ANALYSE. 78 nouveaux ambassadeurs pour une nouvelle diplomatie
Pourquoi un si ample changement, avec tant de nouveaux visages, des femmes, des politiques, des acteurs de la société civile?
A la question posée par Médias 24, un de nos interlocuteurs sondé il y a quelques semaines sur l’éventualité de servir la diplomatie marocaine, la réponse est limpide: "Aujourd’hui, au niveau international, la diplomatie marocaine se heurte à des préjugés ancrés… On voit le Maroc et son milieu politique comme réactionnaires, rétrogrades, peu développés … Alors que c’est complètement faux".
Il y a quelques années encore, avec les dossiers du Sahara, des tomates et des sardines au milieu, des Etats comme l’Espagne faisaient mine d’exprimer des vues similaires sur le Maroc. Prendre l’interlocuteur de haut est aussi une stratégie de négociation, une manière de tenter la domination. "Le Maroc c’est la politique non démocratique, les droits de l’homme bafoués", clamait-on sans nuance à Madrid, même si pendant ce temps-là les parts de marché augmentaient.
Un trio de choc pour la Scandinavie
Ce constat est très proche de ce qui semble s’être passé avec la Suède l’été dernier. Le Maroc n’est peut-être pas la Norvège, mais les Suédois ont gardé un regard d’hier sur le Maroc … surtout quand notre ambassade suédoise reste sans patron pendant deux ans. Il faut expliquer, communiquer, répéter sans relâche, règle pédagogique élémentaire.
Les Scandinaves sont des peuples respectueux des autres, pro-droits de l’homme, pro-liberté pour lesquelles l’homme est l’égal de la femme. Du coup Rabat propose Amina Bouayach à Stockholm, Lamia Radi à Oslo et Khadija Rouissi à Copenhague.
"A l’étranger, poursuit un interlocuteur, il faut être en contact avec les milieux des médias, des droits de l’homme, de la gauche et de la droite; il faut faire preuve de pédagogie, parler un langage qu’ils comprennent".
Depuis quelques années, on sentait que le classique ministère des Affaires étrangères ne suivait plus, avec la Suède comme cas d’école en 2015 et toujours en 2016, puisque l’important investissement d’Ikéa à Zénata est toujours gelé. "Il s’agit donc de sortir de la diplomatie bureaucratique, du train-train," poursuit notre interlocuteur
“Les diplomates nous sollicitaient pour se faire entendre"
Il est même souvent arrivé au cours de ces dernières années, que la diplomatie marocaine et le cabinet royal sollicitent des membres de la société civile ou des politiques "adaptés" comme Nabila Mounib sur le dossier de la Suède, pour lisser le discours marocain et présenter un visage plus proche de la réalité marocaine des années 2000.
"Les diplomates, m’indique un interlocuteur de la société civile, aujourd’hui pressenti pour une ambassade européenne, nous sollicitaient car ils n’arrivaient pas à se faire entendre". La méthode choisie en ce début 2016 de mettre plus de femmes, plus de jeunes et plus de politiques actifs à la tête des ambassades ne pourra que donner de meilleurs résultats.
Une nouvelle doctrine
D’autres interlocuteurs voient aujourd’hui un changement de doctrine. "On part d’un mouvement d’ampleur, un changement radical qui touche tous les continents. On adapte les profils aux problématiques et aux zones géographiques avec des objectifs clairs".
La diplomatie marocaine n’a pas besoin d’un profil similaire à Rome ou à Johannesburg, car la géographie est différente; une femme est plus convaincante ici, un diplomate plus âgé là, un technocrate ailleurs.
"Aujourd’hui m’indique un diplomate, il y a le constat des limites du modèle; ce modèle a obtenu des résultats, mais il n’avait pas été réajusté depuis longtemps, alors que le monde a changé. Il a fallu du temps et des alertes pour amener la machine à s’interroger sur elle-même", poursuit notre interlocuteur.
à lire aussi
Article : Pour près de 945 MDH, SOGEA Maroc décroche le très convoité marché de la future gare Casa Sud
Dans le cadre de la nouvelle LGV, le site prévu à l’intersection du boulevard Roudani, de la route d’El Jadida et de l’autoroute urbaine doit devenir un pôle de connexion de plus de 21.980 m², adossé au projet urbain Nassim.
Article : Avec le Grand Stade Prince Moulay Abdellah, Mawazine voit plus grand
Les 26 et 27 juin, Douzi, Cheb Khaled, Morad et ElGrandeToto se produiront dans l’enceinte de 68.500 places, appelée à devenir l’une des nouvelles scènes majeures du festival.
Article : Bourse de Casablanca : fort rebond du MASI de 1,9%
La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 12 juin sur une nette hausse. Le MASI a gagné 1,86%, soutenu notamment par le rebond des valeurs minières après les fortes turbulences observées la veille. Managem, Attijariwafa bank et LabelVie ont concentré l'essentiel des échanges.
Article : Le Marocain Dystinct entre au Guinness grâce à ses performances sur Billboard Arabia
Ses titres "La" et "Yma" ont cumulé 15 semaines en tête du Hot 100 arabe, tandis que "La" affiche 128 semaines consécutives de présence dans les classements. Une consécration pour un artiste parti de Belgique et devenu l’un des visages les plus suivis de la pop urbaine maghrébine.
Article : Les prévisions météo pour le samedi 13 juin
Voici les prévisions pour le samedi 13 juin 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps chaud sur le Sud-Est, l’Est […]
Article : Procès Gen Z à Casablanca : 13 prévenus quittent la prison
Après deux mois d’audience, la cour d’appel a tranché le sort des 18 prévenus majeurs poursuivis après les événements de septembre 2025 sur l’autoroute urbaine. Deux détenus restent incarcérés, trois autres écopent du sursis, tandis que la défense conteste toujours le fond du dossier et n’exclut pas l’appel.