’il est destiné à des projets rentables et productifs de devises, concrètement identifiés, rigoureusement gérés et précisément évalués.
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