Le Maroc affiche un excédent commercial avec la France… pour le moment
Une délégation marocaine se rend aujourd’hui à Paris pour la 14e réunion de haut niveau Maroc-France. En 2018, le Maroc a exporté 60 milliards de DH de marchandises vers la France, de laquelle il en a importé 57 milliards de DH. L’excédent est en train de s’évaporer.
Ce jeudi 19 décembre, une délégation marocaine, conduite par Saâdeddine Elotmani, se rend à Paris pour participer à la 14ème réunion de haut niveau Maroc-France.
Elle compte, entre autres, Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement et des Transports, Aziz Rebbah, ministre de l’Energie et des Mines, et Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France.
Des conventions seront signées par plusieurs départements ministériels des deux pays.
La tenue de cette réunion est l’occasion de revenir sur les relations commerciales et d’investissement entre le Maroc et la France. La Direction des études et des prévisions financières relevant du ministère des Finances vient de publier, à ce titre, un bilan des échanges commerciaux bilatéraux.
Renversement de tendance
Le premier constat que l’on peut faire est que le Maroc est excédentaire avec la France sur le plan commercial… pour l’instant, car la situation risque bientôt de changer.
En 2018, les échanges Maroc-France ont atteint 117 milliards de DH. Le poids de la France dans les échanges globaux s’est établi à 15,5%. L’Hexagone reste le deuxième partenaire commercial du Maroc, derrière l’Espagne (18,7% en 2018). Il est notre deuxième client et deuxième fournisseur, soit respectivement 21,7% et 11,9% en 2018.
Les échanges ont augmenté de 7,1% après une progression de 6,6% en 2017.
Toutefois, la croissance des importations (+9,1%, à 57,3 milliards de DH) est plus rapide que celle des exportations (+5,2%, à 59,8 milliards). Le Maroc reste excédentaire de 2,6 milliards de DH à fin 2018, mais cet excédent se résorbe actuellement.
Sur les 9 premiers mois de 2019, les importations en provenance de la France ont augmenté de 11,5% à 44,5 milliards de DH, alors que les exportations vers la France se sont accrues de 2,4%, seulement pour atteindre 45 milliards de DH. L’excédent du Maroc est donc descendu à 440 MDH et le taux de couverture des importations par les exportations ne s’élève plus qu’à 101%.
Pour rappel, le taux de couverture s’élevait à 108% en 2017, son plus haut niveau depuis 2002. Il y a donc une sorte d’inflexion qui est amorcée, due à plusieurs facteurs.
Hausse des importations de blé et de voitures
En 2019, la hausse des importations depuis la France s’explique essentiellement par la forte reprise des achats de blé (+111%), des voitures de tourisme (+79%) et des machines et appareils divers (+31%).
En 2018, la hausse s’explique par:
- l’expansion des importations de biens d’équipement (+11,7%) : turboréacteurs et turbocompresseurs, parties d’avions, véhicules et matériels pour voies ferrées…
- le fort rebond des achats des produits finis de consommation (+17,1%) : parties et pièces pour voitures de tourisme.
- la reprise des importations des produits alimentaires (+3,1%) : blé principalement.
Baisse des exportations de textile, agrumes, tomates et voitures
Pour ce qui est des exportations du Maroc vers la France, en 2018 il y a eu :
- Une faible croissance des ventes des produits alimentaires, boissons et tabacs (+2,2%) : mauvaise performance des tomates fraîches et des agrumes.
- Stagnation des ventes des produits finis de consommation et des demi-produits : repli des voitures de tourisme, des produits de textile, de l’acide phosphorique et des produits d’isolation.
- Repli des ventes des produits bruts d’origine animale et végétale (-19%).
Notons toutefois une forte expansion des exportations marocaines des produits finis d’équipement (+15%), notamment les produits électriques. Cette expansion s’est poursuivie en 2019 qui connait également une reprise des expéditions de produits agricoles (tomates, pastèques et melons…).
Baisse du poids des touristes, des transferts MRE et des IDE français
En dehors de la balance commerciale, les arrivées de touristes français (MRE compris), bien qu’en hausse continue, voient leur part dans les arrivées totales diminuée à 31% en 2017-2018 contre 38% en 2008-2009.
En termes de transferts des MRE, 23 milliards de DH ont été reçus en 2018, en baisse de 1,7% par rapport à 2017 qui avait enregistré une hausse de 5,2%. C’est lié au ralentissement de la croissance économique française. Leur part dans les transferts totaux est de 35,5%, un niveau comparable sur les trois dernières années. La France demeure le premier pays d’origine des transferts des MRE.
En matière d’IDE, la France a perdu son rang de premier investisseur au Maroc en 2018, au profit de l’Irlande en raison d’une opération exceptionnelle. Mais sur la période 2012-2018, la France demeure le premier investisseur avec une part de 28% en moyenne.
En 2018, le flux des IDE français a atteint 8,1 milliards de DH (+5,2%), soit une part de 17% contre 58% en 2010.
Enfin, en matière de coopération financière, le Maroc est le premier bénéficiaire des prêts de l’Agence française de développement avec 6 milliards d’euros cumulés depuis 1992. A fin 2018, plus de 3 milliards d’euros étaient encore engagés dont la moitié en faveur du secteur privé.
Lire aussi: Maroc-France: 9 nouveaux accords de coopération
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