Au Maroc, le nombre d'étudiants évolue plus vite que celui des enseignants
Entre 2009 et 2017, le Maroc a enregistré une multiplication par 4, environ, du nombre d'étudiants, contre une faible évolution du nombre des enseignants-chercheurs et des cadres administratifs. Ce déséquilibre entraîne des difficultés relatives à l’encadrement pédagogique et administratif.
Le rapport du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) sur "La promotion des métiers de l'éducation, de la formation, de la gestion et de la recherche" dévoile un déséquilibre entre l’évolution du nombre d’étudiants et celui des organismes professionnels d’encadrement pédagogique et administratif.
Présenté mardi 18 avril à Rabat, ce rapport a relevé que ce déséquilibre est dû à la faible évolution du nombre des enseignants-chercheurs et des cadres administratifs entre 2009 et 2017, contre une augmentation constante du nombre des étudiants, qui s'est multiplié par 4 environ durant la même période.
Selon le rapport, il résulte de ce déséquilibre l’apparition de difficultés relatives à l’encadrement pédagogique et administratif au niveau de l’enseignement supérieur. Il ressort également que ces disparités s’élargissent dans les filières de formation (169 étudiants pour chaque enseignant de la faculté des sciences juridiques économiques et sociales, contre 108 à la faculté pluridisciplinaire et 83 à la faculté des lettres et des sciences humaines), alors qu’ils s'accentuent quand il s'agit de niveaux universitaires spécifiques au sein d'une même filière de formation.
Le nombre d’étudiants par professeur au niveau du premier semestre de la licence dépasse 1.500 étudiants dans certaines filières, telles que les sciences juridiques, économiques et sociales et les lettres et les sciences humaines, ajoute la même source.
En ce qui concerne la répartition des professeurs et des cadres administratifs sur les établissements universitaires, le document relève qu'une grande partie d'entre eux se concentrent respectivement à Rabat, à Casablanca, à Fès et à Marrakech, tandis que certaines régions bénéficient encore moins des cadres pédagogiques et administratifs.
Par ailleurs, le rapport a souligné que le cycle doctoral est considéré comme le cursus universitaire de base susceptible de préparer des enseignants-chercheurs et leur permettre d'accéder à la profession de l'enseignement et de la recherche dans les établissements d'enseignement supérieur, selon les normes pédagogiques nationales en vigueur. Cela s'inscrit dans le cadre de l'une des structures de recherche appartenant à l'un des centres de doctorat (54 centres) et offrant plus de 230 formations dans divers domaines de la connaissance, de la technologie et de la culture.
Baisse du nombre de doctorants
De même, il a démontré que depuis le début du projet des centres d'études doctorales, qui s'inscrit dans le cadre du nouveau système pédagogique (licence, master, doctorat), le nombre de doctorants a considérablement diminué, observant que depuis 2014-15, ce nombre est, toutefois, passé progressivement de 8.474 à 32.180 étudiants durant la saison 2016-2017.
Le nombre de doctorants présente des problématiques complexes liées au manque du taux d'encadrement et à la durée consacrée à la préparation des thèses dans les universités, ainsi que des formations limitées dans la pédagogie universitaire, en l'absence d'une stratégie universitaire claire pour le développement de cette pédagogie.
Le nombre total d'enseignants dans l'enseignement supérieur privé s'élevait à 6.078 au cours de l'année universitaire 2015-2016, avec un nombre d'enseignants permanents ne dépassant pas 1.704, contre 4.374 enseignants contractuels.
Selon le rapport, ce nombre a connu un léger développement entre 2008 et 2017, malgré l'augmentation du nombre d'établissements privés d'enseignement supérieur et d'universités privées, ainsi que les universités en partenariat public-privé, dont le nombre s'est élevé à 202 universités et établissements pour l'année 2017.
(Avec MAP)
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