Augmentation de l'IS sur les hôtels: la CNT réagit
Le projet de loi de finances 2020 prévoit de faire passer le taux de l'impôt sur les sociétés (IS) de 17,5% à 20%, entre autres pour l’hôtellerie et l’animation touristique. La Confédération nationale du tourisme réagit.
Les opérateurs de l'industrie touristique expriment leur déception quant au projet de loi de finances 2020, qui prévoit d'augmenter l'IS de 17,5% à 20%, entre autres, pour l'hôtellerie.
Dans un article précédent, ces derniers, unanimement contre cette mesure, ont affirmé à Médias24 que l’adoption de cette disposition fiscale aura des effets négatifs à savoir l’augmentation des tarifs des séjours hôteliers.
"Tout d’abord nous attendions la mise en œuvre des recommandations des assises de la fiscalité tenues en mai 2019. Faut-il rappeler que ces assises ont connu une approche participative très louable impliquant toutes les forces vives de la nation. Les recommandations qui en ont découlé étaient donc le fruit d’un consensus très large vers notamment deux points: les citoyens sont trop taxés à travers l’impôt sur le revenu et les entreprises sont trop taxées à travers l’impôt sur les sociétés, entre autres sur les taxes locales", explique la CNT dans un communiqué.
"D’une part les tranches d’impôt sur les revenus n’ont pas été touchées, d’autre part le taux de la deuxième tranche de l’impôt sur les sociétés est passé de 17,5% à 20%".
"A l’instar du secteur de l’industrie qui voit son impôt sur les sociétés de la tranche supérieure passer de 31% à 28% et des entreprises installées dans les zones d’accélération industrielle qui vont bénéficier d’un taux spécifique de 15%, nous aurions souhaité aussi être considérés comme secteur productif important par son apport en devises permettant d’équilibrer notre balance commerciale", poursuit la CNT.
"Idem en ce qui concerne les taxes locales, rien n’a été fait. Nous n’avons pas encore vu la couleur de la loi fiscale cadre censée révolutionner les taxes locales. De plus, l’hôtellerie sera touchée de plein fouet par la hausse de l’IS de 17,5% à 20%. D’autant plus qu’il n’y a aucun signe de la part du gouvernement pour soutenir ce secteur".
"Le tourisme aujourd’hui doit être réinscrit dans les priorités de l’Etat au cœur même du nouveau modèle de développement économique. Il faut qu’il soit appuyé par tous pour que notre pays soit plus compétitif", souligne le communiqué.
"Nous ne sommes pas les seuls autour du bassin méditerranéen et encore moins dans le monde à vouloir capter un pourcentage des 1,8 milliard de touristes. La compétitivité des opérateurs de l’industrie touristique ne peut se faire que si on allège le poids de leur fiscalité. Les opérateurs marocains souffrent par rapport à leurs voisins. Pour ne pas citer d’autres pays, la Tunisie a une fiscalité plus globale sur le secteur du tourisme. Par exemple une TVA de 7% est appliquée sur l’ensemble des services rendus au tourisme. Chez nous on doit naviguer entre une TVA à 20% sur les agences de voyages et les locations de voitures, 14% pour le transport touristique et 10% pour l’hébergement et la restauration..."
"Par ailleurs, comment peut-on être compétitif avec plusieurs taxes locales (taxe professionnelle, taxe de séjour, taxe de débit de boissons, taxe de promotion touristique, taxe sur les enseignes,...). Nous sommes actuellement à une progression moyenne de 800.000 nouveaux clients par an. Sachant que 30 nouveaux clients permettent la création d’un nouvel emploi, nous sommes en mesure de créer 25.000 emplois nouveaux chaque année. Ceci n’est envisageable que si nous sommes compétitifs au niveau des prix qui seront proposés. Nous avons bien peur qu’avec ce qui a été prévu dans la prochaine loi de finances, ce ne soit l’effet inverse qui se produise", conclut la CNT.
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