Emploi. Cybersécurité, un métier d’avenir au Maroc
Une étude menée par le leader mondial de la sécurité informatique révèle que 85% des jeunes marocains estiment que le métier est porteur en terme d’opportunités d’emploi et d’évolution de carrière. Mais les sondés ne le classe toutefois qu’en 10e position des métiers les plus attractifs.
Pour cerner la perception du métier de la cybersécurité chez les jeunes cadres marocains, Kaspersky Lab a réalisé en novembre 2018 une étude auprès 750 professionnels marocains, répartis sur 40 villes du Royaume.
Menée par le cabinet de sondage Averty, l’enquête s’est intéressée également aux critères qui guident le choix des filières d’études chez les jeunes, le choix du métier, les carrières les plus attractives et a tenté de jauger la question de la parité dans ce métier où la demande est en forte évolution.
Cybersécurité: un métier d’hommes
Premier constat révélé par l’étude: malgré le grand potentiel en matière de recrutement, la filière ne vient qu’en 10e position des métiers les plus attractifs, avec un écart assez important selon le sexe des répondants.
En effet, si les hommes classent le métier en 5e position, les femmes elles le relèguent à la 17e position.
Pour les sondés, le top 3 des filières d’études et des métiers les plus attractifs au Maroc sont l’"informatique, télécom et web" (43%), le "Marketing, publicité et communication" (36%), et le "Commerce et distribution" (31%).
L’automobile et l’audit viennent respectivement en 4e et 5e positions.
Ce désintérêt des femmes pour le métier n’est pas expliqué dans l’étude. Mais certains points sondés y apportent quelques éléments de réponse. Comme la notoriété du métier par exemple.
Ainsi, comme le démontre le sondage, le métier de cybersécurité semble largement plus connu chez les hommes (76%) que chez les femmes (63%).
37% des femmes n'ont jamais entendu parler de ce métier contre 23% chez les hommes.
"Cette méconnaissance du métier peut expliquer la faible attractivité de la sécurité informatique chez les répondantes", tentent ainsi d’expliquer les auteurs de l’étude.
Autre indice révélateur de ce déséquilibre: parmi les sondés affirmant avoir une idée sur le métier de la cybersécurité, 40% déclarent connaître quelqu’un dans leur entourage qui travaille dans la sécurité informatique et qui les inspire. Dans 85% des cas, il s’agit d’un homme.
Les hommes en revanche connaissent moins de femmes travaillant dans la cybersécurité (4%).
Globalement, 42% des femmes et 50% des hommes croient que c’est un métier plutôt masculin.
Seuls 8% des femmes et encore moins d’hommes (3%) perçoivent la sécurité informatique comme un métier à parité égale.
La passion, principal critère de choix de son métier
Qu’est-ce qui commande donc au choix de la filière d’études et du métier chez les jeunes marocains?
La passion, répondent 35% des sondés. Les opportunités d’emplois sont le deuxième critère cité (25%), suivies de l’image du métier dans la société (18%).
La rémunération, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est citée qu’en dernière position (18%).
Ce classement reste le même aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Ceci dit, 30% des répondants déclarent ne pas travailler dans leur domaine de formation.
Un décalage qu’ils expliquent par le manque d’opportunités d’emploi dans le domaine de formation initiale (51%). Et ce taux s'élève à 66% pour les femmes, qui semblent rencontrer plus de difficultés dans ce sens.
29% finissent par trouver un métier plus intéressant et 20% trouvent un métier mieux payé. Ce dernier constat est remarqué chez les hommes (26%) plus que les femmes (12%).
A noter que l’âge moyen du choix du futur métier se fait à 21,2 ans chez les femmes et 22,3 ans chez les hommes.
"Un métier important pour les entreprises"
Si leur connaissance du métier de la cybersécurité paraît relativement limitée, les jeunes cadres marocains (95%) arrivent toutefois à percevoir l’importance la sécurité informatique pour l’entreprise. 78% estimant qu’elle est très importante.
Il n’en demeure pas moins que 6% des femmes ne voient pas l’importance de la cybersécurité, contre moins de 3% des hommes.
La grande majorité des répondants, hommes et femmes (85%), estiment aussi que la sécurité informatique est un métier d'avenir au Maroc.
La majorité des répondants (75%) qualifie les métiers de sécurité informatique de plutôt intéressants (38%) ou très intéressants (36%).
Les femmes trouvent toutefois ces métiers moins intéressants. 30% d’entre elles ne trouvent pas d’intérêt dans la sécurité informatique contre 20% d’hommes.
Les raisons de cet intérêt résident, selon les répondants, d’abord dans l'évolution de carrière qu'il permet (46%), la demande existante (40%) et la rémunération.
En revanche, le manque d'intérêt exprimé s’expliquerait, d’après les sondés, par la faible demande sur le marché (40%), le manque de compétences requises (36%), l'absence d'offres de formation spécialisées (30%) et la faible rémunération (19%).
À découvrir
à lire aussi
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril 2026 à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.
Article : Mondial 2030. Où en sont les chantiers des stades de Casablanca ?
Casablanca accélère la modernisation de ses infrastructures sportives à l’approche de la Coupe du monde 2030. Plusieurs stades emblématiques de la ville font l’objet de projets de réhabilitation ou de reconstruction, avec des investissements importants mobilisés. Round-up.
Article : Sahara : malgré ses efforts, Alger se heurte à une ligne américaine inchangée
En marge de l’Antalya Diplomacy Forum, en Turquie, le ministre des Affaires étrangères algérien et le haut conseiller du président américain pour le monde arabe et l'Afrique ont échangé autour de plusieurs "sujets d'actualité", dont le Sahara. Mais derrière les formules convenues du texte algérien, l'appui américain à l'intégrité territoriale du Maroc demeure clair et inchangé. Relevant depuis décembre 2020 de la logique de la continuité étatique, la position de Washington s'inscrit désormais dans la durée, indépendamment des alternances politiques internes ou des efforts diplomatiques engagés par Alger. Analyse.