Ahmed Lahlimi alerte sur l'inactivité et le chômage des jeunes
Dans son 5ème rapport national sur la population et le développement, le HCP indique que la sous-utilisation de l'aubaine démographique constitue un risque sur la préservation de la cohésion et de la stabilité sociales.
Ce rapport, réalisé par le HCP et financé par les Nations unies, a été présenté ce mercredi 30 octobre à Rabat. Il trace les réalisations en matière de développement au cours des cinq dernières années (2014-2018). Il est élaboré tous les 5 ans depuis l’adhésion au Maroc au programme d’action, adopté lors de la Conférence internationale sur la population et le développement, tenue en 1994 au Caire.
Dans sa synthèse, le rapport note de multiples avancées réalisées par le Royaume : la transition démographique a été accompagnée par la mise en œuvre dune politique de la ville, des stratégies sectorielles, d’une réforme de l’éducation, d’une amélioration des indicateurs de santé publique, d’une amélioration de la gouvernance institutionnelle…
Toutefois, le HCP indique que malgré toutes ces actions qui ont eu des impacts directs ou indirects sur la population marocaine, « des efforts considérables doivent encore être déployés pour accompagner les changements que connait la démographie du pays et se préparer à ceux prévus dans un avenir proche ».
400.000 personnes en âge d'activité arrivent chaque année
En effet, même si l’accroissement de la population marocaine a connu un important déclin au cours des 30 dernières années, la modification de la structure par âge de la population a enregistré des changements structurels majeurs :
- Accroissement de la part de la population en âge d’activité (15-59 ans) dans la population totale, passant de 49,9% en 1981 à 62,4% en 2014.
- Baisse de la tranche d’âge des moins de 15 ans, qui est passée de 45,6% de la population totale en 1981 à seulement 28,2% en 2014.
- Relative stabilité de la proportion des personnes âgées (60 ans et plus), passant de 7,2% en 1960 à 9,4% en 2014.
Un indicateur phare permet de mesurer la capacité du pays à gérer sa transition démographique : le rapport de dépendance. Depuis la période 2005-2010, ce rapport s’est stabilisé autour de 60%, ce qui signifie qu’une personne active prend en charge moins d’une personne inactive.
« Ce décalage positif diminuera d’abord, pour amorcer une remontée à partir de 2035-2040, jusqu’à atteindre 70 personnes inactives à la charge de 100 personnes actives à l’horizon de 2050 », prévient le HCP.
Pour lui donc, l’économie nationale est appelée à davantage de transformation structurelle pour permettre d’absorber les effectifs croissants de la population en âge d’activité. Celle-ci s’accroît de 400.000 personnes annuellement, alors que seulement 47% rentrent dans le marché du travail.
L'inactivité et le chômage des jeunes, une préoccupation majeure
« Ceci renvoie au problème de l’inactivité, en particulier des jeunes, qui devrait constituer une préoccupation pour la préservation de la cohésion et de la stabilité sociales ».
Le HCP rappelle que la sous-utilisation de l’aubaine démographique se reflète principalement dans le chômage, particulièrement celui des diplômés : le taux atteint 18% et la durée du chômage est de plus en plus longue (la moitié des diplômés des facultés chôment plus de 12 mois).
« Afin de profiter de cette aubaine qui s’offre au Maroc, des efforts sont à déployer surtout à travers :
- Une diversification du tissu productif basée sur la valorisation des avantages comparatifs avec l’émergence de nouvelles spécialisations (délocalisation). Cette diversification reste un élément important dans cette équation qui doit se joindre à un effort d’adaptation des structures productives et du cadre institutionnel à l’exigence du choix de l’ouverture dans un contexte de mondialisation accélérée.
- La valorisation du capital humain moyennant une formation en adéquation avec l’emploi qui concilie les défis de la compétitivité et de l’amélioration du niveau de vie de la population, pour permettre un développement inclusif réduisant les inégalités sociales, économiques et territoriales, avant que les défis futurs liés au vieillissement ne prennent de l’ampleur. »
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