530.000 palmiers ont été plantés à Marrakech en 5 ans

Grâce à l'Observatoire de la Palmeraie et à la Fondatoion Mohammed VI. Focus sur l'action de l'Observatoire.

530.000 palmiers ont été plantés à Marrakech en 5 ans

Le 26 janvier 2016 à 16h54

Modifié 26 janvier 2016 à 16h54

Grâce à l'Observatoire de la Palmeraie et à la Fondatoion Mohammed VI. Focus sur l'action de l'Observatoire.

L’Observatoire de la palmeraie de Marrakech (OPM) s’est en effet fixé bien d’autres objectifs, comme des actions permanentes de sensibilisation menées auprès des écoles de la région. Et ce n’est pas tout: cette année, deux caravanes médicales vont sillonner la palmeraie, pour dépister les cancers chez les femmes et repérer les enfants souffrant de troubles de la vue. 

A quelque mois de la COP 22, le travail de cette association est à citer en exemple… "Marrakech sans la palmeraie, ce serait comme un corps sans âme!" Cela fait 10 ans déjà que Driss Jellouli se démène pour ce joyau de la ville ocre.

Et avec une force de conviction sans faille: "Je suis modestement à l’origine de tout ce remue-ménage autour de la palmeraie de Marrakech, puisque nous avions organisé, il y a 10 ans, des journées d’information et de sensibilisation; à l’époque, nous avions attiré l’attention sur le fait que la palmeraie était menacée et qu’il était temps d’agir. Par exemple, en introduisant des variétés de palmiers-dattiers productifs mis au point par la recherche agronomique et capables de supporter la sécheresse de Marrakech."

La force de conviction de Driss Jellouli et de ses amis fut telle que des échos de ce qu’ils voulaient faire, sont montés en haut lieu, jusqu’au Palais. Si bien qu’en quelques mots, dans un discours on ne peut plus clair, le Roi Mohammed VI a posé peu de temps après, le diagnostic: "Ce site emblématique et légendaire qui confère à cette cité son identité et son cachet spécifique, est aujourd’hui soumis, malgré les efforts de protection déployés, à une dégradation continue, due aux effets combinés de la sécheresse, de la pression des activités humaines, du manque d’entretien, du vieillissement des palmiers et de l’absence de repeuplement."

Ce discours a donné le coup d’envoi d’un tas de projets, dont la création de l’Observatoire de la palmeraie de Marrakech, une association qui est aujourd’hui le partenaire privilégié de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. Avec un objectif: préserver, protéger, développer cette palmeraie. Et il était temps!

Connue du monde entier, la palmeraie, dont l’existence remonte au 11e siècle, a vu progressivement sa surface diminuer comme peau de chagrin. Les 13.000 ou 14.000 hectares sur lesquels elle s’étendait il y a encore quelques décennies, ne sont plus aujourd’hui que 7.000 à 8.000 hectares.

En cause, la sécheresse, qui a tué beaucoup de palmiers: si cet arbre aime la chaleur, il a besoin en revanche de beaucoup d’eau. Il y a aussi, comme le soulignait le Souverain dans son discours, le vieillissement des arbres et le manque d’entretien. Il y a enfin l’extension urbanistique.

Pourtant, la réglementation est claire, comme le rappelle Driss Jellouli: "Il est interdit de construire une villa sur un terrain de moins d’un hectare. Avec une occupation du sol pour l’immobilier qui ne doit pas dépasser 2% par hectare. Et les textes réglementaires vont encore plus loin: même lorsqu’une autorisation de construire a été accordée, il est interdit d’abattre le moindre palmier: tout au plus est-il possible, après obtention d’une autorisation administrative écrite, de déplacer certains d’entre eux."

"Mais sous la pression de groupes immobiliers et de particuliers, la réglementation a été assouplie et trop de dérogations ont été accordées: vous trouvez des maisons sur 5.000 m2 et des complexes, des hôtels qui ne devraient pas dépasser un étage, sont à R+2. Résultat: la Palmeraie naturelle, à l’état sauvage, est de plus en plus réduite! Mais ce n’est donc pas un problème de réglementation: celle-ci existe et elle est bonne; il faut simplement l’appliquer avec rigueur."

Heureusement, il existe toujours une zone totalement protégée, très riche sur le plan de la faune et de la flore. Certes, cette zone, elle aussi, fait l’objet d’appétit de la part de promoteurs… Une zone qui devrait rapidement être déclarée non constructible.

