Cellule terroriste démantelée: mode opératoire inédit, Casablanca était ciblée
La cellule terroriste voulait opérer sur le sol et dans les eaux de Casablanca. Des points de repli dans les régions montagneuses du Nord. 7 membres arrêtés, un Syrien recherché et des ramifications possibles à l’étranger.
"Une opération de grande envergure" et un mode opératoire "inédit"… On en sait davantage sur la cellule terroriste démantelée le 25 octobre par le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ).
Les 7 individus arrêtés voulaient sévir "non seulement sur le sol, mais aussi sur les eaux de Casablanca. C'est la singularité de ce réseau terroriste. Ce qui explique la présence, parmi les objets saisis, de matériels nautiques et de plongée", rapporte Abdelhak Khiame, patron du BCIJ. Il s'exprimait le lundi 28 octobre, au siège du Bureau, devant une présence médiatique particulièrement importante.
Armes à feu, armes blanches et autres matériel font partie de l’arsenal exposé en marge du point de presse. Deux drapeaux frappés de l’emblème de "D’aech", dit "Rayat Al Ooqab", ne laissent aucune ambigüité quant aux visées des concernés. Leur objectif était "d’attaquer des sites sensibles du Royaume", afin d’y instaurer un état de "psychose". La finalité ultime: créer une branche du pseudo "Etat islamique", nommée "la Wilaya du Maroc islamique", ajoute M. Khiame.
Un niveau scolaire très modeste
La cellule a mis trois "planques" en place, chacune correspondant à des objectifs opérationnels. Outre la villa de Tamaris (Casablanca), où six membres de la cellule ont été arrêtés, M. Khiame cite une maison à Ouazzane et une autre à Chefchaouen.
Ces deux derniers "points de repli" constituent une sorte de "maquis", une "base arrière" située dans "les régions montagneuses du Nord du pays". Façon de rééditer "le maquis algérien" dans les années 1990 ou le plus récent assassinat d’Imlil (région de Marrakech)? Des leçons ont été tirées de cet événement. "Ces zones sont parfaitement couvertes par nos services", rassure l’intervenant.
Les 7 individus ont entre 19 et 27 ans. Tous justifient d’un niveau de scolarité "très modeste". En 2016, leur "émir" a tenté de rejoindre la branche de l’EI au Sahel "mais n’a pas réussi". D’où ses visées devenues locales. "Sur les réseaux sociaux, il était en contact avec des éléments de D’aech qui lui ont assigné de sévir là où il est", détaille le directeur du BCIJ.
Appui logistique et financier d'un Syrien
Une 8e personne est en cours d’identification. Les premières recherches font état d’un citoyen "syrien", qui fournissait un appui "logistique et financier". "Nos services sont en train de dresser un portrait robot de l’individu. Les recherches se poursuivent en vue de son arrestation. Des mesures ont été prises au niveau des frontières marocaines."
Les contacts avec d’autres "individus" suggèrent l’existence de ramifications à l’étranger. Leur étendue sera élucidée lors l’enquête du BCIJ, qui n’a pas encore été bouclée.
Le démantèlement de la cellule est survenu la veille de l’annonce de la mort d’Al Baghdadi, pseudo "calife" de D’aech, tué lors d’un raid de l’armée américaine. Un impact sur la menace jihadiste au Maroc ? M. Khiame refuse de personnifier le phénomène. Pour lui, la lutte ne s’arrête pas avec la mort "du promoteur de l’organisation" terroriste, elle se poursuit "contre une idéologie qui persiste".
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