L’écosystème Tanger Med veut créer 40.000 emplois nouveaux d’ici 2025
L’écosystème Tanger Med a déjà créé 75.000 emplois à fin 2018. La dynamique va se poursuivre avec un nouveau programme d’investissement portuaire et logistique et l’installation de nouvelles entreprises dans l’arrière-pays du port.
Le complexe portuaire Tanger Med continue de faire l’actualité. Après l’inauguration du port Tanger Med II le 28 juin, des délégations d’autorités portuaires et d’hommes d’affaires africains continuent d’affluer pour visiter le port et découvrir sa gouvernance. Alors qu’il était déjà premier port en Afrique, Tanger Med est devenu premier port en Méditerranée, avec une capacité de 9 millions de conteneurs.
Pour parler des développements récents et futurs du complexe, Mehdi Tazi Riffi, DG de l’Autorité portuaire de Tanger Med, était l’invité de l’émission Confidences de presse diffusée sur 2M, dimanche 14 juillet. Il y a fait des révélations intéressantes.
Un programme d'investissement de 9 milliards de DH
La plus importante des déclarations est la volonté de l’écosystème Tanger Med de créer 40.000 emplois nouveaux d’ici 2025. L’écosystème en a déjà créé 75.000 depuis son démarrage à fin 2018. Les nouveaux emplois seront créés grâce à l’installation de nouvelles entreprises dans l’arrière-pays du port et au lancement d’un programme d’investissement de 9 milliards de DH sur la période 2019-2025.
Ce programme consacre 3 milliards de DH à l'extension du port passagers et rouliers dans le but de traiter plus de camions de transport international routier, et 6 milliards de DH au lancement de nouvelles zones de facilitation import-export, des parcs et zones logistiques et des ports secs.
Comprendre l'écosystème Tanger Med
Il faut savoir que l’écosystème Tanger Med est constitué de plusieurs composantes :
- L’Agence spéciale Tanger Med, porteuse de l’ensemble des projets dans leurs composantes portuaire, logistique et industrielle.
- La filiale Tanger Med Port Athority qui gère la partie portuaire, notamment les concessions des terminaux (APM, Maersk, CMA-CGM…)
- La filiale Tanger Med Zones chargée, elle, du développement de l’arrière-pays du complexe, à savoir le pôle industriel et logistique.
Aujourd’hui, la partie portuaire est composée de :
- Tanger Med I : inauguré en 2007, il a une capacité théorique de 3 millions de conteneurs. En 2018, il a traité 3,5 millions de conteneurs, « signe de sa productivité », souligne Mehdi Tazi Riffi. Il est opéré par APM Terminals au terminal 1 et Eurogate au terminal 2 (consortium composé de Contship Italia, MSC et CMA-CGM).
- Le port passagers et rouliers : inauguré en 2010, il a traité en 2018 plus de 2,8 millions de passagers et 320.000 camions de transport international. Ce port connaîtra une extension car les projections portent sur 600.000 camions TIR à traiter annuellement à partir de 2025.
- Tanger Med II : inauguré en juin 2019, il a une capacité de 6 millions de conteneurs. APM-Maersk a démarré les opérations portuaires sur son terminal TC4. Un autre terminal (TC3) est en cours d’achèvement. Il sera géré par Marsa Maroc avec un partenaire.
La partie industrielle et logistique est composée de 4 zones d’activités qui opèrent dans les métiers de l’automobile, l’aéronautique, la logistique, le textile et les services, en plus d'une zone logistique et d'une autre dédiée à l'import/export. Il s’agit de Tanger Free Zone (TFZ), Tanger Automotive City (TAC), Tétouan Shore et Tetouan Park.
>>Lire aussi: Tanger Med Zones: 66 projets industriels accueillis en 2018
Elle est développée sur une surface de 1.600 ha, ce qui en fait la 1ère zone franche en Afrique et en Méditerranée. Elle emploie 75.000 personnes et regroupe 900 entreprises installées orientées vers l’export.
« Ces emplois ont surtout profité aux Marocaines et Marocains. Il y a très peu d’expatriés. Ces ressources humaines ont été formées notamment dans la dizaine de centres créés à proximité ou à l’intérieur de l’écosystème », précise M. Riffi.