D’ailleurs, la municipalité de Marrakech s’est emparée du dossier et travaille sur un projet de valorisation naturelle de cet espace, avec parc de loisirs, petits cafés, allées de promenade etc… Il reste à faire aboutir le dialogue avec les propriétaires de ces terrains, pour que personne ne se sente spolié.

En attendant, l’OPM n’a pas perdu de temps: grâce à une convention passée avec la Fondation Mohammed VI, mais grâce aussi au travail des autorités provinciales et régionales, ce sont quelque 530.000 palmiers qui ont été plantés en moins de 5 ans. Un budget de plusieurs dizaines de millions de dirhams a pu être réuni par les partenaires, institutionnels et privés.

"Mais le grand défi, souligne Driss Jellouli, est, aujourd’hui, d’entretenir ces palmiers, en leur apportant de l’eau. Actuellement, l’irrigation se fait à partir de camions-citernes! L’un de nos projets, très coûteux, initié avec la Fondation Mohammed VI et d’autres partenaires, est de mettre en place un système d’irrigation à partir des eaux usées traitées de la ville."

"Nous allons militer pour qu’un premier projet pilote soit installé dès cette année: Marrakech va abriter en novembre la COP 22 et se doit d’être avant-gardiste dans ce domaine de la protection de l’environnement."

L’OPM est donc l’œil, l’oreille, la bouche de la palmeraie de Marrakech. L’association est toujours prête à attirer l’attention des pouvoirs publics, chaque fois que quelque chose la met en danger.

Mais l’OPM, en quelques années d’existence, a voulu aller plus loin que le simple sauvetage des arbres: "Nous avons voulu agir, explique Driss jellouli, sur le plan social, participer au développement d’activités économiques, venir en aide aux populations les plus défavorisées de la palmeraie. Cette année, ce sont 2 caravanes médicales qui vont sillonner le site, l’une pour dépister les cancers chez les femmes, l’autre pour détecter les problèmes de vue chez les enfants."

"Nous allons aussi continuer un travail de sensibilisation du lieu auprès des jeunes  et mettre à niveau les écoles pour qu’elles obtiennent le label éco-écoles, comme le label vert pour les établissements hôteliers ou le label pavillon bleu pour les plages qui respectent les conditions de protection de l’environnement."

Ce travail réjouit Souad Layadi, coordinatrice régionale du programme de l’éducation à l’environnement et au développement durable: "Grâce au soutien de l’OPM, nous avons dépassé le stade de la sensibilisation des écoles, pour aboutir à un véritable programme dans ces éco-écoles. Et nous rencontrons un engouement grandissant: nous sommes même sortis des écoles qui se trouvaient dans la Palmeraie et nous sommes passés, en 3 ans, de 11 écoles écologiques à une centaine aujourd’hui."

"Comme nous n’avons pas de budget propre, nous devons tout à l’OPM, qui nous permet de travailler dans les écoles sur 6 axes: la bonne gestion de l’énergie, la rationalisation de l’eau, le recyclage des déchets, la biodiversité, l’alimentation et enfin la solidarité. Désormais, dans ces écoles, les enfants ont un programme précis à suivre, avec un plan d’action propre à chaque établissement. On intègre progressivement l’éducation à l’environnement dans le cursus scolaire avec un objectif: passer de la simple sensibilisation au changement de comportement des enfants, tout au long de leur scolarité."

Ce que Driss Jellouli résume par cette formule: "Il ne suffit pas que nous mettions en place des infrastructures, il faut que les jeunes se les approprient et qu’ils œuvrent en tant que futurs citoyens." Mais pour mener à bien toutes ces actions, l’OPM a besoin d’argent. D’où l’espoir d’être très vite reconnue d’utilité publique, ce qui donnerait à cette association une crédibilité supplémentaire et lui permettrait de recevoir très certainement davantage de dons.

"Une association suisse, qui croit en ce que nous faisons, précise Driss Jellouli, nous a fait un don de 200.000 DH sur deux ans; le Club Med nous aide aussi, tout comme des associations de résidents de la Palmeraie ou des particuliers qui veulent participer à nos programmes. Mais notre plus gros donateur est Les ciments du Maroc: le fait que le président de cette entreprise soit aussi le président de notre association explique sans doute cela…!"

"Résultat: pour cette année 2016, nous avons un plan d’action de 950.000 DH, ce qui n’est pas si mal pour la petite association que nous sommes…"

Il est vrai qu’à l’approche de la COP 22, il va falloir mettre en avant des exemples précis de réussites environnementales, principalement sur Marrakech, ville qui s’apprête à accueillir quelque 40.000 participants: la protection, le développement de la Palmeraie peut constituer un bel exemple de réussite; mais il ne reste que 10 mois pour conforter le programme…

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