Flexibilité du dirham: L’effet sur l’inflation “est limité même dans le cas extrême de dépréciation du Dirham” (Jouahri)
Dans son rapport présenté devant le Souverain, Abdellatif Jouahri fait, entre autres, le point sur la réforme du régime des changes. Le wali assure que l’effet de la flexibilisation des changes sur l’inflation reste limité même dans le cas extrême, à savoir la dépréciation du dirham de 2,5%.
Le wali de la Banque centrale s’est livré à l’exercice annuel de présenter son rapport au Roi Mohammed VI. Dans ce rapport annuel, Abdellatif Jouahri revient sur la réforme du régime des changes introduite le 15 janvier 2018 et qui a consisté en l’élargissement de la bande de fluctuation du Dirham de ± 0,3% à ± 2,5%, comme «première étape d’une transition volontaire et graduelle vers un régime plus flexible».
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Ce premier pas de la réforme ne s’est pas fait sans remous, l’entrée en vigueur s’est faite après un long feuilleton de reports qui n’a pas livré tous ses secrets. Pour rappel, le grand public a manifesté d’importantes inquiétudes pour son pouvoir d’achat. Les opérateurs économiques et les banques ont fortement eu recours aux couvertures de change avec une suspicion de spéculation qui a poussé à l’ouverture d’une enquête suite à des mouvements importants sur la devise précédant l’entrée en vigueur de la réforme qui était prévue initialement pour juillet 2017. Les résultats de cette enquête n'ont pas été rendus publics.
Sept mois après son entrée en vigueur, que peut-on dire sur cette réforme?
Bank Al Maghrib reconnaît que «cette réforme n’est pas sans risque pour l’économie nationale en particulier en matière d’évolution des prix» mais tient encore une fois à rassurer en affirmant que ce «risque devrait rester contenu à moyen terme».
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La Banque centrale avance comme argument les évaluations qu’elle a effectuées et qui montrent que l’impact de cette première étape à moyen terme reste limité. «L’effet sur l’inflation même dans le cas extrême d’une dépréciation de 2,5% du Dirham ne devant pas dépasser 0,4 point de pourcentage. A plus long terme, la mise en place d’un cadre de ciblage d’inflation, prévu à un stade avancé de cette transition, permettrait davantage d’efficacité de la politique monétaire», peut-on lire sur le rapport de la Banque centrale.
Bank Al Maghrib est donc confortée dans la stratégie qu’elle a mise en place et compte poursuivre la réforme engagée. Sans préciser la date du passage à la deuxième étape, le gouverneur assure que «lorsque le processus de flexibilisation atteindra un stade avancé, la Banque mettra en place un cadre de ciblage d’inflation avec comme ancre nominale l’inflation au lieu du taux de change actuellement». Pour la Banque centrale, «l’expérience internationale montre que ce cadre présente plusieurs avantages, notamment un meilleur ancrage des anticipations d’inflation et une amélioration de la transmission des décisions de politique monétaire».
L’institution dirigée par Abdellatif Jouahri planche sur le cadre de référence pour ce nouveau régime de politique monétaire.
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