L’endettement des ménages au Maroc demeure élevé

Le rapport 2017 sur la stabilité financière vient d'être publié. Il souligne que l’endettement financier des ménages se situe à un niveau élevé, avec un allongement à surveiller des durées des crédits à la consommation. Le impayés bancaires des ménages repartent à la hausse.

L’endettement des ménages au Maroc demeure élevé

Le 24 juillet 2018 à 12h33

Modifié 24 juillet 2018 à 12h33

Le rapport 2017 sur la stabilité financière vient d'être publié. Il souligne que l’endettement financier des ménages se situe à un niveau élevé, avec un allongement à surveiller des durées des crédits à la consommation. Le impayés bancaires des ménages repartent à la hausse.

La dette financière des ménages, contractée auprès des banques et des sociétés de financement, s’est établie à 323 milliards de DH à fin 2017, soit le tiers de l’ensemble des financements accordés aux agents économiques. 

Elle a progressé de 4,4% contre 4,2% en 2016. Le niveau d’endettement moyen a augmenté de 800 DH pour s’établir à 41.000 DH.

La dette des ménages représente près de 30% du PIB, un niveau stable sur les dernières années. Toutefois, comparativement à d’autres pays émergents et en développement, le niveau d’endettement des ménages au Maroc demeure élevé.

Par exemple, en Turquie le taux se limite à 15% du PIB. La médiane des pays émergents est de 21%, rapportée par le FMI dans son rapport de la stabilité financière dans le monde publié l’année dernière.

Plus de 71.000 bénéficiaires du crédit à l'habitat en 2017

La dette des ménages au Maroc est constituée à 64% des crédits à l’habitat, soit 208 milliards de DH.

Ces crédits poursuivent leur décélération (+4,1% en 2017 contre +4,8% en 2016) car malgré la baisse des taux d’intérêts, les transactions immobilières ont baissé en raison du renchérissement de l’ensemble des catégories d’actifs immobiliers.

Heureusement pour les ménages, la majorité des crédits à l’habitat contractés sont à taux fixe (93% en 2017 contre 64% en 2008). «Les ménages font preuve d’une relative prudence vis-à-vis de l’endettement à taux variable et ils profitent particulièrement, dans la conjoncture actuelle, des niveaux bas des taux d’intérêt. Les banques, en revanche, pourraient être davantage exposées au risque de taux», notent les rédacteurs du rapport sur la stabilité financière.

 

Les crédits à l’habitat sont contractés majoritairement pour des durées de remboursement longues: 57% ont une durée supérieure à 20 ans.

 

Toutefois, ces crédits sont concentrés chez les salariés et les fonctionnaires qui en cumulent 82% contre 77% en 2016. Les autres catégories de personnes actives occupées, dont la taille est non négligeable, accèdent peu au financement bancaire de l’habitat.

Les personnes percevant moins de 4.000 DH par mois représentent le tiers des emprunteurs et celles avec un revenu compris entre 4.000 DH et 10.000 DH près de 38%. Les personnes âgées entre 30 et 49 ans concentrent 63% des crédits. De même, les habitants des régions Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra drainent 58% des financements.

Le taux d’intérêt moyen appliqué au crédit à l’habitat a marqué une baisse de 15 points de base, à 4,81%. Près de 70% des crédits sont assortis d’un taux compris entre 4% et 6%, contre 57% à fin 2016.

Notons qu’en 2017, un peu plus de 71.000 personnes ont contracté un crédit à l’habitat pour un montant global de 28,2 milliards de DH. Le nombre de bénéficiaires est en recul de 1% par rapport à 2016 (en 2014, il s’élevait à plus de 81.000) en raison de la baisse des bénéficiaires des prêts encouragés par l’Etat (Fogarim, Fogaloge…).

Le montant moyen des crédits à l’habitat octroyés en 2017 s’établit à 398.000 DH, en baisse de 3.000 DH par rapport à 2016.

Le montant moyen des crédits à la consommation en forte hausse

Concernant les crédits à la consommation, la croissance de l’encours s’est accélérée en 2017, à +4,8% entre +3,2% en 2016, pour un montant de 115 milliards de DH.

Un allongement des durées de remboursement est observé au niveau des crédits à la consommation. En effet, les prêts dont la durée initiale est supérieure à 5 ans représentent 71,5%. Cette part était de 49% en 2009.

Cette part inclut une proportion de prêts de plus de 7 ans en nette accélération, à 17,5% après 8% en 2016.

Le montant moyen des crédits à la consommation s’élève à 53.000 DH, en hausse de 6.000 DH par rapport à 2016.

Bank Al-Maghrib tire ainsi la sonnette d’alarme. «Ces évolutions traduisent un allongement de la maturité des crédits à la consommation ainsi qu’une charge plus élevée du coût de la dette pour les ménages. Cette situation peut exposer les établissements de crédit à un risque de crédit accru», note la Banque centrale.

Le profil des bénéficiaires des crédits à la consommation montre que les personnes âgées de 40 ans et plus ont représenté 67% en 2017.

Les emprunteurs qui perçoivent moins de 10.000 DH par mois représentent 76% du total.

Le prêt personnel (non affecté) constitue 60% de l’encours. Le poids de ce type de prêts est important chez les personnes âgées de plus de 40 ans et percevant des revenus inférieurs à 6.000 DH.

Selon une enquête sur le crédit à la consommation effectuée par Bank Al-Maghrib sur la base de 265.000 dossiers, le taux d’endettement moyen des bénéficiaires ressort à 30,9% du revenu. Les fonctionnaires sont légèrement plus endettés que les salariés (32,4% contre 30,2%). Ces deux catégories concentrent plus de 80% des crédits.

De même, les ménages ayant les revenus les moins élevés ont un taux d’endettement supérieur à celui des ménages avec les revenus les plus élevés (32,4% contre 30%).

Cela dit, les particuliers dont la charge d’endettement est supérieure à 40% du revenu représentent 26,6% des bénéficiaires de crédits à la consommation en 2017. Ils cumulent plus de 37% des crédits octroyés contre 25% en 2015.

87% de cette population est constituée de salariés et fonctionnaires, dont le taux d’endettement moyen ressort respectivement à 53,7% et 53,3%.

Un taux d'impayés de 6% pour le crédit habitat et de 9,5% pour le crédit conso

Au final, les défauts de remboursement des ménages se sont accélérés avec une croissance de 4,7% en 2017 après 0,8% et 0,9% respectivement en 2015 et 2016. La progression des impayés du crédit à l’habitat s’est accélérée à 8% et celle des impayés du crédit à la consommation s'est limitée à 1,2%.

Le montant des créances en souffrance s’élève ainsi à 23,5 milliards de DH, soit un taux de défaut global de 7,3%, en stagnation par rapport à 2016. Le taux d’impayés s’élève à 6% pour le crédit à l’habitat (5,8% en 2016) contre 9,5% pour le crédit à la consommation (9,9% en 2016).
 

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