La Banque mondiale et le Maroc élaborent leur nouveau cadre de partenariat
Le Maroc et la Banque mondiale sont en train de finaliser leur nouveau cadre de partenariat qui sera probablement lancé début 2019. On s’attend à un renforcement de l’engagement de l’institution internationale.
Le voici donc de retour, cette fois-ci en tant que vice-président pour la région MENA (Afrique du nord, Moyen orient). Lundi et mardi, il a effectué une visite officielle dans le Royaume où il a rencontré une élite économique et politique dont il connaît la plupart des grandes figures. Il a tenu également une table ronde très détendue avec plusieurs jeunes startuppeurs à Casablanca.
Le précédent cadre de partenariat a pris fin en 2017. Il sera remplacé par un nouveau cadre en 2019. Sur la base des échanges que nous avons eus avec les représentants de l’institution internationale, on s’attend à ce que les engagements de la Banque au Maroc augmentent sensiblement au cours de la prochaine période qui s’étendra jusqu’à 2022 ou 2023.
Au 31 juillet 2018, le portefeuille des projets financés par la Banque mondiale au Maroc s'élevait à environ 2 milliards de dollars, soit près de 18,7 milliards de dirhams. Sur cette enveloppe, 62% de l'engagement total n'est pas encore décaissé, à savoir un montant de 1,3 milliard de dollars.
Selon des données de la Banque mondiale, de 2014 à 2018, les nouveaux concours financiers annuels étaient d'environ un milliard de dollars sauf pour les deux dernières années, 2017 et 2018, au cours desquelles l'enveloppe annuelle approuvée a été de 500 millions de dollars. Probablement une conséquence du retard mis dans l’installation du nouveau gouvernement.
Le Cadre de partenariat 2014-2017 reposait sur trois domaines de résultats:
-Promouvoir une croissance concurrentielle et inclusive ;
-Construire un avenir vert et résilient;
-Renforcer la gouvernance et les institutions pour une meilleure prestation de services à tous les citoyens.
Qu’en est-il du futur cadre de partenariat ?
Cet accord n’est pas totalement ficelé, selon les termes de deux responsables de la Banque.
Ce qui est sûr, c’est que la Banque mondiale souhaite “élever ses ambitions avec le Maroc“ considéré comme un pays à revenu intermédiaire ayant un fort potentiel. “L’enveloppe financière d’engagement sera conséquente“, selon l’expression de Ferid Belhaj. On s’attend également à un engagement important vis-à-vis du secteur privé.
Les grands axes seront probablement:
-la relance de la croissance et de l’activité privée ;
-l’Education, la formation professionnelle, le capital humain ;
-une croissance qui revêt une dimension locale, au niveau territorial, le développement durable, la problématique de l’eau, la prévention des catastrophes naturelles…
-améliorer l’efficience de la dépense publique.
11 ans après, comment il perçoit le Maroc
Nous étions curieux de connaître la perception qu’avait Ferid Belhaj, 11 années après son précédent départ. Aujourd’hui, il est en charge de la zone Mena, de l’Iran jusqu’au Maroc. A chaque fois que la question lui est posée, la comparaison est inévitable.
“Je vois la région, je vois un pays qui va de l’avant, pas forcément assez vite, mais qui va de l’avant et qui est en train d’adresser les défis du monde actuel, les énergies renouvelables, le développement durable, les nouvelles technologies….“.
Il poursuit: “Dans d’autres pays, il y a une régression. Le Maroc offre l’image d’un pays où il fait bon investir. Le verre est à moitié plein“.
Il voit un “grand potentiel pour aller de l’avant“, porté par des “Hommes (et femmes) qui ont un entendement très fin du contexte et de la force de proposition“.
Pour Marie Françoise Marie-Nelly, directrice du Département Maghreb et Malte, le “grand défi, ce sont les jeunes“. Elle cite l’existence d’un consensus autour du fait que c’est l’Homme qui doit faire le capital de demain, que la préparation de la jeunesse doit se faire dès la petite enfance. Elle recommande que le Maroc capitalise enfin sur son potentiel d’urbanisation et conclut : “C’est un moment charnière, il y a un consensus des acteurs sur ce qu’il faut faire et sur la manière de le faire“.
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