Syndicats. Boycott et concert de casseroles pour le 1er mai au Maroc
Comment s'annonce le 1er mai au Maroc? Réponse de trois syndicats qui relèvent des problèmes similaires et apportent des réactions différentes.
"Ce lundi 1er est une nouvelle étape dans notre combat et notre lutte. Nous allons comme chaque année continuer à défendre les droits de la classe ouvrière". Voici comment Khalil Houir El Alami, membre du bureau exécutif de la CDT, voit cette fête du travail. Et c’est le cas pour les principales centrales syndicales du pays.
Ce lundi 1er mai sera le premier dans l’ère El Otmani et son gouvernement. Aucun traitement de faveur n’est prévu pour les différents syndicats par l’Exécutif et les revendications restent les mêmes. Entre droits syndicaux "bafoués", salaires gelés, et précarité de l’emploi, la liste des requêtes est très longue.
Même si les slogans risquent de se ressembler, les moyens et l’organisation diffèrent d’une centrale à une autre. L’objectif de faire entendre la voix de la classe ouvrière et de faire parvenir ses maux au gouvernement demeure lui aussi le même.
UGTM, la particularité
Pour cette année, l’exception viendra de l’UGTM, le bras syndical du parti de l’Istiqlal. "Nous n’allons pas prendre part aux festivités du 1er mai et ce, suite à la décision prise lors de la dernière assemblée générale tenue le 31 mars dernier", annonce un communiqué de l’UGTM.
Les raisons avancées par cette centrale pour justifier ce choix, sont, bizarrement les même qui poussent les autres syndicats du Royaume à investir les rues lundi prochain, 1er mai.
Dans leur argumentaire, les membres de l’UGTM évoquent le non-respect de l’accord signé le 26 avril 2011 entre les syndicats et le gouvernement, le gel du dialogue social et des salaires durant les 5 dernières années ou encore l’article 288 du code pénal qui menace, selon eux, la pratique syndicale.
Les dirigeants de l’UGTM ont aussi adressé un message à leurs affiliés pour respecter cette décision et boycotter la participation au 1er mai prochain.
Concert de casseroles pour la CDT
Du côté de la CDT, ce sera bien plus bouillonnant que d’habitude et c’est un concert de casseroles qui se profile. "Nous allons organiser une marche en utilisant les casseroles et les différents ustensiles pour faire ressortir notre mécontentement", lance Khalil Houir El Alami de la CDT. Pour cette centrale syndicale, le 1er mai est dans la continuité d’une série d’actions menées un peu partout au Maroc pour exprimer les désaccords avec l’Exécutif.
Rappelez-vous, le 31 décembre dernier, la CDT a organisé une marche sous forme de cortège de voitures de Marrakech vers Agadir et le 23 avril dernier les enseignants affiliés à la CDT ont manifesté devant leur ministère de tutelle. "C’est notre façon pour protester et pour relayer la dégradation et la détérioration des droits de la classe ouvrière marocaine mais aussi celles de tous les Marocains", explique Khalil Houir El Alami.
En tout cas, pour ce 1er mai, la CDT a prévu en plus du "concert de casseroles", un meeting dans chacune des grandes villes du Royaume. Celui de Casablanca est prévu pour 10H30 et connaîtra certainement un discours des principaux cadres du syndicat et verra aussi la participation des partenaires comme la FGD. "Ce n’est qu’après que nous marcherons sur les rues de Casablanca et des autres villes du pays", rappelle le responsable de la CDT.
Au niveau des revendications, les dirigeants de la CDT expliquent que tous les grands dossiers sur lesquels les militants de la CDT travaillent seront abordés lors des manifestations. On peut en citer la hausse des salaires, la précarité de l’emploi sachant que le code du travail n’est pas toujours respecté et les libertés syndicales.
"Le dossier des retraites doit être revu et nous savons qu’il existe d'autres façons pour résoudre cette problématique, il faudra seulement reprendre le dialogue et intéger les syndicat dans l’élaboration de la solution", estime Houir El Alami.
L’UMT s’adresse au nouveau gouvernement
Du côté de l’UMT, la centrale syndicale pilotée par Miloudi Moukharik, le 1er mai sera aussi une occasion pour exprimer les désaccords. L'UMT tire surtout sur le nouveau gouvernement et la feuille de route qu’il a présentée.
"Le nouveau gouvernement a annoncé son intention de poursuivre le même chemin que son prédécesseur en suivant les directives des institutions internationales, offre des cadeaux aux patrons d’entreprises et ne prévoit aucune mesure pour améliorer les conditions professionnelles et matérielles de la classe ouvrière", énumère le communiqué de l’UMT.
C’est ainsi que les affiliés de toutes les représentations régionales de l’UMT sortiront dans les rues le 1er mai prochain pour protester. le rendez-vous est donné à 8H30 devant chaque siège de la centrale pour commencer le cortège. À l'image de ses consœurs, la centrale syndicale va porter des slogans avec pratiquement les mêmes revendications.
"Nous refusons les déductions des salaires des employés en grève, nous refusons la loi sur la grève et nous demandons l’annulation de toutes les dispositions juridiques qui handicape l'exercice du droit syndical", expose l’UMT sur son communiqué.
En tout cas, quelques jours seulement après avoir obtenu la confiance du parlement, le nouveau chef de gouvernement, Saâdeddine El Otmani, et son équipe connaîtront une première vague de revendications.
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