Maroc-Turquie: le déficit commercial explose en 2018
Il a atteint 16 milliards de DH. En cause, une baisse des exportations du Maroc pour la deuxième année consécutive et une poursuite de la hausse des importations de Turquie. L’accord de libre-échange entré en vigueur en 2006 n’a profité qu’aux Turcs.
Selon l’Office des changes, les importations en provenance de Turquie ont atteint 21,5 milliards de DH en 2018, en hausse de 11,4% par rapport à 2017 et de 36% par rapport à 2015.
En 2006, l’année d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange Maroc -Turquie, les importations atteignaient à peine 5,5 milliards de DH. Elles ont dont quadruplé en 13 ans.
Les importations dans le cadre de l’accord représentent 72% du total, soit 15,5 milliards de DH. Un montant en hausse de 14,7% par rapport à 2017. Il représente 10% des importations du Maroc dans le cadre de tous les accords de libre-échange signés.
En face, les exportations du Maroc vers la Turquie totalisent 5,5 milliards de DH seulement, en baisse de 20,3% par rapport à 2017 et de 25,7% par rapport à 2016.
L’Office des changes ne précise pas la part des exportations réalisées dans le cadre de l’accord de libre-échange.
Ainsi, le déficit commercial du Maroc avec la Turquie s’est envolé à 16 milliards de DH contre 12,4 milliards en 2017 et 10,7 milliards en 2016. En 2006, il se limitait à 4,4 milliards de DH.
Il s’agit du troisième plus important déficit commercial du Maroc par pays, après celui avec la Chine (44,7 milliards de DH) et les Etats-Unis (25,3 milliards de DH).
La déferlante turque difficile à contrer
Malgré les mesures de défense commerciales décidées par le Maroc contre les produits provenant de Turquie, notamment dans les secteurs du textile et de la sidérurgie, le Maroc peine à faire face à la déferlante turque qui s’est aggravée avec l’accord de libre-échange.
Certes, le Maroc a lui aussi amélioré ses exportations vers la Turquie qui ne s’élevaient qu’à 1,1 milliard de DH en 2006. Mais vu l’ampleur du déficit commercial avec ce pays, c’est clair qu’il est le seul à en avoir pleinement profité.
Hormis l’effet gain de compétitivité lié à la chute de la livre turque en 2018, les exportateurs turcs sont très agressifs et l’économie de ce pays s’industrialise de plus en plus et produit des biens plus diversifiés et à plus forte valeur ajoutée.
Le gouvernement turc subventionne même certains secteurs d’activité pour leur permettre de percer à l’international, accusent quelques opérateurs marocains lésés par l’invasion de produits turcs.
Il faut savoir que la Turquie est, entre autres :
- Le premier fournisseur du Maroc de voitures utilitaires : 1 milliard de DH en 2018, +48% en une année.
- Le 4ème fournisseur de voitures de tourisme : 2,2 milliards de DH, +15%, avec une part de marché de 10%.
- Le 4ème fournisseur de tissus et fils de fibres synthétiques : 972 MDH, +17%, avec une part de marché de 13%.
Voici les principaux produits importés de Turquie dans le cadre de l’accord de libre-échange :
En matière d’exportations, le Maroc expédie vers la Turquie une trentaine de divisions de produits dont le montant dépasse 1 MDH.
Même si les exportations d’acide phosphorique ont doublé en 2018 pour atteindre 1,1 milliard de DH, les ventes de plusieurs produits principaux ont chuté en 2018 :
- Les véhicules routiers ont chuté de 48% (1,2 milliard de DH),
- Les engrais de 28% (1 milliard de DH),
- Les aliments de bétail de 5% (669 MDH),
- Les sucres et préparations en sucre de 21% (432 MDH),
- L’or et les métaux non ferreux de 37% (490 MDH),
- Les poissons de 4,5% (200 MDH).
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