Les retombées économiques de Tanger Med
Hormis les emplois, la rentabilité de l’investissement dans l’écosystème Tanger Med est visible à travers d’autres indicateurs.
- D’abord, l’investissement public réalisé a généré des investissements privés d’un montant largement supérieur : 35 milliards de DH (digues, autoroute, ferroviaire…) contre 53 milliards de DH (concessionnaires du port, logisticiens installés comme DHL, Nippon Expess, Decathlon… et 900 entreprises industrielles). Les investissements privés vont se poursuivre.
- Ensuite, ces investissements génèrent des devises : le chiffre d’affaires à l’export réalisé par l’écosystème Tanger Med atteint 80 milliards de DH en 2018, soit près de 30% des exportations marocaines.
- Le port Tanger Med ne bénéficie pas qu’à son écosystème mais à tout le tissu productif national. En 2018, il a traité 50% des exportations marocaines, devenant ainsi le premier port import-export du Maroc devant celui de Casablanca.
L’import-export à Tanger Med représente 30% de son activité. Le reste est constitué du transbordement (manutention de conteneurs qui font transit au Maroc avant de reprendre les routes maritimes).
- Le déménagement de l’activité camions et passagers de Tanger-ville vers Tanger Med a permis de libérer le potentiel touristique de la ville du détroit. La construction de la Marina en est la preuve.
Des retombées géostratégiques
Outre les retombées économiques directes sur le Maroc, le port Tanger Med a des retombées géostratégiques.
Avec son activité transbordement, le complexe portuaire est une plateforme logistique pour l’Afrique et la Méditerranée. Sa compétitivité est assurée par deux facteurs : un interlocuteur public unique (TMSA) et des concessionnaires qui sont également clients du port (CMA-CGEM, Maersk…)
La Méditerranée est la troisième région du monde en termes de trafic maritime. Le détroit de Gibraltar connait le passage de 100.000 navires par an, soit 20% du commerce maritime mondial.
Pour sa part, l’Afrique représente une bonne partie de l’activité du port. 40% de l’activité conteneurs est constituée de trafic en provenance ou envers l’Afrique. Tanger Med est connectée à 40 ports africains (service hebdomadaire).
À découvrir
à lire aussi
Article : Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement
La ministre de l’Économie et des Finances a présenté aux parlementaires l’état d’exécution de la loi de finances 2026 et les grandes orientations budgétaires pour 2027-2029. Croissance revue à la hausse, déficit contenu, dette jugée soutenable et poursuite des grands chantiers sociaux : voici les principaux éléments de son exposé.
Article : Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée
Le célèbre avocat italien Me Fabio Anselmo, désormais conseil de la famille de Abderrahim Fakir, mort lors d'une interpellation à Bologne, livre à Médias24 une analyse des premières orientations de l'enquête et des risques que la procédure choisie fait peser sur la manifestation de la vérité.
Article : Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?
Alors que le MASI perd plus de 6% depuis le début de l’année, les mines et les assurances restent parmi les rares secteurs en hausse. La progression des minières est partagée par les trois valeurs cotées, mais son influence sur le marché repose surtout sur Managem. Dans les assurances, les évolutions sont plus contrastées, avec Sanlam et Wafa Assurance en hausse face au recul d’AtlantaSanad.
Article : Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue
Le gouvernement prolonge jusqu'au 31 août le dispositif de protection de la récolte nationale de blé tendre, afin de laisser aux minotiers davantage de temps pour atteindre leurs objectifs d'achat. En toile de fond, une collecte qui accuse du retard et des importations toujours freinées par un droit de douane de 170%.
Article : Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption
À Salé, le Parti de l'Istiqlal a détaillé l'un des cinq engagements de son programme pour les législatives de 2026 : la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts. Le parti défend cinq axes de réforme pour restaurer la confiance des citoyens.
Article : Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans
Le Parlement français vient de valider une mesure inédite sur le continent européen visant à bannir les moins de 15 ans des réseaux sociaux pour préserver la santé des adolescents.