Comment le Maroc veut accélérer la lutte contre la pollution de l'air
Surveillance de la qualité de l’air, renforcement de l’arsenal juridique..., des efforts sont déployés mais beaucoup reste à faire pour la lutte contre la pollution de l’air au Maroc.
Selon un rapport récent de l'institut américain Health Effects Institute sur l’état de l’air dans le monde, 95% de la population mondiale respire un air pollué. La pollution de l'air tue 7 millions de personnes par an selon l'OMS.
Au Maroc, le coût de la dégradation de la qualité de l’air a atteint 9,7 milliards de DH en 2014, équivalant à 1,05% du PIB, selon la Banque mondiale.
La pollution atmosphérique concerne surtout les grandes agglomérations qui regroupent à la fois des sources mobiles et fixes de pollution, générée par le transport et par les installations industrielles et énergétiques.
Programme national 2017-2030
Validé en juillet 2017, le Programme national pour l'amélioration de la qualité de l’air 2017-2030 vise à réduire la pollution résultant des unités industrielles et des moyens de transport et à renforcer l'arsenal juridique en la matière.
Il vise, entre autres:
- Le renforcement et l'extension du réseau national de surveillance de la qualité de l’air;
- La réduction des rejets atmosphériques générés par les secteurs du transport et de l’industrie;
- Le renforcement du cadre réglementaire en la matière;
- Le renforcement de la communication et de la sensibilisation.
Les actions du programme consistent à:
- Doter toutes les grandes agglomérations de plus de 200.000 habitants des stations fixes de mesure de la qualité de l’air afin de porter à l’horizon 2030 le nombre de ces stations de 29 à 81 stations;
- Accélérer la mise en place des comités régionaux de suivi et de surveillance de la qualité de l’air dans toutes les régions du Royaume;
- Elargir la mise en place du dispositif de surveillance éco-épidémiologique des effets de la pollution atmosphérique à d’autres régions;
- Encourager et développer la recherche appliquée;
- Poursuivre la mise en place des plans de déplacement urbain;
- Renforcer le contrôle des fraudes liées au carburant;
- Renforcer l’appui financier au renouvellement des taxis et des véhicules de transport des marchandises âgés de plus de 15 ans;
- Elaborer des contrats de Branche, des accords environnementaux ou des conventions de partenariat;
- Elaborer les directives pour la conformité du secteur industriel aux exigences réglementaires en matière du respect de la qualité de l’air;
- Appuyer l’utilisation rationnelle de l’énergie dans le secteur industriel;
- Appuyer financièrement le secteur industriel;
- Réviser le décret n°2-97-377 du 28 janvier 1998 relatif à la pollution due aux gaz d’échappement;
- Elaborer les valeurs limites spécifiques aux polluants atmosphériques générés par les secteurs d’activités industrielles;
- Elaborer le cadre législatif relatif aux valeurs limites spécifiques de rejet dans l’air des Polluants organiques persistants (POPs) générés par le secteur industriel.
Surveiller la qualité de l'air
Un réseau de surveillance de la qualité de l'air est installé dans plusieurs régions du Maroc. Un comité permanent de suivi et de contrôle de la qualité de l'air est institué dans chacune d'entre elles.
Le secrétariat d’Etat chargé du développement durable a adopté un programme pour la réalisation des cadastres des émissions atmosphériques dans les grandes villes du Royaume. Ces cadastres décrivent la répartition spatiale et l’évolution temporelle des émissions atmosphériques.
Ils permettent de réaliser un inventaire des émissions atmosphériques, d'analyser les tendances d’évolution des émissions pour le moyen terme, d'évaluer l’impact de ces tendances sur la santé des populations et d'élaborer un plan d’action avec un échéancier d’exécution.
Ce programme concerne actuellement Casablanca, Tadla, Azilal, Fès, Gharb Chrarda, Safi, El Jadida, Youssoufia, Tanger, Tétouan, Rabat, Salé, Temara, Marrakech, Essaouira, Benslimane, Khouribga et Settat.
Les polluants atmosphériques choisis pour ces études (SO2, NOx, CO2, CH4...) caractérisent un type de source de pollution (industrielle ou automobile). Ils ont généralement des effets néfastes sur la santé et/ou l’environnement. Ils sont appelés "indicateurs" de pollution et font l’objet de réglementation.
Des pics de pollution
Dans le cadre de l’amélioration des informations et des produits de la gestion quotidienne de la pollution de l’air, la Direction de la météorologie nationale a démarré, en 2012, la mise en place d'un système de supervision et de prévision haute résolution de la qualité de l’air à l’échelle de Casablanca.
En effet, un indice fournit quotidiennement des données sur la qualité de l'air dans l'agglomération.
Pour ce 23 mai par exemple, les zones de Aïn Harrouda, Aïn Sbaa, Roches Noires et Hay Mohammedi représentent les zones les plus sinistrées.
A Kénitra, des mouvements de protestation se sont suivis suite à l'apparition d'une poussière noire en 2017 dans la ville.
Une campagne de mesure de la qualité de l'air dans la ville a révélé une concentration des particules en suspension dépassant les normes spécifiées.
Une législation limitée?
Au Maroc, la loi 11.03 vise la prévention et la lutte contre les émissions des polluants atmosphériques susceptibles de porter atteinte à la santé de l'homme, à la faune, au sol, au climat, au patrimoine culturel et à l'environnement en général. Cette loi a prouvé ses limites.
Des "Valeurs limites d’émissions" de certaines branches industrielles sont en cours d’élaboration, selon le département de tutelle, notamment les fonderies, les centrales thermiques, les cimenteries, l’industrie des phosphates, la fabrication automobile, les sucreries, les briqueteries et les huileries.
Lire aussi: Les normes de pollution de l'air peinent à s'installer au Maroc
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