Flexibilisation, emprunt international...: les petites phrases de Benchaâboun
S'exprimant devant quelques journalistes le mardi 5 novembre, Mohamed Benchaâboun ministre de l'Economie et des Finances a eu quelques petites phrases qu'il faut parfois lire entre les lignes.
Flexibilisation des changes. La bande de fluctuation va-t-elle être élargie et quand? "Il n'y a aucune raison de ne pas l'envisager. Il n'y a aucune raison de se précipiter". Benchaâboun ajoute: "De toutes les façons, il ne faut pas annoncer la date à l'avance".
Décryptage: ça va se faire probablement en 2020.
Emprunt international. "Je serai au roadshow à partir du 18 novembre. Nous n'avons pas encore décidé si l'emprunt se fera en dollars ou en euros, cela dépendra des conditions du marché. Nous n'avons pas tranché pour le montant."
Décryptage: le ministre des Finances ne peut pas annoncer ses intentions mais il a des objectifs en tête. Pour garder intacte sa capacité de négociation, il ne se découvre pas. Les conditions du marché international sont actuellement très favorables et la dernière amélioration de la perspective de la note marocaine par Standard & Poor's joue en faveur du Maroc. L'emprunt se situera à au moins 1 milliard de dollars. Le double n'est pas exclu.
Article 9 du PLF 2020 et insaisissabilité des biens de l'Etat. "Dans la Constitution, les équilibres budgétaires et la continuité de l'Etat sont des responsabilités partagées du parlement et du gouvernement. L'exécution des jugements est également une obligation constitutionnelle. Le gouvernement n'a pas le droit de dépenser un Dirham sans qu'il ne soit prévu dans la loi de Finances, votée par le parlement. L'Etat a payé 10 MMDH ces trois dernières années. L'insaisissabilité existe dans toutes les démocraties ou presque. Il faut prévoir dans chaque loi de Finances, une enveloppe à dépenser et que l'on ne pourra pas dépasser".
Ce qui a rassuré les agences de notation et permis d'améliorer le rating du Maroc. "En Afrique, il n'y a que deux pays qui ont l'investment grade, dont le Maroc. Début octobre 2019, Standard & Poor's a relevé la perspective du Maroc de négative à stable. L'agence a été rassurée par les perspectives de maîtrise des finances publiques et du déficit budgétaire grâce à l'annonce des décisions suivantes:
-l'instauration de mécanismes innovants de financement.
-la mise en place d'une couverture des prix du gaz butane, ce qui évite les dérapages du passé et permet de limiter les dépenses de compensation au plafond prévu dans la Loi de Finances.
-l'annonce d'un programme de privatisations".
La hausse de l'IS pour les hôtels. "L'impact est estimé à 8 MDH pour les 3.500 hôtels". La hausse proposée dans le PLF 2020, ferait passer le taux de 17,5% de l'IS à un taux de 20%, si elle était adoptée par le parlement.
Marchés publics. Sur les 198 MMDH d'investissements publics proposés par le PLF 2020, quelle est la part de valeur ajoutée qui restera au Maroc? La question 'nest pas anodine car des marchés importants continuent à être remportés par des entreprises étrangères et on n'a pas toujours l'impression qu'il y a une préférence nationale. Benchaâboun: "Le cadre réglementaire des marchés publics doit l'imposer". Le ministre trouve anormal que des cahiers des charges de marchés publics semblent avoir été conçus spécialement pour écarter les opérateurs marocains.
À découvrir
à lire aussi
Article : Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements
Du trottoir aux stades, en passant par les services publics, l’institution présidée par Abdelkader Amara dresse un état des lieux sévère des usages de l’espace commun. Son avis, présenté le mercredi 10 juin, met en cause autant l’éducation, l’application des règles que la gestion de proximité.
Article : Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta
À quelques heures du coup d’envoi de l’opération d’accueil des MRE, la nouvelle zone d’entrée a été ouverte dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026, après plusieurs mois de travaux. La voie de sortie reste, elle, provisoirement en service avant une nouvelle phase de réhabilitation prévue après l’été.
Article : Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.
Article : Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc
Sans graphite, pas de batterie électrique. C’est ce maillon discret, mais indispensable, que Falcon Energy Materials veut produire à Jorf Lasfar. Retardée par l’arrivée d’équipements depuis la Chine, son usine pilote s’apprête à démarrer. Mais avant la grande unité prévue à l’horizon 2028, l’entreprise doit franchir l’étape qui décidera de tout : convaincre les industriels de la batterie que le produit marocain peut entrer dans leurs chaînes d’approvisionnement. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce grand pari industriel pour le Maroc.
Article : Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité
Depuis quelques semaines, le groupe OCP est scruté de près à cause d’un contexte tendu. Crise d’Ormuz, hausse du soufre, des milliards contractés en dette, annonce de réduction de la production… Le tout assoit l’idée que le groupe traverse une crise sans précédent. La réalité est plus nuancée et plus intéressante. Fin mai, le groupe a pris une décision qu’il nous a confirmée en exclusivité : remonter à 100% de ses capacités de production d’engrais d’ici fin juin. Une annonce à rebours de toutes les lectures faites jusque-là. Révélations.
Article : Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial
EXCLUSIF. Les investissements chinois au Maroc dans les batteries et les composants destinés aux véhicules électriques continuent d’alimenter les inquiétudes en Europe. Contactée par Médias24, l’ambassade de Chine défend une coopération industrielle alignée sur la stratégie du Royaume, tandis que la Commission européenne ne les remet pas en cause par principe, mais affirme surveiller les flux commerciaux, les structures de production et le respect des règles d’origine.