Nasser Bourita: voici les 4 dérapages de Ban Ki-moon
Nasser Bourita a effectué ce vendredi 18 mars sa première sortie médiatique marocaine en tant que ministre délégué aux Affaires étrangères et il a été éloquent et convaincant.
Cette rencontre avec la presse avait évidemment un seul sujet: la relation entre le Maroc et les Nations-Unies après les attitudes de son secrétaire général. Des dates de la tournée et des échanges préliminaires entre les deux parties
Ban Ki-moon a programmé une tournée dans la région et le Maroc lui a proposé deux dates: novembre 2015 et janvier 2016. Il les a refusées.
Rabat lui a proposé d’être l’invité d’honneur au sommet de la Ligue arabe, préalablement programmé pour début avril, mais il a refusé.
Il a proposé comme date de sa tournée le mois de mars, mais le Maroc n’a pas accepté, en raison de l’agenda du Roi. “Si le Roi est absent, ce n’est pas grave, je peux rencontrer n’importe qui, même si ce n’est pas le Roi“, a répondu le secrétaire général. M. Bourita a jugé cette réponse inacceptable.
Au final, il a été convenu de diviser la tournée en deux parties, une première partie qui vient d’avoir lieu et la seconde qui concernerait le seul Maroc et aurait lieu en juin ou en juillet.
Le Maroc a exprimé ses préoccupations concernant les éventuels dérapages et demandé que la première partie de la tournée ne soit considérée que comme une étape. Le Maroc voulait dire que le secrétaire général ne peut se forger une conviction sur la base d’une visite incomplète. Il a été alors convenu entre les deux parties, raconte M. Bourita, que la première partie sera bien gérée, sans dérapages. M. Ross a même donné des garanties selon lesquelles le rapport de fin avril au conseil de sécurité ne sera pas un rapport partial ni partiel.
Le ministre délégué résume les dérapages de Ban Ki-mon en quatre points :
-il a usé du mot “occupation“ au cours d’une conférence de presse à Alger. C’est un terme qui n’a jamais été utilisé par le Conseil de sécurité concernant le Sahara. C’est un terme qui heurte les sentiments des Marocains et qui a une portée juridique et politique précise. Il signifie qu’un pays prend le territoire d’un autre pays et de ce fait, le processus de négociation devient inapproprié. Le choix de ce terme n’est pas un lapsus, c’est la confirmation d’un changement dans la position du secrétaire général.
-la visite à Bir Lahlou, qui ne figurait pas dans le programme initial. Elle s’est faite en partant de Tindouf, comme s’il y avait une continuité entre les deux régions. Alors qu’il s’agit d’un territoire marocain. Ce no man’s land a été créé après les batailles d’Amgala et remis à l’ONU pour qu’il veille sur le cessez-le-feu. Or, nous avons remarqué la présence d’hommes en armes.
3. Le troisième dérapage concerne le référendum. Ban Ki-moon a estimé que le référendum est encore possible et ce faisant, il revient sur les décisions du Conseil de sécurité. Depuis 2004, aucune résolution du Conseil de sécurité n’évoque un référendum. Il est sorti du cadre tracé par ce drnier et du rôle qui lui a été assigné et qui est un rôle de facilitateur.
-Enfin, le fonctionnaire onusien a levé le V de la victoire, alors qu’il est censé rester neutre.
En plus de cela, il a proposé de réunir en juillet prochain une conférence des donateurs, en passant sous silence la nécessité d’un recensement de ces populations à Tindouf, alors que lui-même invoque régulièrement cette nécessité depuis 2009.
Enfin, M. Bourita a expliqué que le Maroc fait la distinction entre le problème qui se pose avec le secrétaire général et la relation entre le Maroc et les Nations-Unies. Le Maroc est considéré comme un exportateur de paix a-t-il dit, d’où sa décision de maintenir sa participation aux contingents de maintien de la paix.
Bourita est revenu sur la présentation du plan d’autonomie par le Maroc. Nous avons attendu 2007 pour le présenter, faisant coïncider cette présentation avec l’arrivée du nouveau secrétaire général. En 9 ans, Ben Ki-moon n’a donné aucune impulsion au dossier. Là, il se réveille pendant le temps mort et démolit tout ce qui a été construit pendant de longues années.
Ban Ki-moon ne viendra pas au Maroc. Lui-même l’a annoncé, mais il ne pouvait en être autrement, ironise M. Bourita, “On voit mal le secrétaire général des Nations-Unies discuter avec des autorités d’occupation !“.
Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni jeudi à New York pour examiner la question du Sahara marocain sur fond des propos du SG de l'ONU Ban Ki-Moon, a fait preuve de "responsabilité et de pondération", a ajouté le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération.
"S'agissant de la réunion du Conseil de sécurité, l'important pour le Maroc est le résultat des discussions et le fait qu'il n'ait publié ni résolution ni décision, démontre qu'il traite la question avec responsabilité et pondération", a souligné M. Bourita.
Il a précisé que le "Conseil de sécurité de l'ONU a ainsi pris en considération tous les tenants et aboutissants du dossier", du fait qu'il ne s'est pas arrêté uniquement sur les décisions du Maroc, suite aux dérapages du SG de l'ONU, mais également sur leurs motivations.
(Avec MAP)
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