Benkirane: “Ban Ki-Moon a porté atteinte à la dignité du Maroc et au respect dû à l’ONU”
Invité à s’exprimer devant les élus de la nation ce samedi 12 mars le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a condamné les propos du SG des Nations-Unies sur l’ «occupation» du Sahara et rappelé les rendez-vous manqués de Ban Ki-moon avec Rabat.
Pas de discours-fleuve ni un mot de trop de Benkirane, ce samedi à Rabat, pour aborder le contestable traitement par l’ONU du dossier du Sahara marocain. Une allocution sereine et factuelle de moins de 30 minutes, pour rappeler la position marocaine sur le plan diplomatique et sur le terrain au Sahara.
Benkirane (vidéo ci-dessous) a rappelé que Ban Ki-moon avait donné son accord pour visiter Rabat en novembre, puis en janvier dernier, avant que le secrétariat général de l’ONU ne décide des dates du 4 au 6 mars, alors que le Roi Mohammed VI devait se rendre en visite de travail à Paris.
Benkirane a également condamné la visite de Ban Ki-moon à Bir Lahlou, localité située à l’est du mur de défense militaire marocain. Benkirane a également rappelé que le Maroc repousse depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu 1991 toutes les provocations pouvant mener à une reprise des hostilités.
Un cessez-le-feu en vigueur depuis septembre 1991
Après l’intervention de Benkirane, très applaudi et ovationné par l’ensemble des élus, les groupes parlementaires se sont exprimés avec le PJD, demandant au gouvernement de dynamiser les contacts avec les Etats-membres du Conseil de sécurité et d’adopter une attitude intransigeante envers l’Algérie.
Le représentant du PJD a rappelé que "le taux de participation de 80% aux dernières élections du 4 septembre à Laâyoune et à Dakhla constitue la meilleure réponse à ceux qui mettent en doute la position marocaine".
De son côté, l’Istiqlal a rappelé que la marocanité de Bir Lahlou ou des provinces du Sud "n’était pas discutable" et qu’il "faut être prêt à prendre les armes pour défendre cela si nécessaire". "Les enfants du Polisario sont nos enfants, a déclaré le représentant de l’Istiqlal. Nous sommes tous Marocains. Mais la minorité ne peut pas imposer son point de vue à la majorité, c’est cela, la démocratie. Beaucoup se sont trompés, beaucoup sont revenus à la raison et cela continuera. Notre problème est avec l’Algérie, a-t-il souligné, un pays en crise".
Selon un élu istiqlalien de Laâyoune, Hamdi Ould Rachid, qui est également l'une des grandes figures au Sahara, "des centaines de Saharaouis présents dans les camps de Tindouf et en Espagne souhaitent rentrer au pays, demandant à ce qu’on "les accueille dignement et qu’on leur offre les moyens de démarrer une nouvelle vie dans leur pays".
Le PAM insiste sur le travail d’évaluation de l’action diplomatique marocaine.
De son côté, le représentant du PAM a souligné la symbolique de débattre démocratiquement et publiquement sous la coupole du Parlement d’un problème de souveraineté aussi important.
Le PAM a mis en relief "la violation par le secrétaire général de l’ONU du droit international", appelant le gouvernement "à défendre les principes de la charte des Nations-Unies" et demandant "une évaluation objective et sans surenchère de l’action diplomatique nationale". Vendredi en commission, le PAM avait également lourdement insisté sur cet aspect d’évaluation de l’action diplomatique marocaine.
La séance de ce samedi 12 mars, présidée par Rachid Talbi Alami et Hakim Benchammas, a été suivie par plus de 30 ministres du gouvernement, dont les responsables de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar et Mbarek Bouaida, Mustapha Ramid (Justice), Lahcen Daoudi (Enseignement supérieur), Mohamed Boussaid (Economie et finances), Abdelaziz Rabbah (Transport) Moulay Hafid Elalamy (Industrie et commerce) et Anis Birou (Marocains de l’étranger).
Les représentants des groupes parlementaires représentés au Parlement et des ministres, dans leurs déclarations à la presse, ont appelé les Marocains à manifester massivement ce dimanche 13 mars à 10h, à Bab Chellah à Rabat.
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